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Il existe une loi étrange dans le monde de la musique : celle des side project et de leurs succès. Il y a ceux qui deviennent plus populaires que le groupe d'origine de certains membres, ceux qui font à moitié "flop" (Them Crooked Vultures) et ceux qui restent anonymes malgré une qualité musicale indéniable. Le dernier cas s'applique bien à Shrinebuilder et la salle vide aux 3/4 a la fâcheuse tendance de nous le rappeler.
Ce sont les français de I love UFO qui sont chargés d'ouvrir le bal sombre de ce soir. Décrire la musique du groupe serait bien vain… Un mélange entre un stoner bien lent et groovy avec des petites touches des Doors (la voix du chanteur ne vous rappelle rien ?). Si la technique n'est pas toujours au rendez-vous, les frenchy envoient du lourd et se donnent à fond (en particulier ledit chanteur très expressif). En résumé un bon moment mais des morceaux qui peinent à vraiment décoller et faire partir le public présent (hormis peut être le monsieur (imbibé ?) torse nu du premier rang…).
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L'attention des premiers rangs va être captée par les balances des différents membres de Shrinebuilder. Car il faut bien reconnaître que le groupe ne vole pas sa dénomination de All Stars band. Par exemple, l'arrivée de Dale Crover (batterie, Melvins) venus effectuer quelques réglages sera saluée par des applaudissements et des cris de joie. Les gaillards sont attendus et ne vont pas décevoir. Car au sein de Shrinebuilder on trouve également l'incroyable Scott Kelly (guitare/chant).
Derrière ce nom se cachent 25 ans de carrière musicale, un groupe culte (Neurosis), un label culte (Neurot Recordings), une voix inimitable et surtout un charisme rare dans la scène métal. Le genre de personnage qu'on n'ose pas prendre en photo, surtout quand on se trouve à environ 50 cm de lui… Une fois passé la première impression de gros nounours caché sous un grand maillot de foot, on se rend vite compte que ce nounours a bel et bien quelque chose de maléfique en lui et n'est pas là pour rigoler. Pour couronner le tout, il s'est entouré d'autres personnages uniques. Scott Weirich (guitare/chant, Saint Vitus, The Obsessed…), roi du doom que le temps a marqué physiquement mais qui ne l'empêche en rien d'assurer vocalement et à la guitare. L'autre figure inquiétante de ce soir est Mr Al Cisneros (basse/chant, Om, Sleep…) qui semble tout droit sorti d'un film de Tim Burton. Impassible et impressionnant. Et quand tout ce petit monde compose ensemble et se retrouve sur scène, on obtient une musique sombre, lente et à l'ambiance assez unique. Si le rendu sur l'album éponyme est plus que réussi, le passage au live s'avère plus problématique. Pas évident d'arriver avec un tel objet à défendre.
Gros problème de la soirée : les lumières. Là où on aurait aimé voir le groupe plongé dans le noir (façon Neurosis justement), l'option choisie est celle des spots blancs constamment éclairés face au groupe. De fait, la musique perd clairement en intensité et c'est bien dommage car au niveau des musiciens, c'est un sans faute. Scott Kelly martyrise sa guitare et descend dans des tonalités ultra grave au niveau du chant (les premiers rangs devront malheureusement bien tendre l'oreille pour en profiter…), Dale Crover semble parfois se retenir de taper et accélérer mais sait faire monter l'intensité quand il le faut. Al Cisneros semble seul au monde et définitivement imperturbable. Niveau set list, peu de surprises puisque l'album sera entièrement joué avec des versions rallongées des morceaux. Ce sera notamment le cas de l'excellent "Blind For All To See", sans doute point d'orgue du concert de ce soir. Malgré le peu de public présent, tout le monde se donne à fond sur scène.
Shrinebuilder a donné ce soir un concet qui méritait amplement un public plus fourni, mais aussi et surtout des lumières accompagnant l'ambiance d'un groupe unique en son genre. L'alliance de talents peut fonctionner à merveille. Il manquait juste ce petit plus qui rend un concert mémorable (cf Neurosis). Un side project que l'on espère recroiser très vite sur les routes et dont on attend déjà avec impatience la prochaine livraison !
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Merci à toute l'équipe de Kongfuzi et du Glaz'art.
































































