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HATEFEST 2011
Voilà un programme bien rempli pour ce dimanche : le festival itinérant Hatefest s’arrête dans la capitale. L’emploi du temps est chargé, il n’y a pas moins de six groupes à l’affiche ! Les hostilités débutent à 16h30 dans la très sympathique salle de l’Alhambra qui se situe à deux pas de la place de la République.
Parlons un peu de cette affiche qui, il y a quelques temps, m’a paru alléchante au premier clic du fond de mon canapé. Et bien de retour chez moi je peux vous dire que je ne m’étais pas trompé, celle ci a tenu toutes ses promesses. Ce fut une soirée de qualité, intense et diversifié.
Les autrichiens de Lost Dreams ont eux la lourde tâche de faire chauffer les planches. Je m’excuse par avance pour avoir pris un poil de retard et donc loupé une bonne partie de leur set. J’ai juste eu le temps de prendre quelques clichés durant les deux derniers titres. J’ai donc peu de chose à raconter à leur propos mais franchement ça n’avait pas l’air de faire l’unanimité : il y avait deux fois plus de monde à l’étage (fumoir, merch, etc.) que devant eux. Ouvrir n’est jamais un exercice facile surtout face à des poids lourd comme ce soir, le public étant principalement venu pour voir ses groupes favoris. C’est donc devant une poigné de curieux que Lost Dreams joue son death metal. Le peu que j’ai vu ne m’a franchement pas convaincu. C’était très statique au niveau des gratteux et le chanteur essayait difficilement de motiver le tout, du coup il m’a paru assez essoufflé.
Après une courte
pause, changement de décor, les polonais d’Azarath semblent bien plus
attendus : il y a déjà beaucoup plus de monde dans la fosse. Le fait qu'Inferno,
le batteur et membre fondateur du groupe, soit accessoirement le batteur de Behemoth
ne doit pas y être pour rien. Tout comme le fait qu’ils aient sortis l’un des
meilleurs albums de black death cette année (Ã
ce que j’ai entendu dire car pour moi c’est une découverte). Le nom de cette
soirée prend d’un coup tout son sens, les gars ne sont pas là pour
rigoler : accoutrement et musique très ancrée année 90 : pantalons en
cuir, grosses chaines autour du torse, cartouchières, bracelets à clous et
croix inversées additionnés à du bon death metal teinté de black sans
concession !
Le show est intense, avec pas ou peu de pauses. Le chanteur ne communique pas
avec le public hormis avec son regard de tueur (il m’a presque fait peur…). Leur musique m’a vraiment paru
intéressante notamment grâce à des passages mid tempo qui aèrent un peu le
tout. Par contre le son n’était pas en leur faveur ce soir, ils auraient mérité
vraiment mieux autant au niveau des
guitares que de la batterie.
Après ce set ultra sérieux d’Azarath, ce sont les allemands de Milking The Goatmachine qui enchaînent et là , on passe à un tout autre registre. Ici c’est bien plus moderne et très burlesque, les gars sont là pour déconner, nous en mettre plein la tronche et c’est tout. Leur musique se situe quelque part entre le hardcore et le death metal avec un esprit plutôt grind. Les quatre zicos sont tous affublés de la même tête de bouc, c’est assez ridicule à première vue mais ça devient plutôt excellent quand on rentre dans leur délire. Leur set est vraiment efficace, ça remue beaucoup entre les passages bien violents et les cassures ultra lourdes : bon ok ce n’est pas très intéressant, ça casse pas trois pattes à un canard mais ça a le mérite de très bien fonctionner. Détail qui a sont importance, c’est le batteur qui chante. Ce qui rend les trois autres compères en première ligne encore plus inexpressifs cachés sous leurs masques au regard vide. A noter aussi plusieurs special guests qui entrent dans leur trip débile : il y a eu Monsieur le Loup garou mais aussi un ours et un clown qui ont fait de furtives apparitions.
Milking The Goatmachine © Metal Sickness
Ça y est la salle
commence à être bien remplie et le public quant à lui est bien échauffé,
déstressé de leur semaine parisienne, désembué de sa chouille de la veille (ce qui est le cas pour ma part, j’aimerai vous y voir
vous : ce n’est pas évident d’aller à un concert le dimanche) et pour
certains qui ont bien fait tourner le bar, désinhibés par la bière. L’heure
tant attendue des headliners est arrivée !! Les back drops affublés de pentacles
et de loups investissent la scène : c’est au tour de Marduk de
venir pousser la chansonnette à ce festival de la haine.
J’ai beaucoup d’estime pour ce groupe et
j’en ai pas mal écouté à une époque (bon
ça date pas d’hier). C’est d'ailleurs avec l’un de mes morceaux favoris
qu’ils attaquent leur show : "On Darkened Wings" j’ai lâché
l’appareil photo tellement j’ai été sur le cul qu’ils jouent direct un vieux
morceau et surtout celui là . Ils me feront encore un gros plaisir avec leur
avant dernier morceau de cette soirée : l’énorme "Materialised In
Stoned". J’ai peu de mots pour décrire ce genre de morceaux en live, c’est
tellement bon, glauque et prenant. J’ai eu plus de mal à reconnaitre d’autres
morceaux car je ne connais pas vraiment toute leur discographie. D’ailleurs il
va falloir sérieusement que je me rattrape tellement ce que j’ai entendu ici
m’a convaincu. J’ai capté une certaine diversité dans les morceaux que je ne
connaissais pas, certains aspects de la bête que j’ai découvert notamment avec
un long morceau lent et glauque, avec une basse ultra en avant qui a donné du
souffle en milieu de ce set des plus intenses.
Une très belle prestation des suédois qui
n’ont pas leur pareil pour s’imposer face à la foule : leur musique
agressive et ultra haineuse colle parfaitement au thème de la soirée. Le
chanteur Mortuus est des plus extrêmes au niveau du chant mais aussi au
niveau de la présence sur scène, presque à vous rendre mal à l’aise quand il
pose son regard sur vous. Marduk est et restera une référence dans le
milieu du true black metal : la classe.
Arrive l’heure de
la grand messe : Triptykon à peine arrivé sur scène attaque le
titre culte de Celtic Frost : "Procreation Of The Wicked".
C’est un peu facile de leur part mais que ça fait plaisir ! "POTW"
ou comment se mettre dans la poche toute la salle en deux riffs ultra bateau ? La
venue en France du nouveau band de Tomas Gabriel Fischer (pour ceux qui ne savent pas :
fondateur de Celtic Frost) était un petit événement et je suis sûr
que pas mal de gens ont fait des bornes pour être présent ce soir. Le sieur a
su s’entourer d’une bonne équipe : un bon batteur que l’on peut enfin voir
car il n’est pas caché derrière des rangées de fûts et de cymbales, V.
Santura à la seconde guitare (leader du groupe de black metal Dark
Fortress) et une fort ravissante bassiste qui répond au doux prénom de Vanja.
Le doom aux touches thrashy du groupe fait mouche, l’audience est captivée,
voir hypnotisée par la performance live : une telle lourdeur, c’est
prenant, c’est malsain, en tout cas on ne reste pas insensible face à ce type
de son. Les zicos donnent de leur personne et la touche féminine de l’équipe n’est
pas là (que) pour faire beau car la miss est à fond dedans, headbangant sans
cesse avec ses longs cheveux noirs. Avec son maquillage proche du black
metal : le teint blafard et une fine croix inversée au milieu du front,
cette beauté peut faire froid dans le dos. Le headbang est de rigueur aussi de
l’autre côté de Fisher, V. Santura assure bien sûr son manche et
assure quelques parties vocales. Le frontman qui a pas mal de bouteille,
toujours un bonnet noir écrasé sur les oreilles, arbore une magnifique guitare (décorée par Hans Ruedi Giger himself :
son compatriote suisse qui a déjà pas mal bossé pour les pochettes de ses
précédents albums…). Le personnage est imposant de charisme et gère
toujours, à l’aise avec sa voix d’outre tombe qui ajoute à l’effet mammouth de
la zic.
Une dernière pause bien méritée et nos cousins québécois de Kataklysm débarquent. L’ambiance change encore radicalement : exit la lobotomie, place à la folie pure ! Le public se transforme et se lâche, le pogo est de rigueur, ça slamme (et je ne parle pas de poésie là ) à tout va. Un petit groupe de bretons remontés à bloc, équipés de leurs drapeaux et de masques à gaz assurent le show dans et sur le public, ça grimpe sur scène, etc.
Les Kataklysm sont en forme, voire en très grande forme en ce qui concerne le bassiste Stéphane Barbe qui est bien éméché et qui incite à tout va l’auditoire à se rincer le gosier. D’ailleurs, il n’hésitera pas à distribuer à plusieurs reprises canettes de bière et autres bouteilles de vin aux premiers rangs. Ça tranche beaucoup avec les deux groupes précèdent dont le propos était très austère, ici je trouve que l’ambiance excellente se rapproche des soirées grindcore. C’est plus franchouillard et viril. Il se produit une espèce de communion avec le public à chacun de leurs passages en France. Je ne sais pas précisément par quel moyen, mais l’ambiance grimpe en flèche, tout le monde se lâche. Ca remue grave dans la fosse alors que les canadiens eux s’éclatent sur scène et leur death metal ultra efficace fait le reste. Il faut dire qu’ils sont experts en mélodies accrocheuses, en rythmiques de plomb et en blast beats ravageurs. Les morceaux plus monumentaux les uns que les autres s’enchainent comme "Let Them Burn", "Push The Venom" ou encore l’excellent "Illuminati". C’est un réel plaisir de les revoir.
Au final, nous avons passé une excellente soirée grâce à une programmation qui jongle avec les styles et les ambiances ce qui aura probablement déplu à certain. Par contre, même si la soirée s’est achevée de bonne heure, le réveil lundi matin a été un peu dur... Espèrons que de tels événements continueront de passer par chez nous car au final on se dit qu’avec une affiche pareille (date unique en France), il y aurait pu (du) y avoir beaucoup plus de monde au rendez-vous.

















































































































