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Metal Sickness > Interviews > Interview du groupe de metal Mechanical Seed le 24/01/2012
Mechanical seed
Mechanical Seed
Propos tenus par Fab (chant), Tadz (basse) et Sam (batterie)
Interview réalisée par mail
Date : 24/01/2012
Chroniqueur : Mr Zède

Voir la fiche du groupe Mechanical Seed

Introduction

Mechanical Seed, c’est quatre garçons parisiens mais originaires de l’île de la Réunion. Après un premier EP en 2008 "Embrace The Chaos", les compères sont revenus, avec un petit changement de line-up, pour vous convertir. Alors non, "Lust and Glory" n’est pas un EP sur lequel vous allez pouvoir exécuter des danses folkloriques en buvant des cocktails aromatisés au rhum ! Du rhum peut-être, mais du costaud, ils ont troqué les colliers de fleurs et les ukulélés contre de gros instruments électriques et des claques dans ta gueule si ne tu pogotes pas ! 

Texte

Salut ! Originalité oblige, est ce que tu peux présenter le groupe, pour ceux qui ne connaissent pas encore Mechanical Seed ?

Tadz : Nous sommes un groupe de metal au sens large avec des influences trash, et un peu d’expérimental.

"Lust And Glory" est sorti il n’y a pas si longtemps. Dans l’état actuel des choses, avez-vous eu des retours des ventes ? Du public ? Des chroniques ?

Sam : Il y a de bon retour sur la vente des cds, le nombre de cd vendu n’est pas encore fixé mais les critiques dans l’ensemble sont plutôt bonnes.

Pourquoi ce nom de groupe, Mechanical Seed ?

Sam : Pour moi ça représente notre musique, le coté très mécanique de notre musique mais aussi la graine pour l’évolution du groupe, qui prend en maturité.

Fab : C’est la "graine mécanique", cela évoque le thème de l’évolution, de la mutation. L’élément biologique s’est accouplé à l’élément mécanique créant ainsi un monstre. Ce concept colle parfaitement à notre musique qui se veut hybride et évolutive.

Comment définirais-tu votre musique ? Quelles sont vos influences… ?

Tadz : Pour ma part, j’écoute beaucoup de choses. En metal j’aime bien la fusion et le hardcore pour le coté groove, mais également le death pour son ambiance extrême et unique. Notre musique reste du metal évidemment, mais on essaie de faire un truc à notre sauce, avec nos émotions.

Sam : Je pense que les influences de chacun sont assez différentes, perso je n’aime pas trop le death ou le blast, ça jamais été mon style de jeu. Mais ce qui est important est le mélange de chacun dans les compositions et qui donne cette originalité "Mechanical Seed".

Fab : C’est une musique basée sur des bons gros riffs, une certaine violence chaotique lié à une beauté malsaine.

L'alchimie de Mechanical Seed fonctionne plutôt bien. Comment vous êtes vous tous rencontrés ? Quels sont vos parcours musicaux ?

Tadz : Fab, c’est mon frère, et je connaissais les autres membres depuis un bon moment. Lorsque mes projets ont pris fin il y a environ 5 ans, j’ai rejoint le groupe naturellement. J’ai commencé par le rock à la batterie, à la guitare, puis le metal à la basse dans diverses formations. J’ai par la suite bossé plus sérieusement la basse avec un prof, étudié le jazz, dans le but d’élargir mes influences musicales.

Sam : On a monté pas mal de projet Fab et moi, déjà 13 ans de musique ensemble dans différentes formations, on s’est rencontré à l’île de la Réunion ou j’ai commencé la musique, un petit peu de gratte pour commencer avant de me mettre sérieusement à la batterie. Puis après quelques école de batterie à droite a gauche afin d’amélioré mon niveau et ma culture musicale. Le projet "Nomad" sur notre île est devenu Mechanical Seed dès notre arrivée sur Paris afin de concrétiser tout ça en famille.

Comment s'est passé l'enregistrement de ce disque ? Où est ça a été fait ? Combien de temps ça a pris ?

Tadz : Environ 8 mois de l’enregistrement au mastering. L’enregistrement a été fait par nos soins, au Studio Sainte Marthe et à la maison. Le mixage a été confié à Francis Caste et le Mastering à Ben Figgans au Studio Sonomax (Australie).

Sam : Beaucoup de groupes aujourd’hui font la prod eux-mêmes, on va dire qu’on a fait 40%. Le but était économique mais aussi d’avoir plusieurs écoutes et différentes personnes travaillant sur ce cd afin de donner une identité propre à celui-ci.

Un mot sur l’enregistrement ? Qui s’en est chargée ?

Tadz : Sam a tout enregistré. Je l’ai quand même aidé à faire ses prises batteries car tout seul c’est un peu chaud ! J’ai aussi enregistré quelques parties de chant pour Fab à la maison.

Sam : Il y a toujours une personne qui doit être au fourneau, quand c’est de l’auto-prod, avec le gros bouleau de record, il fallait trouver un son aussi pour ce nouvel album et cela devait se faire directement à la prise. Et il y a eu aussi le travail d’édition. Sans compter les différents lieux ou cela a été fait entre notre local à l’époque, la maison, le studio sainte marthe. Cet album ne s’est pas fait dans une seule pièce (rires) Heureusement que tadz était là pour me donner un coup de main.

Est-ce que toutes les compositions étaient déjà terminées avant de rentrer en studio ou est ce que vous vous êtes laisser une marge de manœuvre pour improviser quelques trucs ?

Tadz : Le plus gros a été fait en amont, on avait même déjà maquetté les titres. Cela n’a pas empêché d’apporter quelques arrangements de batterie, basse, guitare et chant ici et là. Mais les grilles principales étaient écrites.

Sam : Je dirais que le plus gros du travail a été le chant, car on pouvait avoir différentes version des titres, mais aussi la guitare pour ces nombreux arrangements.

Fab : Il est clair que l’enregistrement permet de trouver différentes couleurs à la musique et il faut juste choisir les bons éléments qui nous plaisent. Et pour le chant les possibilités étaient différentes selon les prises il a fallu choisir.

Comment tu vois cette réalisation par rapport aux débuts du groupe et à "Embrace The Chaos" ? Une (r)évolution ? Une étape… ? Une continuation…? Un début…?

Tadz : Il s’agit là d’un vrai travail de groupe contrairement à Embrace The Chaos. Tous les titres de Lust & Glory ont été bossés en répète tous ensemble à partir de riffs que Fab a apportés et que l’on a arrangés. Donc peut être pas une révolution, mais une étape importante franchie en tant que groupe.

Sam : Pour moi, c’est un peu une étape, une maturité du groupe qui prend forme avec de nouveaux membres qui s’intègrent réellement au projet maintenant et aussi une évolution.

Fab : Pour ma part c’est une nouvelle étape qui nous a permis de mieux définir la route que l’on veut suivre musicalement, de mieux digérer nos influences pour arriver à quelque chose de très personnel.

Tu es totalement satisfait de "Lust And Glory" où tu changerais quelques petits trucs avec du recul ? Lesquels ? Pourquoi ? Sans langue de bois, quels sont selon toi les points forts mais aussi les points faibles de ce disque ?

Tadz : Je suis assez content de ce disque. Il correspond bien à ce que l’on recherchait. Je ne suis pas du genre à revenir sur les choses une fois qu’elles sont réalisées. De toute façon on aura toujours un truc à dire, une critique à donner. C’est un peu cela qui nous permet d’avancer, de composer à nouveau… J’aime bien Le concept de Lust & Glory. Il est court, direct, on n’a pas trop le temps de s’en lasser, au contraire on en redemande ! Je préfère écouter un album metal de 7 bons titres à un disque qui en possède le double et dont j’en écoute que la moitié. Mais bon là c’est un peu mon avis…

Sam : Contrairement à "Embrace the Chaos" ce cd a été crée par chacun, et je suis assez fier du résultat, j’ai pas eu trop de galères au record concernant mes prises, j’en garde donc un bon souvenir. S’il y a des choses à changer ça sera sur le prochain album (rires) Les points forts pour moi sont l’originalité du cd, la production plutôt bien réalisée. En point négatif je dirais la longueur du cd un peu courte par le manque de titres. On peut rester sur sa faim ce qui peut être plutôt bien ou mal à vous d’en juger.

Fab : Dans l’ensemble, je suis satisfait du disque, que je trouve très cohérent avec cette montée en puissance de titre en titre qu’on a vraiment recherchée. Il est clair qu’il manque quelques autres titres, mais on a préféré mettre des bons titres et ne pas charger la mule inutilement. Les autres compos n’étant pas assez abouties. Mais cela motive pour continuer à écrire des nouveaux trucs en s’inspirant de ce qui est fait et évoluer, aller plus loin dans la recherche de composition.

Quels sont les sujets de vos textes dans "Lust And Glory" ?

Fab : Le titre de cet album m’est venu très rapidement lors de mon arrivée sur Paris en 2007. Cette ville chargée d’histoire, avec une âme artistique incroyable. Dégageant à la fois un côté sain et malsain, la fête, la drogue, la folie, la violence et la luxure. Et la gloire parce que Paris reste cet endroit mythique pour les provinciaux qui veulent réussir, qui fondent toute leur espérance en montant sur la capitale pour réaliser leurs rêves. A l’inverse les anges déchus pour qui les rêves se sont transformés en cauchemars. Chaque titre de l’album évoque un de ces thèmes. Le titre aurait pu être plus long en fait mais j’ai gardé les deux termes qui me semblaient les plus pertinents.

Est-ce que le chant en français est totalement exclu des futures compositions de Mechanical Seed ou est ce qu'il aura vocation à se développer ?

Fab : Le chant en français n’est pas du tout exclu, le but étant de réussir à le marier naturellement à notre musique. Mais rien n’est figé car nous aimons expérimenter pleins de trucs. On travaille actuellement sur un morceau qui marierait notre musique au rythme Maloya traditionnel de la Réunion. Peut être qu’il y aura même un texte en créole. Tout cela c’est à voir au rendu final si ça sonne, car le but ultime est que ça sonne !

En ce qui concerne les compos, comment ça se passe ? Tout le monde compose et vous fonctionnez en démocratie pour la direction artistique des morceaux ou il y a un tyran parmi vous ?

Tadz : Fab (chant) amène environ 3/4 riffs de guitare pour un titre, et on arrange à partir de là. Pierrot (guitare) les arrange à sa sauce, Sam (batterie) et moi on apporte la mise en place rythmique. J’essaie de composer des trucs à la maison en ce moment en prenant soin de donner davantage d’importance au rôle de la basse ce qui est rare dans le metal actuel. On a trop tendance à mettre la batterie avec un gros riff de guitare en avant, la basse en arrière uniquement pour accompagner, je n’aime pas trop ça !

Sam : C’est un mélange de tout le monde, pour que chacun prenne du plaisir aussi à jouer ses titres en live. Je suis plutôt du coté rythmique et arrangement, donc plusieurs idées prennent naissance avant que cela plaise à tout le monde.

Un mot sur l'artwork. Qui s'en est chargé ?

Sam : c’est un tableau à la base réaliser par mon père (histoire que ça reste dans la famille – rires) que tout le monde trouver cool apportant un univers abstrait et obscur qui représente un peu notre musique.

Qu'attends tu de Mechanical Seed à court et long terme ?

Tadz : Donner des concerts, c’est là qu’on s’éclate réellement. Trouver des plans à l’étranger, Une agence de booking serait pas mal non plus car cela devient un peu difficile de tout gérer en dehors de la musique au bout d’un moment. On aimerait vraiment toucher plus de personnes, franchir une nouvelle étape avec "Lust & Glory".

Sam : Faire un maximum de concerts, c’est là que Mechanical Seed prend toute son ampleur sur scène, On fait avant tout une musique de live et partager notre plaisir à jouer avec les gens qui nous écoute en espérant que l’on dépasse les frontières françaises.

Comment tu définirais un concert de Mechanical Seed ? Est-ce que des dates sont prévues pour bientôt ?

Tadz : C’est le Chaos ! Sam : C’est un Redbull ! Si il y pas de transpiration à la fin c’est que l’on a mal joué. Fab : C’est une grosse énergie à partager avec le public afin de le faire voyager dans notre univers.

Que pensez-vous de la scène française qui fait du bruit ?

Tadz : En metal, même si je n’aime pas tout, je trouve qu’il y a pas mal de bons groupes créatifs, qui se bougent, et qui sont prêts à tout. C’est encourageant pour la scène française et cela ouvre des portes. Mais pour ma part je trouve que certains manquent trop d’honnêteté dans leur démarche. J’ai l’impression que depuis l’explosion des réseaux internet, beaucoup se contente de monter un groupe pour faire bien et pour être diffusé sur le net. Je ne dis pas qu’il faut négliger cet aspect du visuel mais je pense qu’il faut trouver un juste milieu, éviter d’en faire de trop. On joue de la musique pour s’éclater, extérioriser nos émotions, nos sentiments, pour partager quelque chose avec le public avant tout, il ne faut pas l’oublier…

Sam : Pour moi la scène française est mince, et éprouve des difficultés à s’exporter à l’étranger.

Fab : je trouve que la scène française métal est très riche, avec de très bons groupes, je préfère les groupes qui expérimentent aux groupes de hardcore. En tournée on a rencontré de nombreux groupes très intéressant et c’est très inspirant.

Est-ce qu'une autre réalisation (album, maxi, démo, compilation, split…) sortira bientôt ou du moins est en cours de réflexion ?

Tadz : Non, pour le moment on veut défendre cet album sur scène. Chaque chose en son temps.

Sam : Je ne parlerai pas d’album mais un clip est en cours de production pour le premier semestre 2012.

Fab : Pas d’album de prévu, mais on va promouvoir ce nouvel album, on continue de composer tranquillement pour affiner le set sur scène. On va surtout travailler notre aspect scénique.

Ton meilleur souvenir au sein du groupe ? ...et le pire ? Oui, c'est ma question "people"…

Tadz : Je me souviens d’un concert à Lille. Un petit bar mais avec une grosse ambiance. J’étais éclaté ce jour là mais la soirée était bonne. Et notre gratteux à l’époque qui avait un peu trop bu n’a pas cessé de vomir au retour. Du coup j’ai passé mon temps à m’arrêter sur les aires d’autoroutes. Mais quand j’y repense ça me fait bien marrer ! Sinon le pire, c’est un concert dans le nord devant 3 personnes alors que le même soir Dying Fetus donnait un concert près de chez moi que je n’ai pas pu aller voir du coup ! J’étais dégouté !

Sam : Pour moi, c’était un concert à Reims où cette fois c’était à l’époque ou l’on avait deux gratteux dont un norvégien qui buvait comme un trou. On a fait un concert où il été explosé avant même de monter sur scène ça ma bien fait marré, et l’ambiance au retour dans le camion était bien chaude. Et le pire c’était un concert ou l’on a eu que des problèmes techniques avec une mauvaise ambiance et un stress au sein du groupe qui a donné un concert bien pourri.

S’il y a une question que je ne vous ai pas posée et à laquelle vous espériez fébrilement tant répondre…c’est à vous !

Sam : Est-ce que tu passeras nous voir en concert ? (Oui ! - Ndr)

Un message pour les (millions de) lecteurs de Metal Sickness ?

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