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Metal Sickness > Interviews > Interview du webzine metal Vacarm le 15/08/2007
Vacarm
Vacarm Webzine
Propos tenus par Cap’tain Planet (boss) et Ben (Boss adjoint)
Interview réalisée par mail
Date : 15/08/2007
Chroniqueur : Mr Zède

Voir la fiche du groupe Vacarm Webzine

Introduction

Depuis environ 2 ans, Vacarm, webzine traitant des musiques actuelles fait son petit nid sur la toile musicale hexagonale. L'occasion pour nous de donner la parole aux 2 boss du webzine, Cap’tain Planet et Ben pour en savoir plus sur leurs travaux. Allez, zou !

Texte

Salut ! Je commence donc par la question la plus originale : est ce que tu peux présenter le webzine Vacarm en quelques mots (date de création, lieux…) ?



Cap’tain Planet : Vacarm est un webzine d’actualité musicale qui existe depuis environ 2 ans. Nous traitons de l’ensemble des musiques actuelles (c'est-à-dire tous les styles sauf la variété et la musique classique). Nous sommes une équipe très jeune et bénévole, nous sommes quasiment tous étudiants et frisons la vingtaine d’années. Vous pouvez nous retrouver un peu partout sur des événements en France puisque nous sommes presque équitablement répartis entre le nord, le sud, l’est, l’ouest et le centre !
Je vous invite à découvrir l’ensemble de nos articles sur http://www.vacarm.net et notre page MySpace http://www.myspace.com/vacarm. Nous proposons des news ainsi que de nouveaux articles (chroniques, interviews, dossiers, compte-rendu, portraits, …) quotidiennement.

Comment est venue l'idée de monter ce webzine ?



Cap’tain Planet : Cela remonte à plus de 7 ans. J’ai commencé lorsque j’étais au collège, je n’avais même pas 14 ans. C’était au tout début de la démocratisation des PC et des connexions Internet. Vu que j’étais quelqu’un d’assez débrouillard et passionné par l’informatique, j’ai commencé par programmer des sites de fans pour des groupes que j’appréciais. Puis on m’a proposé d’écrire pour des webzines. J’ai publié mes premières piges et finalement j’ai eu envie de lancer mon propre site avec quelques amis. Après un premier projet avorté, Vacarm est né il y a un peu plus de 2 ans et s’est vite enrichi…

Quel était ton but au début ? Partager ta passion de la musique ? Faire connaître des petits groupes incompris pour le marché d'alors ?



Cap’tain Planet : Il faut beaucoup de passion pour s’occuper d’un webzine. C’est une activité de loisir qui parfois n’en est plus une… Au début, j’avais effectivement envie de faire partager mes goûts et parler de groupes inconnus mais ça s’est vite transformé en une sorte de " réaction ". Je voulais avant tout aider des coups de cœurs en mettant à profit mes savoirs et savoir-faire dans le milieu musical. Non seulement je décidais d’écrire sur ces groupes mais, en plus, je leur offrais un soutien dans leurs démarches de création.

BEN : Pour beaucoup, je pense que le fait de ne pas pouvoir parler de certains genres musicaux ou groupes peu populaires autour de soit peut-être vécu comme une frustration. C’était mon cas lorsque j’ai rejoint l’équipe aux débuts de ce webzine alors que je n’étais encore qu’au Lycée. Cette activité demande évidement énormément de temps et de passion, mais je pense, ou du moins j’espère, que tous ces webzines fleurissant sur la toile depuis quelques années permettent à certains internautes de découvrir certains excellents groupes totalement ignorés par une presse plus " traditionnelle ". C’est un important facteur de motivation.

Est-ce que tu étais actif dans le domaine de la musique avant de monter Vacarm ?



Cap’tain Planet : Oui et non. Oui, car j’avais déjà écrit et j’avais quelques contacts. Non, car j’avais une approche trop naïve et amateur dans ce domaine. Aujourd’hui, grâce à différentes expériences professionnelles (notamment en maison de disque ou dans différentes organisation), je me sens nettement plus impliqué et actif dans ce milieu.

Pourquoi ce choix de nom "Vacarm" ?



Cap’tain Planet : Je souhaitais trouver un nom très " sonore " car, sur le site, on parle avant tout de musique et de quelque chose qui fait du bruit … On a hésité avec des noms comme Boucan ou Boxson qui sont déjà pris. On a finalement choisi la version anglophone du mot " Vacarme " pour des raisons esthétiques.

Combien y a-t-il de personnes qui collaborent avec toi pour ce webzine ? As-tu une idée du nombre de chroniques, interviews, reports etc. qui figurent sur Vacarm ? Il y a une ligne directrice précise dans le choix de vos chroniques ?



Cap’tain Planet : Nous sommes aujourd’hui 18 dans l’équipe. De nombreux rédacteurs permanents qui se trouvent à Lille, Marseille, Paris, Rennes, Nantes, Strasbourg, etc… mais aussi des personnes qui nous aident de manière ponctuelle pour la maintenance du site, son amélioration et toutes nos opérations spéciales. Je ne connais pas le nombre exact d’articles publiés sur Vacarm, il y en a plus d’un millier, c’est sûr. Nous mettons en ligne en moyenne un article par jour ainsi qu’une dizaine de news …

Dans la même optique, certains groupes chroniqués sont plus connus que les autres. Tu as une manière particulière de faire des chroniques ou sont-ils tous "travaillés" de la même façon ?



Cap’tain Planet : Chaque groupe est travaillé à sa façon. Tu n’écris pas une chronique de la même manière pour un groupe connu ou en développement. Le rapport dans l’écriture, mais aussi dans les rencontres avec les artistes, est toujours différent. J’ai eu l’immense chance de rencontrer des idoles (Marilyn Manson, Scorpions, Queens of the stone age, etc…) et chaque rencontre fut différente tout comme chaque article qui s’en est suivi. Même si j’ai la possibilité de rencontrer des groupes célèbres, je me reste toujours tourné vers les groupes en développement. C’est d’eux que vient la relève et c’est souvent eux qui ont le plus de choses à dire…

BEN : Il reste cependant important de laisser de la place aux groupes auto-produits face aux talents confirmés. Le public va évidemment attendre que nous couvrions les sorties de formations telles que Korn, les Smashing Pumpkins ou Deftones. Nous ne recevons que rarement des disques promotionnels pour ces artistes, mais il reste important d’en assurer les chroniques lors des sorties afin de conserver un certain lectorat qui pourra par la suite s’intéresser à certains groupes moins prestigieux qui ne bénéficient pas d’une promotion ou d’une distribution équivalente.

Le fait que Vacarm soit l'un des webzines metal francophones les plus lus ou du moins assez "populaire", n'amène pas les labels à te faire les yeux doux ?



Cap’tain Planet : Avant de répondre à ta question, je tiens à préciser que Vacarm n’est pas un webzine metal. Nous parlons effectivement de ce style musical mais nous insistons sur de nombreux autres styles musicaux. Nous traitons aussi bien les artistes de jazz que les collectifs hip-hop ou electro.

Les labels nous font souvent les yeux doux car c’est dans la logique des choses. La musique est un produit. Ce produit se consomme différemment d’un autre par des critères qualitatifs mais le but d’un label c’est de vendre un produit. Pour vendre un disque, il faut en faire la promotion et le label cherche à diffuser un message positif au travers des médias. Les médias étant des leaders d’opinions, le label fait appel à nous pour toucher une cible d’acheteurs potentiels que sont nos lecteurs. En aucun cas nous ne sommes corrompus par des labels qui tentent de nous imposer des publications élogieuses. En revanche, ceux-ci tentent (et réussissent régulièrement !) à nous convaincre que leurs artistes ont un réel intérêt. Nous profitons bien évidemment des avantages fournis par nos activités mais jamais nous ne céderons à d’éventuelles " pressions ".

BEN : Nous conservons de très bonnes relations avec les labels ainsi que leurs dirigeants qu’il nous arrive de croiser lors de concerts. Pour la plupart, il s’agit de labels indépendants qui ont conscience que la musique dont ils assurent la promotion ne va malheureusement pas attiser les passions. Ils restent donc très simples et sympathiques avec nous, et nous laissent une totale liberté au niveau de nos articles. Etant donné le nombre de disques reçus, nous préférons de toute façon parler des véritables coups de cœurs que s’amuser à démonter le travail d’un groupe qui ne nous attire pas.

Vous avez aussi d'autres activités comme le management et l'organisation de concerts au sein de Vacarm ? Ces activités sont-elles complémentaires ou pas au webzine, selon toi ?



Cap’tain Planet : Nous avons cherché dès le début à nous démarquer d’autres sites en montant une association loi 1901 dont l’objectif est de développer la vie culturelle. Nous ne faisons pas vraiment du management d’artistes. En revanche, nous apportons un soutien (notamment promotionnel) à des groupes en développement ou à des structures partenaires. On cherche à étendre nos activités et plus particulièrement dans l’organisation de concerts, l’édition de compilations et le développement de projets ambitieux et originaux.

Les deux activités (webzine et association) sont complémentaires. L’activité et la notoriété de notre média confère une légitimité à nos actions. En revanche, il ne faut pas croire que tout webzine soit obligé de développer une activité associative pour exister. Au contraire, ce n’est pas toujours simple de mener à bien deux activités très différentes en parallèle, surtout à un niveau comme le nôtre (sans soutien financier avec peu de ressources humaines). Mettre en place des projets lourds peut mettre en péril la ligne éditoriale du site …

Comment tu appréhendes l'évolution du zine à court et long terme ?



Cap’tain Planet : C’est une question de fond. Nous sommes tous étudiants dans des domaines très différents. Il y a des rédacteurs qui font de la communication, d’autres qui sont dans l’audiovisuel ou dans la médecine … Nous ne sommes quasiment pas complémentaires mais nous avons tous ces passions de l’écriture et de la musique. Le site ne deviendra pas entièrement professionnel sur le long terme sauf suite à des changements extrêmes. En revanche, je pense qu’on va tout donner pour nous éclater et nous épanouir dans cette activité de loisir en développant de nouveaux projets et en améliorant constamment le site pour le plaisir de nos lecteurs.

BEN : Vacarm continuera sûrement à énormément bouger au niveau de son équipe. Ce site demande de l’investissement et ce n’est pas toujours imaginable pour tous les rédacteurs qui arrivent. Un petit noyau dur est là depuis le début et se connaît maintenant autrement que virtuellement et continuera à faire vivre le site le plus longtemps possible.

Qu'est ce qui différencie Vacarm des autres zines d'après toi ?



Cap’tain Planet : On se démarque avant tout par notre dynamisme et l’envie de développer un site à la limite du professionnel. On a aussi une certaine notoriété auprès des professionnels de l’industrie musicale grâce à nos expériences personnelles. Ce qui m’ennuie généralement sur les autres webzines, c’est que j’ai l’impression de toujours lire les mêmes choses et qu’il n’y a aucune créativité dans l’approche qu’ont les rédactions de l’écriture. Les sites restent toujours axés autour de chroniques, de live-report et d’interviews alors qu’il y a des tonnes d’autres contenus à proposer aux internautes …

Quels sont ses points forts mais aussi ses points faibles…?



Cap’tain Planet : On s’engage dans des projets forts, on écrit des articles de qualité avec un minimum de réflexion. On a une approche assez conceptuelle des articles (il suffit de lire notre newsletter ou les portraits d’artistes). On est aussi très apprécié des labels car nous sommes très arrangeants en affaires et très présents sur les concerts …

Pour nos points faibles, c’est avant tout l’architecture du site qui nous pose problème. C’est un vieux site qui a besoin d’être changé entièrement. J’aimerais aussi apporter un aspect plus ludique au site, développer l’interactivité et m’écarter du trio fatal chronique / interview / live-report …

Quel est selon toi l'événement charnière ou l'événement clé dans l'histoire de Vacarm ?



Cap’tain Planet : Sans aucune hésitation, ce fut la sortie de notre première compilation (" Split The Pit ") en octobre dernier. Ce fut un projet fort et réussi. Vous pouvez retrouver toutes les informations sur http://www.myspace.com/splitthepit. En deux mots, c’est une compilation des 23 coups de cœurs des webzines Vacarm et Punkfiction vendue 5 euros. Suite à l’édition de la compil’, nous avons organisé 3 concerts, ce qui nous a valu de nombreuses retombées médiatiques grâce au partenariat que nous avions mis en place avec Rocksound. Ce projet qui a duré plus d’un an a été une véritable motivation au sein de l’équipe …

Quels sont tes coups de cœur de 2007 ?



Cap’tain Planet : Je vais parler en mon nom plutôt qu’en celui de la rédaction de Vacarm. En ce qui concerne les " petits " groupes, je vous conseille Riktus (metalcore), 64 Dollar Question (rock) et R2jeux (dub electro). Pour la scène, allez voir Kandjar (metal HxC) et Bulldog Front (Fusion). Pour des groupes qui ont un peu plus de bouteille, j’ai été récemment surpris par The Bishops (pop-rock), les Vulgaires Machins (punk), Uneven (punk) ou The Arrs (HxC).

Après cela, je reste un très grand fan de The Mars Volta, la Ruda ou encore les projets solo de John Frusciante.

BEN : Sans hésitation, le grand retour des Smashing Pumpkins. Le nouveau Will Haven qui s’avère très bon malgré le départ de Grady Avenell ainsi que Scarve qui reste pour moi un exemple à suivre en matière de metal Français. Le nouvel album de Manes, " How The World Came To An End est également exceptionnel.

Et tes coups de gueule ?



Cap’tain Planet : Je n’ai pas vraiment de coup de gueule. Je préfère me contenter de mettre en avant les bons groupes et d’occulter ceux qui n’en valent pas la peine …

Depuis peu, certains labels ont décidé de ne plus envoyer des disques aux webzines afin de chronique mais plutôt de fournir des liens vers des webradios pour des soucis d'économie et de piratage. Quelle est votre position par rapport à ça sur Vacarm ?



Cap’tain Planet : Je trouve que ce sont de bonnes méthodes. La seule chose qui cloche, c’est que dans l’état actuel des choses, ce n’est pas du tout pratique pour nous. Nous sommes très sollicités pour des chroniques d’albums, nous recevons donc de très nombreux cd. Ce qui pose problème, c’est qu’on ne peut pas se permettre de tout écouter et nous enlever la possibilité, par exemple, d’écouter un cd dans la voiture grâce à un autoradio car le label n’envoie plus de cd est très dérangeant car c’est un moment privilégié pour apprécier la musique d’un artiste.

BEN : Pour ma part, je refuse systématiquement toute proposition visant à télécharger des mp3 via un serveur " sécurisé ". Un journaliste Italien a récemment été traîné dans la boue alors qu’il n’était au final pas responsable de la mise en ligne de l’album sur les réseaux p2p. Pour ce qui est des webradios, le son laisse en général à désirer et nous sommes de plus contraints à écouter les morceaux sur des enceintes d’ordinateurs de faible puissance. On a d’ailleurs vus certains labels délaisser ce genre de fonctionnement pour revenir à des envois classiques…

Est-ce que le fait d'être un "gros" webzine peut te permettre de t'opposer à ça ?



Cap’tain Planet : M’opposer, non. Par contre, cela me permets de trouver des arrangements fonctionnels…

Selon toi, quel est le moyen le plus efficace pour promouvoir les groupes ?



Cap’tain Planet : Ta question est très vague. Ca dépend de quel point de vue on se place. Je ne pense pas non plus qu’il y ait de moyen ou de méthode plus efficace qu’une autre. Il faut avant tout de la passion, de la persévérance, de l’intelligence et un brin d’opportunisme. La première chose à faire est de se développer un réseau de collaborateurs et d’être présent là où on veut être, c'est-à-dire dans les salles de concerts…

BEN : Je ne pense pas qu’il y ait de moyen véritablement efficace pour intéresser les Français aux groupes qui ne bénéficient pas d’un matraquage médiatique et qui ne proposent pas de la musique adaptée aux standards FM. Il faudrait avant tout que les gens se montrent plus curieux, et peut-être plus persévérants face à certains artistes difficilement accessibles de prime abord.

On dit partout que l'industrie du disque est en danger. Quelle est ta version des faits ?



Cap’tain Planet : Oui, elle est en danger mais pas en péril. L’industrie du disque a besoin de se transformer et de prendre en compte de nouveaux modèles économiques, notamment avec les supports numériques. Je vous conseille de lire " L’âge de Peer " d’Alban Martin qui vous permettra d’y voir un peu plus clair sur cette crise du disque …

BEN : Je reste bien moins optimiste sur ce point. Je n’arrive pas à concevoir un véritable marché de la musique numérique, tant il me semble impensable de vendre un album sans l’artwork qui va autour. Très franchement, qui va payer pour quelques fichiers mp3 bourrés de protections alors qu’il peut obtenir ceux-ci gratuitement via le p2p ? Internet reste un très bon moyen de découvrir de la musique, notamment via myspace, et mettre à disposition les albums dans leur intégralité en streaming lors de la sortie est une très bonne idée, mais pour espérer améliorer la situation il faudrait avant tout baisser les prix qui demeurent excessifs. Les labels indépendants se sont déjà engagés dans cette optique, notamment via le VPC.

Quels sont tes projets à venir pour Vacarm ?



Cap’tain Planet : Toujours plus d’articles, toujours plus de projets, toujours plus de plaisir.

Quelque chose à rajouter ?



Cap’tain Planet : Merci pour l’intérêt que tu portes à Vacarm et la possibilité de nous exprimer que tu nous offres. Ce que nous faisons, nous le faisons par passion plus que par intérêt et c’est toujours un plaisir de pouvoir en parler.

Un message pour les lecteurs de Metal Sickness ?



Cap’tain Planet : Venez sur Vacarm ! (rires)

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