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Après nous avoir sorti quelques bons disques dans les 2000's (dont le terrible "Jeux D'Enfants" en 2004), les français de Wormfood sont montés en puissance dans l'hexagone...avant d'exploser en plein vol et splitter vers 2007.
Quelques années plus tard, son leader Emmanuel "El Worm" a décidé de remettre Wormfood sur les rails en sortant l'album "Posthume" initialement composé en 2006/2007. L'occasion idéale pour nous, pour poser quelques questions à la tête pensante du groupe...
Pourriez-vous présenter Wormfood aux lecteurs Français ?
Wormfood est un groupe de métal avant-gardiste originaire de Rouen, aujourd'hui basé à Paris, qui a fêté ses dix ans d'existence cette année. Une partie du groupe a accompagné un temps l'incarnation live de Carnival in Coal. De nombreuses personnalités gravitent autour du projet, je pense notamment à notre producteur et arrangeur Axel Wursthorn (Carnival in Coal), à Paul Bento (Carnivore, Type O Negative), au photographe Andy Julia (également chanteur de Soror Dolorosa), aux graphistes Valnoir (Sect Metastazis) et Hicham Haddaji (Hybreed), et tant d'autres encore, qui contribuent à enrichir visuellement et musicalement Wormfood.

Wormfood est finalement une discipline artistique assez complète - El Worm
Parlez-nous de votre groupe, comment définiriez-vous votre musique ?
"Dark-doom-gothic-metal-psychédélique-chanson-francophone-avant-garde-expérimental", mais décomplexé.
Depuis combien de temps existe le groupe ? Qui l'a créé ?
10 ans d'existence cette année. Contre toute attente, d'ailleurs, puisque la formation a souvent été laissée pour morte, et est passée par de nombreux bouleversements de line-up. Wormfood a été initialement fondé par le bassiste Romain Yacono et moi-même.
A quel âge avez-vous commencé à composer ?
D'aussi loin que je me souvienne, lorsque j'ai commencé à pratiquer la musique (il y a plus de vingt ans maintenant), j'ai immédiatement cherché à créer mes propres mélodies. Aujourd'hui encore, repiquer ou déchiffrer des morceaux existants me procure moins de plaisir que de chercher à composer...
Pouvez-vous nous parler du line up actuel ?
Le line-up actuel est né début 2010. Il est composé de Renaud Fauconnier (Abstrusa Unde, ex-Borgia) à la guitare, Thomas Jacquelin (Lugnasad, Anus Mundi) à la batterie, Vincent Liard (Lonah) à la basse, et pour finir Pierre Le Pape (Embryonic Cells, Melted Space) aux claviers.

Je pense que pour une partie du public, l'infâme "Vieux Pédophile" a un statut maintenant un peu "culte" - El Worm
Quelles sont vos inspirations ?
Pour l'écriture des textes, je ne me sens pas très à l'aise avec les thèmes trop fantastiques ou surnaturels (même si l'album "France", sorti en 2005, explorait des thèmes plutôt exubérants), actuellement, c'est donc dans mon vécu -négatif- que je puise mes inspirations. D'autres formes artistiques, particulièrement la littérature, mais aussi la peinture ou la photographie constituent des sources d'inspiration constantes pour le groupe.
Quels sont vos groupes favoris ?
Je parle en mon nom propre, car les goûts sont très diversifiés au sein du groupe (cela va du jazz manouche au black metal) : Type O Negative, Stephan Eicher, Carnivore, Alain Bashung, Ange, Serge Gainsbourg, Jad Wio, Notre Dame, Carnival in Coal...
De quels groupes plus connus peut-on vous rapprocher ?
Parce que nous pratiquons une musique dépressive, lourde et mélodique, on nous apparente souvent à Type O Negative -je suis très honoré de cette filiation-, mais j'espère, dans le fond, que nous avons su nous dissocier de nos influences, les digérer et développer une identité propre.
Pourquoi avoir choisi la musique comme moyen d'expression ?
Il n'y a pas vraiment de choix, cela s'est imposé naturellement, mais j'apprécie le fait que la composition musicale se double de celle de l'écriture en français. Si l'on ajoute la dimension "théâtrale" des concerts, l'esthétique développée dans les photographies et les pochettes, Wormfood est finalement une discipline artistique assez complète.

"Posthume" marque un tournant dans la carrière du groupe - El Worm
Dans quel état êtes-vous quand vous jouez votre musique ?
En répétition, les choses se déroulent dans la bonne humeur, on s'amuse vraiment à pratiquer notre répertoire, à l'enrichir... En concert, chacun se laisse ensuite posséder par son rôle et l'atmosphère des morceaux, nous sommes plus "habités" ; en pilotage automatique.
Quels sont les thèmes récurrents de vos compositions ?
L'amour, la mort, le vice, et la France.
Quelle est votre composition fétiche ?
Je pense que pour une partie du public, l'infâme "Vieux Pédophile" a un statut maintenant un peu "culte"... C'est sans doute le morceau que nous avons le mieux réussi dans notre période "grand-guignol". Je préfère quant à moi les morceaux avec un propos plus intime et émotionnel, comme "Salope", "Passage à Vide" ou "Les Noces sans Retour"...
Comment considérez-vous l'évolution du groupe depuis sa formation ?
Artistiquement, je me sens en adéquation avec la direction assez "adulte" empruntée par "Posthume". J'ai envie de développer cet aspect sombre et pesant, l'écriture en français, tout en valorisant les apports musicaux des nouveaux membres...
Pourriez-vous nous parler de votre dernier album, "Posthume" ?
"Posthume" est sorti le 7 janvier 2011 sur MalaFortuna / Season of Mist distribution. Il marque un tournant dans la carrière du groupe, puisque sa direction musicale est différente de la décadence baroque affichée par "France". C'est un disque intégralement en français, très sombre -beaucoup plus doom/goth que black/death-, et qui aborde le dépit amoureux, le suicide, les addictions... Nous avons également eu l'honneur de collaborer avec Paul Bento, qui nous a offert des parties de sitar et de tanpura de toute beauté sur certains titres. Pour finir, après de nombreuses difficultés, le line-up qui l'a enregistré ne lui a hélas pas survécu, ce qui fait de "Posthume", dans ses thèmes et son contexte, le disque de Wormfood le plus "maudit" à ce jour.
Concernant l'actualité du groupe, des concerts prévus pour 2011 ?
Nous avons commencé à tourner en mars 2011, en France, puis en République Tchèque, et après une pause estivale nous reprendrons bien entendu cet automne, dès le 9 octobre à Paris, au Klub. D'autres dates vont suivre (Rennes, Lorient, Nantes, Rouen, Valenciennes, Toulouse...) et seront annoncées sur nos différents sites officiels.
Un nouvel album ?
Bien évidemment. Le plus tôt possible cette fois, promis (avant 2020, donc).
Un petit mot pour les lecteurs et lectrices de Metal Sickness ?
Merci à celles et ceux qui ont pris le temps de lire cette interview jusqu'au bout : je vous encourage à nous rendre visite sur www.wormfood.fr et à rejoindre notre page Facebook officielle pour suivre l'actualité du groupe, qui s'annonce chargée : http://www.facebook.com/wfood . Au plaisir de vous rencontrer lors de nos prochains concerts...








