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Metal Sickness > Reports > Report : Cult Of Luna & Julie Christmas - Lausanne - 03/11/2016
Cult of luna lausanne 03112016 11
Cult Of Luna
+ Sinistro + Olten
Lieu : Lausanne (Les Docks - Suisse)
Date : 03/11/2016
Chroniqueur : Barak

Voir la fiche du groupe Cult Of Luna

Texte

CULT OF LUNA & JULIE CHRISTMAS - MARINER TOUR

Nous partîmes à pied pour un voyage peut-être sans retour. Durant des jours, nous traversâmes la France, quémandant de l'eau et le gîte dans les rares villages qui se trouvèrent sur notre route. Enfin, avec les quelques écus restants, nous franchîmes les Alpes à dos d'âne pour finalement trouver la Suisse et affronter l'ultime épreuve : l'ascension de Lausanne jusqu'à la terre promise. Ca vous fait sourire l'ascension de Lausanne ? Et bien il est sans doute plus simple de se faire le Mont Blanc en moonwalk, sans déconner... Hum. Pardon. Sans deconnoyer, gent lecteur, gente lectrice, il eusse été plus aisé de gravir le Mont Blanc en imitant la démarche origninale de Michel fils de Jacques.
Et enfin Les Docks de Lausanne. Et le soulagement, les larmes de joie qui perlent le long des joues. Nous allons faire partie de la (grosse) poignée de fidèles qui assistera à l'une des cinq performances initiées par la sortie de l'album "Mariner " qui réunit la dame américaine et les valeureux Suédois. 

Voila. Ca c'était pour vous poser une intro un peu épique. A la hauteur de l'évènement. Parce que depuis qu'on avait pris nos places, inutile de vous dire que l'on trépignait, comptait les jours, écoutait le disque en boucle à en flinguer la sono. Et enfin, donc, le soir est venu, les Docks se sont (très correctement) remplis. Place au spectacle.

Cult Of Christmas (oui au barbarisme) n'était évidemment pas venu seul ce soir. Le bal s'ouvrait avec un local de l'étape : Ølten. Le trio guitare-basse-batterie était présent pour honorer la longue lignée de bulldozers à bagarre que nous produit la Suisse à travers le temps, de Nostromo à Knut en passant par Kruger ou Coilguns ou Abraham et j'en passe et des meilleurs : Ølten est là pour faire du lourd, une sorte de math-sludge (oui aux genres qui n'existent pas) parfois limite prog dans les structures (oui aux étiquettes qui en font trop), c'est pêchu, les riffs et la basse offrent des boucles entêtantes à se faire un coup du lapin. On pense parfois aux ricains de 5ive justement, pour ce côté hypnotique, répétitif jusqu'à la transe. Avec 30 minutes d'un set sans véritable pause (mais un dernier morceau un peu plus à la cool avec ses passages bidouillés au moog), les gaillards ont fait rapidement monter la température. Et ils ont bien fait, la nuit lausannoise est froide. Bagarre 1 – hypothermie 0.

 

OltenØlten © Metal Sickness 2016

 

Une pinte à 10 euros et un malaise vagal plus tard, c'est l'heure de l'acte 2 avec Sinistro. Un petit nom frais et joyeux qui commence à circuler avec de plus en plus d'insistance dans les milieux autorisés du doom. La petite demi-heure passée en compagnie du quintet portugais nous aura aidé à comprendre pourquoi : le groupe maîtrise parfaitement son sujet. A mi-chemin entre un doom moderne qui m'a fait penser à Pallbearer et une froideur goth, les gaillards barbus s'amusent à balancer des morceaux là encore "lourds et entêtants" mais qui souvent bénéficient de petites touches (un finish par-ci, un pont par là) bien moins prévisibles que l'aurait voulu le genre. Après, on ne va pas se voiler la face, si les musiciens connaissent leur sujet et s’exécutent parfaitement, l'atout du groupe est la présence derrière le micro de Patricia Andrade.

 

SinistroSinistro © Metal Sickness 2016

Montée sur ressorts, habitée par la musique de ses camarades de bruit, la chanteuse a offert une performance vocale de haute volée (2500 mètres, au bas mot, on n'est pas loin des Alpes), le tout visiblement, sans aucun retours dans les oreilles, ceux-ci semblant défectueux. Ca mérite un petit "big-up" comme on disait dans les années 2000. Pour en revenir à la performance de la frontwoman, on ne pourra jamais assez souligner la justesse de son chant, sa facilité déconcertante à monter dans les aigus, à tenir la note et à se montrer littéralement habitée sur des passages quasi « spoken word »

Pour vous résumer ça en quelques mots, la performance de Sinistro ne m'a pas encore permis d'oublier le but d'Eder, mais si tout le metal portugais se révèle aussi doux et classieux à venir, alors une paix entre les peuples est envisageable.

 

SinistroSinistro © Metal Sickness 2016

 

Re-pause. Non, pas de bar non.
On s'approche. On va se coller au premier rang car il est hors de question d'en louper une miette. L'attente est interminable (au moins 40 affreuses minutes) avant que le noir se fasse à nouveau dans les Docks. L'intro ténébreuse est évidemment de sortie pour permettre à tout le petit monde de se mettre en place (Cult Of Luna est amputé d'un batteur et d'un guitarise, mais a trouvé Andrew Schneider co-producteur du disque en renfort pour assurer une partie des bidouilles électro). "A Greater Call" commence à prendre forme et sous les vivas de la foule apparaît enfin Julie Christmas, flash de lumière blanche, gros riff, cri de Johannes Persson, tachycardie. C'est donc aussi fort que ça en live ? On avait imaginé beaucoup de choses, espéré que ce soit à la hauteur, craint d'être déçus que le manque de temps empêche « ce groupe de cinq soirs » de nous détruire physiquement et émotionnellement... Tout est balayé d'un revers de la main : le son est puissant, le jeu de lumière franchement étourdissant sans tomber dans la surenchère.

 

Cult Of Luna & Julie ChristmasCult Of Luna & Julie Christmas

A peine remis du premier morceaux on comprend ce qui se passe : c'était juste un échauffement, et le concert ne va faire que grimper en intensité. "Chevron" est l'occasion pour Julie Christmas de vraiment commencer à lâcher les chevaux. Si elle n'avait jusque là "que" chanté, la voilà maintenant qui vient tutoyer les premiers rangs, son regard de tueuse souligné par ses peintures de guerres noir autour des yeux. "The Wreck Of S.S. Needle" déboule dans la foulée et en remet une couche. Entre la force tranquille des Suédois qui "se contentent" de vous compresser la tronche avec leurs instruments (et les cris d'outre tombe de Johannes) et la hargne d'une Julie possédée (tiens la voilà qui déchire sa robe en lambeaux pour en offrir des morceaux au public maintenant), il est frappant de voir à quel point les deux entités semblent se compléter. Mieux, on n'a clairement pas l'impression qu'il ne s'agit « que » de leur deuxième concert.

 

Cult Of Luna & Julie ChristmasCult Of Luna & Julie Christmas

 

"Pause". Madame Christmas disparaît alors qu'"Approchaching Tension" démarre. Comme sur l'album, le morceau fait office de grande pause, de respiration avant le dernier acte et ce n'est pas plus mal. Plongés dans la pénombre On se laisse bercer par la voix doucereuse de Fredrik Kihlberg, les muscles se détendent, le rythme cardiaque redescend et nous voilà fin prêt pour le grand final amorcé par la respiration quelque peu perturbante de la frontwoman revenue de la pénombre (est-ce que quelqu'un a une ventoline?).

 

Cult Of Luna & Julie ChristmasCult Of Luna & Julie Christmas

 

Je dois bien avouer qu'il est laborieux de décrire véritablement ce qui s'est passé sur ce "Cygnus" tant le ressenti est viscéral et la sensation du moment fut propice à l'étourdissement. On a simplement tout pris dans la gueule. Le mur de guitare, les lumières éblouissantes (cette barre de lumière derrière le batteur est l'un des trucs les plus efficaces vus depuis une paye sur scène) le show vocal de Julie Christmas entre minaudages et hurlements à en cracher du sang, ce tapping halluciné, et cette explosion finale à en headbanger contre le sol... 15 minutes, 15 putains de minutes dans une autre dimension, à la recherche de nos repères (spoiler alert : on ne les a pas retrouvés).

 

Cult Of Luna & Julie ChristmasCult Of Luna & Julie Christmas

 

Et après des applaudissements nourris, de nombreuses poignées de mains entre la chanteuses et les premiers ranges, une outro qui fera espérer à beaucoup de monde un rappel (re-spoiler alert : non), la seule réaction, la seule expression que l'on laissera transparaître pour résumer notre ressenti aux copains-copines autour de nous c'était simplement : putain (yeux qui s'écarquillent, joues qui se gonflent).

Un énorme merci à Christoph Noth
Photos : Zobiwane
Cris de groupies : Hargalaten 

 

Setlist Cult Of Luna & Julie Christmas 

Mariner

  • A Greater Call
  • Chevron
  • The Wreck Of S.S. Needle
  • Approaching Tension
  • Cygnus

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