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DECAPITATED - THE DECIMATION OF EUROPE TOUR
Une poutre. Vous savez, cette grosse masse boisée qui sert à bâtir n'importe quelle fondation imposante. Voilà l'image qui flotte dans le cerveau de tout fan de death metal à l'annonce d'une affiche pareille. 5 groupes dont 3 belles références en matière de poutrage intempestif ! Comment vous dire que lorsque votre serviteur a appris la bonne nouvelle, il s'est précipité sur l'occasion afin de prendre sa gifle de Noël. Parce que chez Metal Sickness, on aime bien se faire gifler en général…
Ce sont les Canadiens d'Archspire qui foulent les planches de l'Aéro en premier et compte-tenu du peu de personnes présentes en ce début de soirée, autant dire que la partie était loin d'être gagnée d'avance. Et pourtant, Archspire va mettre une branlée à pas mal de personnes ce soir, votre dévoué y compris. Totalement inconnus au bataillon, j'ai pris une sincère déculottée par ces Canadiens et ce, malgré les quelques approximations concernant la qualité sonore. Officiant dans un Death Metal technique et brutal, Archspire a démontré toute l'étendue de son savoir-faire en la matière. Les compos sont intelligentes, agressives et complexes et les protagonistes tiennent parfaitement leurs rôles et assurent leurs parties avec une aisance qui écœure (mention spéciale au bassiste qui, à la vue de son jeu, a rendu suicidaire un pote à moi, bassiste de surcroît). En effet, la musique du groupe de Vancouver est extrêmement bien ficelée. Les parties bourrines se mêlent avec celles plus mélodiques et le tout s'enchaine foutrement bien. Une putain de claclaque!
Cyanide Serenity © Metal Sickness
Rapide changement de plateau afin d'accueillir les Anglais de Cyanide Serenity et leur mélange de Thrash et de Hardcore. Le set qui nous sera proposé par le groupe va diviser un tant soit peu l'assemblée. En effet, Cyanide Serenity pratique une musique pêchue, intense et de bonne facture avec tout ce qu'il faut de puissance. Cependant, il manque quelque chose que je ne saurais définir. Un petit quelque chose qui rendrait le tout unique et intéressant. Attention, je ne dis pas que leur musique est mauvaise ou quoique ce soit du genre, je dis juste qu'il manque un truc pour la rendre plus agréable à headbanger. D'autant plus que le potentiel est bel et bien là (même si le chant demeure basique et linéaire et la basse dénuée de groove) mais, force est de constater que Cyanide Serenity ne convainc pas tout le monde y compris votre serviteur. Dommage, une autre fois peut-être…
Fleshgod Apocalypse © Metal Sickness
Première tête d'affiche de la soirée avec les costumés ténébreux de Fleshgod Apocalypse. Telle la bébête qui monte et qui monte, le combo Italien a réussi en peu de temps à se faire un nom et un solide fan-base grâce à son Death technique mêlant quelques notes symphoniques ça et là. Ne connaissant le groupe que de réputation, il me tardait de voir si les bruits de couloirs les concernant étaient fondés. L'assemblée se montre plus compacte et plus prête que jamais, et c'est juste après une courte intro sympho que les membres investissent les planches de l'Aéro. Dès les premières notes, on peut d'ores et déjà se rendre compte que le groupe n'a pas fondé sa réputation sur des "on-dit" tant le niveau technique de leur musique est impressionnant. Ça blast, ça growl, ça sweap avec une rapidité et une intensité qui frôle la frénésie et incite au respect (dediou ces gratteux !). Les titres s'enchaînent avec puissance et maîtrise et le frontman endosse son rôle avec une implication qui fait plaisir à voir. L'aspect visuel en jette aussi grâce aux costumes en lambeaux qui sont arborés par le groupe.
Fleshgod Apocalypse © Metal Sickness
Malgré tout cela, je me permettrai une "légère" retenue concernant les compliments. En effet, j'ai trouvé que certains passages manquaient de mordant ou au contraire, qu'ils ne collaient pas avec le reste du morceau. Par exemple, lorsque vous avez un morceau qui part sur les chapeaux de roues et qu'en plein milieu vous avez un passage symphonique qui n'a rien à y foutre, je trouve que c'est purement du gâchis (alors, bien entendu, vous avez parfaitement le droit d'être en total désaccord avec mes propos car ils ne sont que subjectivité et autres ressentis personnels). Heureusement, d'autres titres incorporent ce genre de passages avec plus de cohérence et le rendu final n'en est que meilleur. Mis à part cela, Fleshgod Apocalypse demeure un groupe à voir sur scène tant celui-ci se donne sans compter. Une belle surprise au final !
Dire que les doux agneaux Bataves d'Aborted étaient attendus au tournant relève du parfait euphémisme tant le public se montre en forme lorsque le groupe investit la scène. Et pour cause, le groupe avait annoncé qu'il effectuerait une belle tournée afin de fêter dignement les 10 ans de son chef-d'œuvre "Engineering The Dead". C'est devant un parterre déjà conquis que la bande à Sven va entamer son set. D'emblée, "Dead Wreckoning" va se charger d'infliger la première calotte (il y en aura bien d'autres) à votre serviteur. Comme en août dernier, Aborted se montre plus agressif et en forme que jamais. Les musiciens assurent toutes leurs parties avec une précision déconcertante quant à Sven, il est tout bonnement intenable sur scène. Aborted puise un peu partout dans sa discographie fleurie ("Coronary Reconstruction", "Gormageddon",etc…) enchainant ainsi des uppercuts imparables tels que "Sanguine Verses (Of Extirpation)" ou " Meticulous Invagination ". C'est d'ailleurs l'album "Goremageddon" qui est le plus à l'honneur ce soir et ce, malgré que ce soit la tournée des 10 ans de "Engineering The Dead". Je trouve cela un brin regrettable car, selon moi, cet album aurait largement mérité d'être mieux représenté dans la setlist du soir (seul l'ouvreuse de l'album "The Holocaust Incarnate" sera jouée). Mais ne cachons pas notre joie, Aborted va tout de même envoyer la purée comme à son habitude.
Sven est remonté comme un élastique et assure ses "vocalises" comme il se doit devant un public très réceptif et en forme. On aura droit aussi à un extrait du nouvel album à venir (sortie prévue le 24/01/2012) intitulé "Global Flatline" et qui promet d'être bourrin à souhait. Après une toute petite heure, "The Saw And The Carnage Done" retentit et viendra mettre la dernière calotte au public toulousain qui visiblement en voulait d'autres. Aborted est venu, a vu et a vaincu… encore une fois.
Dernier changement de plateau afin d'accueillir les vétérans Polonais de Decapitated. J'attendais de revoir le groupe depuis 2010 et c'est en mode "groupie" que je me place au premier rang afin de prendre ma dernière branlée de la soirée. N'ayant pas souhaité écouté leur dernier album en date ("Carnaval Is Forever"), c'est en toute neutralité que je désirais le découvrir en live (surtout après ce que j'ai pu lire à son sujet). Vogg et sa bande déboulent sur scène et entame leur set par des titres du dernier album, comme on pouvait s'en douter. A la première écoute, on ne peut pas dire que ces morceaux ne soient pas taillés pour la scène même s'ils demeurent moins inspirés en règle générale par rapport à ce que Decapitated a l'habitude de produire. On retrouve bien l'univers technique et violent des Polonais et les parties de guitares de Sieur Vogg sont toujours aussi impressionnantes. Cependant, quelque chose de récurrent vient entâcher un tant soit peu tout ce joyeux bordel: le chant de Rafal. Il semble moins impliqué et moins corrosif qu'à son habitude et cela se ressent sur scène. Je ne dis pas que le bonhomme n'assure pas ses parties vocales, je dis simplement que ce dernier semble faire le strict minimum par rapport à ses comparses.
Ceci étant dit, cela n'affecte que légèrement le rendu global tant le groupe donne tout ce qu'il a en matière de performance scénique (ce batteur est tout simplement hallucinant). Les titres s'enchaînent vite et le rendu sonore est plus qu'honorable dans l'ensemble, ce qui est fort appréciable vous en conviendrez. Puis, arrive le moment où Decapitated va mettre toute l'assemblée d'accord, le moment où tous les fans de Death se tiennent la main et crient leur amour de la vie à la Terre entière. Je veux bien entendu parler de l'interprétation de titres issus des pépites "Nihility" et "Winds Of Creation". Et là, c'est claque sur claque pendant plus de 20 minutes ! Et ça fait foutrement plaisir de voir Vogg persécuter sa guitare, Krimh marteler ses fûts et Rafal torturer ses cordes vocales. On oublie tout et on se met à headbanger comme des tarés devant tant de violence maîtrisée. Un régal pour les esgourdes et les mirettes. Malheureusement, cela signifie que la fin est proche et après un petit "Spheres Of Madness" des familles, Decapitated tire sa révérence sous une belle ovation. Aaaahhhh que ça fait du bien !
Un grand Merci à Valérie Reux pour l'accréditation
Setlist Decapitated
- The Knife
- Dead 69
- Pest
- United
- Post Organic
- Mother War
- Homo Sum
- 404
- Winds Of Creation
- Spheres Of Madness
Setlist Aborted
- Dead Wreckoning
- Coronary Reconstruction
- Meticulous Invagination
- From A Tepid Whiff
- Global Flatline
- The Holocaust Incarnate
- Sanguine Verses (Of Extirpation)
- The Saw And The Carnage Done
Setlist Fleshgod Apocalypse
- The Hypocrisy
- In Honour Of Reason
- The Violation
- The Egoism
- Thru Ours Scars



































































