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Metal Sickness > Interviews > Interview du groupe de métal Qantice le 25/07/2010
Qantice
Qantice
Propos tenus par Tony Beaufils (guitare)
Interview réalisée par mail
Date : 25/07/2010
Chroniqueur : Mr Zède

Voir la fiche du groupe Qantice

Introduction
Décidemment, c’est un habitude chez Brennus de nous sortir de sa besace des groupes de métal progressifs / symphoniques d’une rare qualité. Le dernier en date s’appelle Qantice. Emmené par l’excellent Tony Beaufils – qui va se charger ici de la composition, de l’orchestration, de l’interprétation et même de la production ! -, Qantice est un groupe de métal symphonique relevé qui allie à son univers énormément d’éléments issus de la science fiction. Après deux démos en 2005 et 2006, Tony Beaufils s’est décidé à sauter le pas pour nous gratifier d’un premier album "Cosmocinesy", fruit d'un travail de plusieurs années…
Texte

Salut ! Originalité oblige, est ce que tu peux présenter le groupe, pour ceux qui ne connaissent pas encore Qantice ?

Euh, est-ce que j'ai le droit de faire un copier-coller des réponses que j'ai déjà faites à d'autres webzines ?
Bon, bon, ok, pas taper... Mais je vais au moins essayer de faire un peu différent sur la forme. Jouons la un peu façon "légende".
Il était une fois une fois Qantice, un monde où se déroulaient de fantastiques histoires épiques depuis la nuit des temps. Un jour des bardes décidèrent d'en conserver la mémoire en composant un opéra sans fin qu'ils propagèrent à travers l'espace sous forme d'ondes mentales.
Bien loin de là, un pauvre hère prisonnier d'une dimension bien moins intéressante commença à en capter quelques bribes. La reception était loin d'être nette, mais vu que le bonhomme n'avait rien de prévu pour les 50 ans à venir, il entreprit tout de même de tenter d'en retranscrire et d'en diffuser les sonorités. Tel un fier conquérant du Graal, il enrôla de nobles chevaliers pour lui venir en aide : le groupe Qantice était né et sa mission serait désormais de répandre sur la terre son métal symphonique irradié de forces si intenses que plus aucun humain n'aurait désormais envie de rejoindre la lumière blanche du bout du tunnel à l'heure de sa mort, tellement celle-ci aurait l'air grisâtre en comparaison !
Voilà, Qantice, c'est à peu près ça, à une vache près...

"Cosmocinesy" est sorti il y a quelques temps, déjà. Comment vous sentez vous ? Avez-vous eu des retours des ventes ? Du public ? Des chroniques ?

Comment on se sent ? Je pense que c'est clair dans la réponse précédente : on a complètement pété les plombs!... :) Ou alors, c'est peut être juste à cause des récentes chaleurs...
Enfin plus sérieusement, oui, voici en effet un peu plus d'un an que ce premier album est sorti et les retours du public et de la critique ont vraiment été très encourageants. Bien sûr, il ne s'agit encore que de coups de cœur bien localisés. Pour le raz-de-marée mondial, il va falloir encore travailler un peu. :) S'agissant des ventes, c'est un peu pareil : disons simplement qu'elles sont encore trop faibles pour qu'on ose s'en vanter dans les interviews mais qu'elles sont néanmoins suffisamment importantes – surtout en cette période de déclin du CD – pour donner toute l'énergie nécessaire à la poursuite de l'aventure.

Pourquoi ce nom de groupe, "Qantice" ?

Je l'ai entendu dans mes communications interdimensionnelles ! Bon d'accord, j'arrête... La vérité, c'est que je voulais tout simplement un nom pour le monde gigantesque et fantastique où se déroule l'histoire racontée dans la musique. Et en triturant le mot "Quantique", je suis arrivé à ce résultat qui me semble également parfait pour évoquer un groupe progressif tourné vers la science-fiction, le rêve, l'étrange...

Comment définirais-tu votre musique ? On sent qu'il y a pas mal de trames musicales qui vont de métal symphonique mélodique au rock celtique en passant pas les B.O. de films. Quelles sont vos influences… ?

C'est une musique qui s'inscrit assez nettement dans la lignée du "Hollywood Metal" inauguré par Messire Turilli il y a quelques années. Autrement dit, l'idée est de proposer un métal riche en arrangements orchestraux et narrant une histoire à la manière d'un film à grand spectacle. Côté influences, il y a donc évidemment le vaste monde des groupes heavy, power, épiques, symphoniques et néo classiques: Malmsteen, Rhapsody Of Fire, Angra, Helloween, Iron Maiden et j'en passe des centaines... Pour l'aspect plus orchestral des compos, l'inspiration vient effectivement d'un grand nombre de B.O., principalement celles de John Williams, Ennio Morricone, Danny Elfman, James Horner ou encore Vladimir Cosma, auxquels il faut ajouter toute une liste de classiques comme Tschaïkovski, Bruckner, Listz, Prokofiev, Schönberg. Enfin, les parties d'inspiration traditionnelle sont l'héritage plus ou moins direct de mon séjour passé dans le groupe celtique Tornaod, qui m'a permis de découvrir une multitude de formes musicales traditionnelles (Reels, Gigs... etc) et surtout leurs instruments typiques (Tin Whisle, Ulean Pipe, Bohdran...).

L'alchimie de Qantice fonctionne plutôt bien. Comment vous êtes vous tous rencontrés ? Quels sont vos parcours musicaux de chacun ?

J'ai tout d'abord recruté Yosh Otias (violon) puis Vince (chant) en passant des annonces dans Hard Rock Mag, et plus récemment, c'est via myspace.com que j'ai découvert Aurélien Joucla (batterie) puis Fred Charpentier (basse).
Quant à nos parcours respectifs, il y a de quoi faire une belle ratatouille alchimique, en effet :
Yosh vient du classique : elle est notamment premier violon dans l'orchestre "l'Odyssée Symphonique", prof de musique, et, depuis quelques temps, elle touche aussi à la musique tzigane au sein du Duo Magie Jy-Tones.
Vince est diplômé du MAI (école de musique nancéenne) et a autrefois chanté dans le groupe de métal prog "Biomech Race" où sévissait aussi un certain Kevin Codfert, devenu claviériste d'Adagio depuis. Il est également chanteur dans le groupe de reprise rock Interface, et plus récemment, il a fondé Agone Angel, un groupe de prog-électro-métal très prometteur.
Aurélien a pris des cours particuliers de batterie dès son plus jeune âge, mais il est surtout passé par bon nombre de groupes très variés allant de la pop au thrash: Tusd, Woodtrip, Siz'l, Eaten By Her Child...
Pour ma part, j'ai un parcours autodidacte à la guitare qui a commencé par le groupe Now-Lëdge, sorte d'ancêtre instrumental de Qantice, puis un long séjour du côté du rock celtique avec notamment le groupe Tornaod. Depuis quelques années, en parallèle à Qantice, je fais aussi partie du Naheulband et de Belyscendre, deux groupes folks bien connus des communautés rôlistes – et au delà – avec lesquels je m'amuse beaucoup.
Enfin, le dernier arrivé, Fred, est lui aussi globalement un autodidacte de la basse, mais avec en plus de solides notions de contrebasse classique (3ème cycle au conservatoire de Meaux). Il est aussi leader du groupe jazz fusion Amethyst et membre de AIRK-N (prog métal).

Quel est le concept de "Cosmocinesy" ? Pourquoi avoir chosi de mettre en avant un conte futuriste ?

The Cosmocinesy signifie "les mouvements des mondes" et il faut savoir que les cieux de Qantice sont sillonnés de planètes et des terres volantes, elles-mêmes habitées par différents peuples. Dans le premier volet de ce conte, un Mégantrope (être doté du pouvoir de remodeler la matière à volonté) part à la recherche d'une planète volée. Pourquoi ce conte ? Tout d'abord parce que je suis un fan de science-fiction/merveilleux et ensuite parce qu'un tel multimonde laisse la porte ouverte à toutes les situations, à toutes les ambiances imaginables, et, musicalement, à tous les mélanges... Sur Qantice, la "caméra" qu'on imagine en écoutant la musique peut violemment passer d'une île volante aux allures de Highlands écossais à une armada de vaisseaux façon Star Wars pour ensuite plonger vers un lugubre océan d'insectes.

Comment s'est passé l'enregistrement de ce disque ? Où est ça a été fait ? Combien de temps ça a pris ?

Le lieu, c'est tout simplement mon home studio à Montreuil. Chaque musicien de l'album y est venu y faire un tour entre 1999 et 2007. Cette lenteur est due au fait tout simple que n'étant un surdoué ni pour la prise de son, ni pour la guitare, ni pour la compo, ni pour rien en somme, hormis peut-être pour la patience, la passion, et la détermination, il a m'a fallu tout ce temps pour arriver à un résultat satisfaisant. Et encore, si je n'étais pas atteint de cette encombrante maladie qui s'appelle "vieillir", il est fort probable que je serais toujours en train de travailler sur ce premier album... D'ailleurs j'y pense : les Mégantropes, eux, ont le pouvoir de repousser la mort afin d'accomplir de plus grandes choses... Ne me demande pas d'où me vient ce genre d'idées... :)

Un mot sur la production ? Qui s’en est chargée ?

Il faut distinguer deux phases : pour les enregistrements, c'est moi-même ; et en 2007, c'est Kevin Codfert (claviériste mais aussi producteur d'Adagio, et de bon nombre d'autres groupes) qui s'est vaillamment chargé de la post-production et du mixage. Je dis vaillamment, car la qualité de son n'était pas toujours optimale, et l'abondance de pistes ne lui a pas non plus simplifié la tâche. Mais comme chacun a pu le constater, le bonhomme s'en est très bien tiré malgré tout !

Est-ce que toutes les compositions étaient déjà terminées avant de rentrer en studio ou est ce que vous vous êtes laisser une marge de manœuvre pour improviser quelques trucs ?

Avec la lenteur du processus d'enregistrement, il y a eu le temps pour plusieurs remaniements, mais je ne parlerai pas d'improvisations : il s'agissait plutôt de la réécriture de lignes déjà existantes, ou simplement de petites modifications personnelles proposées par certains interprètes.

Comment tu vois cette réalisation par rapport aux débuts du groupe ? Une (r)évolution ? Une étape… ? Une continuation…? Un début…?

C'est tout ça à la fois. :) Car même si la sortie au grand jour de ce CD annonce le début d'une ère nouvelle, avec pour la première fois la sensation encourageante de voir que tout cela plait à un public, il s'agit aussi d'une simple étape dans l'évolution de Qantice, auquel je compte donner un maximum de chances au cours des années à venir, quels que soient les obstacles sur la route et, comme tout le monde l'aura compris, quel que soit le temps que ça prendra.

Tu es totalement satisfait de "Cosmocinesy" où tu changerais quelques petits trucs avec du recul ? Lesquels ? Pourquoi ? Sans langue de bois, quels sont selon toi les points forts mais aussi les points faibles de ce disque ?

Les points forts, je pense qu'ils sont dans le travail effectué pour que chaque seconde de ce CD ait quelque chose à raconter. Rien n'y a été mis pour faire du remplissage. Tout y est sincèrement et entièrement tourné vers un seul but : faire rêver. De plus, les arrangements y sont suffisamment généreux pour que, paraît-il, cinquante écoutes ne suffisent pas à en faire le tour. Ce "voyage" a été bâti pour être effectué plus d'une fois et c'est quelque chose qui, à mes yeux, a de la valeur.
Ce que je changerais, ce serait certainement la qualité sonore des enregistrements, non qu'ils soient désastreux, mais pour une musique aux ambitions hollywoodiennes, rien n'est jamais trop grandiose. La section metal aurait pu être plus pêchue, et l'ensemble aurait pu être encore plus riche en instruments réels en remplacement des samples midi.
De la même façon, je sais que j'ai encore des progrès à faire côté guitare, qu'il s'agisse de son, de touché ou de technique. Bref, voilà autant de marges d'évolution possibles pour le prochain album ! :)

Vous avez fait le choix du chant anglais et vous vous en sortez plutôt bien. Pourquoi ce choix ? Est-ce que le chant en français est totalement exclu des futures compositions de Qantice ?

Les raisons de ce choix sont multiples : tout d'abord, qu'on s'en réjouisse ou non, c'est la langue comprise par le plus grand nombre de fans de métal sur terre. Et comme Qantice raconte une histoire, j'ai préféré ne pas en exclure d'emblée 95% des auditeurs. Ensuite, ce choix a également son petit impact commercial : il est avéré qu'en dehors de rares exceptions, les groupes non anglophones qui chantent dans leur langue maternelle ont moins d'ouvertures sur le plan international. Quant à savoir si le chant en français est exclu ou non à l'avenir, je ne serais pas définitif mais je pense que oui, d'une part pour les raisons que je viens d'évoquer, mais aussi parce qu'il paraîtrait incongru de changer de langue en cours de route. À la limite, puisque l'univers de Qantice est riche en peuplades étranges, il me paraîtrait plus sympathique d'enrichir les textes d'idiomes extraterrestres, à la manière dont Magma l'a fait en son temps. Reste juste à étoffer les langues en question, car pour le moment, elle ne se résument qu'à quelques mots...

En ce qui concerne les compos, comment ça se passe ? Tout le monde compose et vous fonctionnez en démocratie pour la direction artistique des morceaux ou il y a un tyran parmi vous ?

Avouons-le sans honte: Qantice est une authentique dictature. D'ailleurs, mes musiciens sont actuellement au fond d'une mine à récolter des minerais qui serviront bientôt à me payer mon quatrième jet privé. :) Enfin plus sérieusement, il faut savoir que même si je ne l'affiche pas à outrance, Qantice est plutôt, à la base, un projet solo comparable à Ayreon ou Avantasia. Et après avoir nourri cet univers de mes rêves les plus intimes pendant près de quinze ans, je suis évidemment un peu réticent à l'idée de déléguer ce qui en constitue l'identité même : la composition. Ceci dit, au cas par cas, des compromis et des évolutions sont toujours possibles, et à défaut d'être réellement démocrate, je vais m'efforcer d'être un bon roi... :) Quand aux aspects scéniques, ayant des idées bien moins arrêtées sur la question, je suis très à l'écoute de tout ce qu'on me propose...

Il y a pas mal de guest sur cet album. Comment se sont passées les rencontres avec eux ? Ont-il apporté des idées sur les morceaux ?

Ces rencontres se sont très bien passées car il ne s'agit que d'amis qui ont mis leurs divers talents au service de mes morceaux. Au niveau des idées, il s'agit là encore essentiellement de lignes directrices établies par moi, au moyen de synthés ou de séquences midi, puis adaptées par leurs soins. Mais loin de les voir résister à mes idées, j'ai pu constater qu'ils semblaient généralement amusés par les défis que représentaient mes mélodies aux gammes improbables. Ceci-dit, j'ai tout de même le souvenir d'une improvisation totale effectuée par John Lang au Ulean Pipe (cornemuse irlandaise) au milieu de l'instrumental de fin "The Least Worst Ending". Peut-être le seul moment de réelle liberté dans tout l'album. Hé hé :)

Un mot sur l'artwork. Qu'est ce qu'il représente exactement ? Qui s'en est chargé ?

Il s'agit du navire pirate "l'Alénias", stationnant aux abords des plateformes qui servent d'entrée à l'Empirion d'Ontreno. L'océan qu'il surplombe est constitué d'insectes qui bientôt s'agiteront au point de créer un raz-de-marée sur ledit territoire. Le graphiste qui s'en est chargé s'appelle Neil Maccormack, un Anglais vivant en Suisse. Une légère post production a ensuite été réalisée par ZeMial, graphiste belge. Le premier est un expert en 3D et le second est d'obédience plus classique, ce qui a permis un bon équilibre entre la perfection technique un peu froide de l'un et la touche plus artistique du second. Tout ça m'a couté une petite fortune, mais tel un George Lucas miniature, j'ai pu goûter au plaisir mégalomane d'avoir une équipe internationale au service de ma vision. :) D'ailleurs, voilà sans doute encore un avantage à l'option monarchiste : dans les groupes démocratiques, il semble que ce qui remporte le plus de voix pour les pochettes, ce soit toujours un personnage avec des ailes !
(Bon d'accord, j'exagère un peu et je retire ce que j'ai dit : jamais les membres de Qantice ne voteraient pour un ange ou un dragon. C'est d'ailleurs un des critères de leur recrutement! :) )

Comment ça se passe avec Brennus ? Comment s'est passée la rencontre ? Alain Ricard est bien gentil avec vous ? Il ne vous fait pas trop de misères ?

S'agissant de la rencontre, elle a bien failli ne pas avoir lieu. Je m'explique : un beau jour de l'année 2008, alors que je n'avais récolté que des réponses négatives ou des silences de la part des labels, je reçois un email de la part de Brennus me demandant en quelques lignes si j'avais réfléchi à sa proposition de contrat... Bref, j'ai vite compris qu'à cause d'un souci de serveur email, j'avais manqué un premier message, et que sans ce petit mot de relance, cet album n'aurait sans doute jamais été signé ! Comme quoi, tout cela tient à peu de choses...
Pour ce qui est des misères, je n'ai vraiment aucune plainte à formuler: Alain Ricard est une personne carrée, sérieuse, posée, agréable, et toujours prête à donner de son temps pour vous expliquer les choses, et tout ça sans pour autant se la jouer copain/copain. Bien sûr, il faut savoir que Brennus est un petit label qui n'a quasiment aucun moyen publicitaire pour promouvoir ses groupes. Son boulot, c'est simplement de diffuser l'album auprès des média spécialisés (webzines, magazines, radios...), et d'autre part, de le vendre à d'autres petits distributeurs à travers le monde, et cela, il le fait très bien!

Qu'attends tu de Qantice à court et long terme ?

Oh, il faudrait plutôt dire "Qu'est-ce que Qantice attend de moi ?". Ha ha ! Bon, d'accord la réalité est sans doute entre les deux. Je vais utiliser une comparaison un peu éculée, mais j'attends de Qantice ce que des parents attendent d'un enfant, à savoir qu'il grandisse, qu'il se porte de mieux en mieux, qu'il soit aimé – ou, au minimum, respecté – par le plus grand nombre... Bien sûr, comme tout créateur, j'attends aussi que les mérites de mon rejeton rejaillissent sur moi et qu'ils me procurent un bien être moral et matériel, bref, tout ce qu'on attend d'un "bon métier". Ceci dit, même avec un succès modéré, je pense que Qantice restera ma priorité car, comme je l'ai évoqué en début d'interview, je ne connais rien de plus exaltant que de forger de la musique. Étant incapable d'être mystique, Qantice est mon chemin de pèlerin, ma quête de transcendance, mon creuset alchimique, autrement dit un beau rêve qui donne un peu de couleur à mon existence de ver de terre.

Comment tu définirais un concert de Qantice ? Est-ce que des dates sont prévues afin de promouvoir ce disque ?

Hmmm, il faudra me reposer cette question au lendemain du premier concert, car il m'est encore impossible de savoir s'il sera magique ou pitoyable. Ce que je peux annoncer pour l'instant, c'est qu'il est prévu d'apporter un soin particulier à l'aspect visuel pour faciliter l'accès au rêve. Côté dates, je cherche à organiser quelque chose sur Paris au mois d'octobre prochain, mais il est encore trop tôt pour dire avec certitude si la chose se fera. Sinon, il y a de grandes chances qu'on nous voie à Geekopolis, un festival parisien qui aura lieu vers mars/avril 2011, ainsi qu'au Power Prog Metal Fest de Mons vers la même période. Pour ce dernier, j'invite d'ailleurs tous les fans de Qantice à envoyer un petit mot d'encouragement à l'organisateur. A l'heure de son choix, c'est le genre d'actions qui pourrait avoir du poids.

Que pensez-vous de la scène métal française ?

Pour être franc, je vis plutôt à l'écart du monde et j'ai donc une connaissance très incomplète de ce qui se passe sur la scène nationale. Ceci dit, il me semble qu'elle se porte plutôt bien, et s'il faut parler des groupes, je pense qu'il y a énormément de talents dans ce pays, en herbe ou confirmés. Pour l'anecdote, j'ai récemment été invité à faire le roadie pour Adagio sur leur tournée européenne en première partie de Kamelot, et je peux te garantir qu'ils n'ont rien à envier à ces derniers en matière de professionnalisme et de prestation scénique!

Est-ce qu'une autre réalisation (album, maxi, démo, compilation, split…) sortira bientôt ou dumoins est en cours de réflexion ? Toujours chez Brennus ? A quoi peut-on s'attendre ?

Parallèlement à la préparation des concerts, je travaille effectivement sur le second album. Il sera la suite directe de The Cosmocinesy, avec un certain nombre d'ingrédients communs, notamment l'aspect "merveilleux" des ambiances, mais aussi quelques évolutions avec une section métal plus puissante, et sans doute aussi un peu plus de folies néo-gothiques à la Danny Elfman car le sujet le demande...
Il y a bien entendu de fortes chances pour que cet album sorte à nouveau chez Brennus mais je sais aussi qu'Alain Ricard ne m'en voudra pas si je vais vers un label plus gros qui m'aura proposé un contrat plus avantageux. Enfin nous n'y sommes pas encore...
Sinon, en attendant, il est toujours possible de se procurer notre compilation "Qantice collector ou le best off du premier album dans sa mouture d'origine non remasterisée sans bonus mais en version intégrale !" ... Enfin pour faire plus simple, on a juste pris les initiales de ce titre traduit en Ukrainien et ça donne "The Cosmocinesy" :)

Ton meilleur souvenir au sein du groupe ? ...et le pire ? Oui, c'est ma question "people"…

Ça, c'est assez facile à trouver car à l'heure où je parle, le groupe ne s'est trouvé réuni qu'une seule fois (et encore, pas totalement au complet) : c'était pour une séance de dédicaces lors de la Japan Expo 2009 au nord de Paris. Et c'est un bon souvenir, car j'ai eu l'agréable surprise de voir tout ce petit monde très bien s'entendre. Et pour la première fois, Qantice commençait à prendre une forme plus humaine... S'agissant du pire, je pourrais évidemment me plaindre de la chaleur qui régnait ce même jour sous le dôme de ferraille du parc d'exposition, mais ce serait un peu exagéré... Non, pour le moment, j'avoue que rien de bien terrible ne nous est encore arrivé. Mais patience : rien de tel que nos futurs concerts pour multiplier les "chances" de connaître incidents techniques, défaillances humaines et autres crises de nerf. :)

S’il y a une question que je ne vous ai pas posée et à laquelle vous espériez fébrilement tant répondre…c’est à vous !

La question pourrait être "Au fait, j'ai vu qu'il existe aussi un roman extrait de l'histoire racontée sur ce premier album. Qu'en est-il de sa sortie ? As-tu d'autre projets atypiques de ce genre en prévision ?"
Et ma réponse: "Raaa, non. C'est la question que je craignais! A vrai dire, le roman est écrit mais je ne cesse d'en repousser sa publication, faute de temps et de quelques menus détails à régler... Voilà, c'est idiot, je sais. Quand à l'éventualité d'autre projets, pourquoi pas une BD un jour, ou même, soyons fous, un film d'animation ? En tout cas, d'une manière ou d'une autre, j'espère pouvoir développer le côté visuel de Qantice à l'avenir, et je suis ouvert à toutes propositions sérieuses dans le domaine..."

Un message pour les (millions de) lecteurs de Metal Sickness ?

Et bien tout d'abord, bravo à vous qui êtes allés au bout de cette interview et qui avez supporté héroïquement toutes mes tirades ampoulées. Je confirme que vous êtes de vrais malades, et donc d'authentiques Sickness Métalleux ! À ce titre, vous avez gagné le droit d'entendre quelques morceaux de Qantice (streaming gratuit sur les sites officiels et ailleurs...). Petit conseil de préparation : pendant l'écoute, faites-vous griller des côtelettes et des saucisses aux herbes avec la fenêtre bien fermée : vous verrez qu’avec la fumée, vous aurez vite l'impression d'entrer dans un univers mystérieux... mais un univers sympa où l'on fait des barbeuk ! C'est ça la magie de Qantice !

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