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Après la chronique du savoureux "French Cuisine", nous n'avons pas pu nous empêcher d'aller faire un tour derrière les fourneau pour passer sur le grill, deux des chefs cuistots de Sons Of Secret, pour qu'ils nous livrent leurs secrets de fabrication !
Salut ! Originalité oblige, est ce que tu peux présenter le groupe, pour ceux qui ne connaissent pas encore Sons Of Secret ?
Pierre : SONS OF SECRET est un groupe originaire de Troyes dans l’Aube qui sévi dans le bizaroidïsme metallique depuis un peu plus de 4 ans. A la basse on trouve Antoine, Raph martelle les futs quand Doug et Ben usent leurs doigts sur leurs guitares. Quant à moi je tiens le micro. On a sorti un premier album autoproduit en 2008 et le second, French Cuisine est sorti il y a peu chez Yantra Inc./Deadlight Entertainment.
"French Cuisine" vient juste de sortir. Comment vous sentez vous ? Avez-vous eu des retours du public ? Des chroniques ?
Ben : C'est vrai que l'on a eu pas mal de retours très positifs tant public que presse. On ne peut que s'en réjouir. C'est toujours très valorisant lorsque le fruit de ton travail est apprécié.
Pierre : Ben a tout dit, c’est une période très excitante pour nous car nous voulions montrer un nouveau visage du groupe et la sauce semble prendre autant après l’écoute de l’album qu’après un show. Mais nous profitons de tout ce mouvement pour redoubler d’efforts et proposer encore plus de qualités sur cd ou en live.
Pourquoi ce nom de groupe, "Sons Of Secret" ?
Pierre : fans de films de genre jusqu’au-boutiste, ce nom de groupe est venu avec l’idée de sonner comme le nom que pourrait se donner un gang à la manière des " crazy88 " ou des " warriors ". Et on retrouve autant cette idée dans le nom du groupe que dans le visuel, la musique et les paroles.
Ben : Aussi, on a préféré ne pas prendre un nom trop connoté. Lors que tu t'appelles " Dark bloody Mysanthropia ", dur de faire autre chose que du death/black. Bref, se laisser le champ libre était déjà le maître mot.
Pierre : pourtant j’aimais bien dark bloody mysanthropia…
Comment définirais-tu votre musique ? Quelles sont vos influences ? …
Ben : Metal, et fusion en général. Pas mal de choses sont parties de délires musicaux en réalité. Jouer de la funk, du death, du black, ou du jazz peut être très plaisant, alors pourquoi se contenter d'un seul style? Le plus dur est d'avoir un rendu cohérent avec autant d'influence. Au niveau influences je dirais Maiden, Sepultura, Dream theater, Opeth, Incubus, Slayer, Porcupine tree...
Pierre : et des B.O de films comme celle de Robert Rodriguez ou John Carpenter. Ces délires musicaux servent aujourd’hui l’envie d’avoir un rendu cinématographique dans notre musique.
Est-ce que le fait d'évoluer dans un metal indéfinissable pour la plupart des métalleux ne risquent pas de gêner la progression de Sons Of Secret, en fin de compte. En effet, le métal se nourrit allègrement d'étiquettes…
Ben : C'est fort possible. Pourtant, il faut avouer que certaines de nos parties sont aisément identifiables au niveau du style. L'élément principal je pense, reste le thrash. Mais il est vrai que le mélange des genres peut paraître indigeste à certains, mais c'est ce qui fait son originalité.
Pierre : d’autant plus que nous nous prenons bien la tête pour que les morceaux soient de vrais chansons au sens des arrangements ou des structures ce qui permet de justifier ces mélanges et éviter qu’une partie funk fasse " plouf " quand elle arrive derrière un breakdown ou un blast.
L'alchimie de Sons Of Secret fonctionne plutôt bien. Comment vous êtes vous tous rencontrés ? Quels sont vos parcours musicaux ?
Pierre : le groupe sous sa forme actuelle est le fruit de rencontres fortuites : Antoine est un ami du lycée, j’avais un précédent groupe avec Ben que j’avais intégré après l’avoir rencontré à un concert et Doug et Raph furent rencontrés en soirée. Au niveau des formations musicales c’est assez variés. Doug et Antoine sortent d’écoles de musiques, Ben a eu une formation classique et Raph et moi sommes les deux autodidactes de la bande.
Ben : Je pense que le groupe fonctionne car on s'entend tous très bien. Nous partageons d'ailleurs un goût immodéré pour la viande cuite au barbecue et la sangria. Bref, une tendance qui ne fait que resserrer nos liens de jours en jours.
Comment s'est passé l'enregistrement de ce disque ? Où est-ce que ça a été fait ? Combien de temps ça a pris ?
Pierre : pour cet album nous nous sommes rendus chez Pierre-Emmanuel Pélisson, bassiste de Maladaptive (ex-heavenly) et producteur de Diluvian. Pour des raisons d’emploie du temps nous sommes allés séparément dans son studio pour un total au cumul de vingt jour d’enregistrement. Le fait de se retrouver seuls face à nos instruments et à PE fut une expérience très éprouvantes mais où nous avons beaucoup appris. PE s’est montré très patient, force de proposition et même si il ne le croira pas, très pédagogue. Bref une très bonne expérience renforcée par le rendu du produit fini.
Tu rajoutes à cela une bonne semaine d’arrangements claviers et d’enregistrement des guests chez Pierre Le Pape (wormfood, embryonic cells) ami de longue date du groupe avec qui nous ne manquons pas une bonne raisons de collaborer.
Qui s'est chargé de cette production plutôt rentre dedans ?
Pierre : le son de l’album est le fait de PE qui a aussi mixé et masterisé l’album. Nous souhaitions un gros son uniforme faisant la part-belle autant aux parties metal qu’aux parties fusion et où la place de la basse serait plus importante que sur les productions metal actuelles. PE a su cerner nos souhait et a donné à cet album ce gros son bien rond et vénère, encore merci à lui !
Est-ce que toutes les compositions étaient déjà terminée avant de les enregistrer ou est ce que vous vous êtes laissés une marge de manœuvre pour improviser quelques trucs ?
Ben : Tout était déjà figé à l'entrée en studio. Les choses qui ont été modifiées sont le fait de Pierre-Emmanuel, il a viré ou ajouté des harmonies, discuté certains arrangements. Tout cela était très constructif au final. Vu l'expérience de PE, le résultat n'en a été que mieux.
Etes-vous totalement satisfait de " French Cuisine" ou bien changeriez-vous quelques trucs avec le recul ? Lesquels ? Pourquoi ?
Ben : Pour ma part, je ne changerais rien. French Cuisine me convient très bien tel qu'il est. Pourtant, on s'est aperçu que certains titres fonctionnaient mieux que d'autres en live. Je crois que certaines ambiances sont indissociables de l'écoute d'un CD et ne peuvent être retranscrites sur scène. Ce sera une prochaine étape à passer. Faire des chansons qui fonctionnent dans les deux cas.
Pierre : à titre personnel il y a des choses que je ne ferais plus comme ça aujourd’hui. L’enregistrement de French Cuisine m’a beaucoup appris sur ma voix, néanmoins je reste très fier de cet album et de ce que chacun de nous avons fournis.
Comment tu vois cette réalisation par rapport aux débuts du groupe et à la démo qui n'est jamais sortie ? Une (r)évolution ? Une étape… ? Une continuation…? Un début…?
Ben : Une évolution je dirais. A force de travail, de concerts, d'investissements, tu arrives à avoir un produit fini de qualité. Pour le prochain enregistrement, on mettra la barre plus haute.
Pierre : c’est la somme de toutes ces années passés ensemble, d’envies et de choix qui se sont beaucoup plus ciblé mais le pire est à venir !
Quels sont les sujets de vos textes ?
Ben : Ça, c'est une question pour le chanteur!
Pierre : sur French Cuisine j’ai eu envie de proposer une narration sans forcément raconter d’histoire. Une sorte de voyage initiatique dans un monde habité par les archétypes de personnages cinématographique, leurs souffrances, leurs espoirs, leurs passions. Bad Movie Scene serait l’ouverture sur ce monde, Hell & Back serait le point de non-retour et What would y a do babe une forme d’acceptation. Il y a aussi un peu de nous cinq en tant que groupe et de ce que l’auditeur souhaite y mettre. Libre à chacun d’interpréter notre musique et/ou nos paroles.
En ce qui concerne les compos, comment ça se passe ? Tout le monde compose et vous fonctionnez en démocratie pour la direction artistique des morceaux ou il y a un tyran parmi vous ?
Ben : La composition de cet album était un peu particulière. J'ai traversé une longue période de chômage, et j'avais par conséquent beaucoup plus de temps que les autres (euphémisme) à consacrer à ce travail. Ceux qui avait le temps m'ont donné des riffs ou des thèmes mélodiques et je les ai donc incorporé dans la composition.
Aussi, nous avons changé de batteur il y a deux ans. Raphaël a un jeu très polyvalent allant du metal extrême au free jazz. Il a amené la musique de Sons of secret à un autre niveau.
Pour ce qui est des arrangements claviers, le tout a été confié à Pierre Lepape (Wormfood, Melted Space, Embryonic cells). Nous lui avions donné la trame générale des arrangements. Il faut dire qu'aucun de nous n'est capable d'écrire une réelle partie de Piano ou d'orchestre. Pierre a eu le champ libre et a sérieusement étoffé les choses.
Un mot sur l'artwork. Qui s'en est chargé ?
Pierre : la pochette de l’album a été dessiné par Jérome Benoit, dessinateur de métier mais aussi chanteur de Hell Of A ride et Beyond the Dust. C’est un ami de longue date et après écoute de l’album il a voulu illustrer le personnage du dark passenger, récurant sur plusieurs chansons dont Hell & Back : The Dark Passenger.
Qu'attends tu de Sons Of Secret à court et long terme ?
Pierre : des concerts, encore des concerts. Aller toujours plus loin dans nos chansons et emmener le public dans nos délires.
Ben : Faire des concerts. Partager des scènes avec des gens qu'on apprécie et en découvrir d'autres. Et puis dire " me taper des groupies dans les toilettes ", cela fait quelque peu prétentieux...
Pierre : tu es même arrogant.
Comment définirais-tu un concert de Sons Of Secret ? Est-ce que des dates sont prévues ?
Ben : Je dois t'avouer que je n'y ai jamais réfléchi. La question me sèche là!
Pierre : on essaye tout simplement de partager un moment fort avec le public en le faisant de lui un acteur autant qu’un spectateur. Il y a de l’énergie, des moments plus posés pour repartir de plus belle et aussi il y a le jeu très free de notre batteur qui est un show à lui tout seul ! Pour les futurs dates : 29 & 30 avril avec wormfood et c-rom à Amiens et Sedan. Puis 4 juin au Local à Marseille. On a une quinzaine de dates qui devrait tomber pour la rentrée de septembre en attendant on est ouvert à toute propositions de concerts (secret.news@live.fr) et le tout est consultable sur myspace.com/sonsofsecret
Que pensez-vous de la scène heavy metal française ?
Ben : Tu parles du Heavy metal plus particulièrement ou du metal au sens large? Bon bref, je parlerai de la scène metal française en général. Elle prend du galon et il y a de plus en plus de groupes de qualité. Pour ma part, j'apprécie beaucoup des formations comme Smash Hit combo, Trepalium, Wild Karnivor ou T.A.N.K par exemple.
Pierre : tout pareil et je rajouterai aussi absurdity et como muertos qui sont mes coups de cœur du moment.
Penses-tu qu'avec ce disque, Sons Of Secret puisse avoir vocation à pointer le bout de son nez au sein de la scène française ? Comment vous placez vous à côté des combos plus établis ?
Pierre : indubitablement on a encore beaucoup à apprendre des combos plus établis mais aussi de ceux évoluant à notre niveau car nous n’avons sans doutes pas les mêmes méthodes. Après effectivement nous espérons beaucoup de cet album et le travail de promotion ainsi que les nombreuses dates vont dans ce sens. Mais pour nous, se placer au plus haut n’est pas une fin mais un moyen : celui de pouvoir faire toujours plus de chansons et toujours plus de concerts de qualités.
Avec quels groupes vous sentez-vous le plus de connections ?
Pierre : pour avoir joué avec eux je dirais the sativa league, wild karnivor, smash hit combo ou encore memories of a dead man. Après au sens artistique du terme c’est du côté de step in fluid, carnival in coal ou trepalium, entre autres, qu’il faut aller chercher.
Est-ce qu'une autre réalisation (album, maxi, démo, compilation, split…) sortira bientôt ou du moins est en cours de réflexion ?
Ben : Il y a toujours des compos en cours. Quant à savoir quelle forme cela prendra, mystère...
Ton meilleur souvenir au sein du groupe ? ...et le pire ? Oui, c'est ma question "people"…
Ben : Allez, je balance un grand moment Lose qui fut aussi un bon moment. Cinq abrutis dans un camion qui tentent candidement de doubler une Mercedes sur l'autoroute. Jusqu'au moment où une fourbe cote apparaît et le camion se met à ralentir. Le câble d'accélérateur a lâché! Heureusement que nous avions un batteur qui regarde assidument chaque épisode de Bob le bricoleur pour nous réparer tout ça. Mais sur le coup, le concert du soir nous a paru fort compromis.
Pierre : mon meilleur souvenir à ce jour est un concert à Amiens où la scène était trop petite pour que j’aille sur scène, seulement fasse à la réception qu’a fait le public de la musique j’ai dus me serrer avec mes collègues sur la scène. C’était la guerre ce soir là ! Sinon le pire souvenir fut de me faire une entorse la veille d’un concert. Hors de question d’annuler pour moi, mais jouer sur un tabouret m’a beaucoup frustré.
S’il y a une question que je ne vous ai pas posée et à laquelle vous espériez fébrilement tant répondre…c’est à vous !
Ben : Okay, alors Pierre, Question pour toi, est-ce que saucer c'est tremper?
Pierre : d’un point de vue autant newtonien qu’archimédien il est impossible de saucer sans tremper. En fait tout dépend si nous nous plaçons dans une géométrie euclidienne ou non…. Sinon tu connais le nom du quarter pounder with cheese en France ?
Un message pour les (millions de) lecteurs de Metal Sickness ?
Ben : Un grand merci à toi, qui a pris le temps de lire la chronique du cd et cette interview. En espérant que cela t'ai donné envie de jeter une oreille sur notre galette ou de venir à un de nos concert.
Pierre : ou même les deux !!! un grand merci à vous tous et aux rédacteurs de metal sickness !









