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Salut ! Originalité oblige, est ce que tu peux présenter le groupe, pour ceux qui ne connaissent pas encore Lethal Mind ?
Lionel : Hello ! Lethal Mind est un groupe de metal parisien formé en 2003, actuellement constitué de Mathieu au chant, de Cédric et Chee aux guitares, de Rachid à la batterie et de moi-même, Lionel, à la basse. Nous avons sorti une démo en 2006, et là nous venons juste de réaliser notre premier EP, qui s'appelle When Logic Fails et dont vous allez beaucoup entendre parler, du moins on l'espère !
"When Logic Fails" vient tout juste de sortir. Comment vous sentez vous ? Avez-vous eu des retours des ventes ? Du public ?
Lionel : Soulagé, personnellement ! Ca fait du bien de pouvoir dormir plus de 5 heures par nuit !
Nan bon, à part ça on a pas eu énormément de retours pour le moment, vu que la promo commence juste et qu'on n'a pas encore repris les concerts. Du coup on a surtout les avis de nos potes, et ça a l'air de leur plaire... mais bon, peut-être qu'en fait ils trouvent ça à chier et qu'ils osent pas nous le dire !
Mathieu : C'est toujours un événement de sortir une production personnelle. En ce qui me concerne je suis très enthousiaste et agréablement surpris des premiers retours que nous obtenons. Pourvu que ça dure.
Pourquoi ce nom de groupe, "Lethal Mind" ?
Lionel : En fait c'est notre premier chanteur qui a trouvé ce nom, et sur le coup on ne s'est vraiment pas posé de questions existentielles sur la signification que ça pouvait avoir, on s'est juste dit que ça sonnait bien ! Mais en y repensant, ça reflète pas mal les thèmes qu'on aborde dans nos morceaux, qui tournent souvent autour des côtés destructeurs ou néfastes de l'esprit humain... donc quelque part, ça tombe bien, mais on a vraiment pas fait exprès !
Comment définirais-tu votre musique. On sent qu'il y a une multitude de styles divers du thrash au heavy…
Lionel : J'aurais bien envie de te dire que pour simplifier, on fait du Heavy Metal, mais bon après y'en a qui vont nous demander où sont passés nos bracelets cloutés et nos futes en cuir ! Plus sérieusement, je pense que notre démarche consiste justement à éviter le plus possible de nous enfermer dans un style préexistant. On écoute tous des trucs assez différents dans le groupe, que ça soit du thrash, du heavy, du death, du prog ou bien d'autres choses encore, et toutes ces influences se retrouvent assez naturellement dans notre musique. Après, on fait les choses à notre sauce et le résultat est ce qu'il est ! Mais du coup, les gens ont parfois du mal à nous classer quelque part. Pour te donner une idée, on nous a déjà comparés à Gamma Ray ou Impellitteri d'un côté, et de l'autre on nous a déjà qualifiés de death technique, donc...
L'alchimie de Lethal Mind fonctionne plutôt bien. Comment vous êtes vous tous rencontrés ? Quelle sont vos parcours musicaux ?
Mathieu : En ce qui me concerne je suis arrivé dans le groupe il y a 4 ans après avoir vadrouillé musicalement à droite à gauche quand j'étais à Grenoble. Lethal Mind existait déjà depuis 2 ans et ils cherchaient un chanteur. Après avoir passé l'audition j'ai été pris.
Lionel : On s’est quasiment tous rencontrés au fil des auditions, sauf pour Rachid qu’on connaissait déjà parce qu’il avait joué dans l’ancien groupe de Judicaël, et Chee qui était venu nous voir quelques fois en concert.
Vous avez quelques side-projects comme Corrosive Elements ou Utopia. Quelle est leur place par rapport à Lethal Mind ?
Rachid : Je n’ai été que musicien de session pour Utopia, tandis que Corrosive Elements est mon groupe principal, mon bébé quoi, quant à Lionel, pour lui c’est un side project, et Lethal Mind est son bébé ! C’est aussi simple que ça !
Comment s'est passé l'enregistrement de ce disque ? Où est ça a été fait ? Combien de temps ça a pris ?
Lionel : On a bossé dans plusieurs endroits différents histoire de réduire les coûts tout en essayant d'avoir un bon rendu. La batterie a été faite chez François " Francesco " Ugarte de Pitbulls In The Nursery, le chant a été fait au White Wasteland Studio (chez Emmanuel Rousseau de Lyr Drowning), les grattes et la basse ont été faites chez nous, et j'ai fait le mix et le mastering chez moi. Tout ça s'est déroulé entre mai et novembre 2008, soit près de 6 mois pour 5 titres... le moins qu'on puisse dire, c'est qu'on a vraiment pris notre temps !
Un mot sur la production de l'album ? Comment ça s'est passé ? Qui s'en est chargée ?
Lionel : C'est moi qui m'y suis collé ! La prod' est un domaine qui m'intéresse beaucoup, et je venais de finir le mix et le mastering de Corrosive donc j'étais sur ma lancée. Et vu que j'avais également fait le son de la démo, j'avais une petite idée du résultat que je voulais obtenir, puis Rachid et Manu (de Lyr Dro) m'ont pas mal conseillé. Après, naturellement, j'ai eu tout un tas de surprises (plutôt mauvaises que bonnes) en essayant de mettre tout ça en pratique, mais bon... c'est les aléas du métier !
Est-ce qu'à l'avenir vous continuerez en autoprod' ?
Lionel : Ca dépend de ce que tu entends par " autoprod' ". Si tu parles du financement et de l'exploitation des disques, j'espère bien que non, mais on verra bien ce que l'avenir nous réserve ! Si tu parles de la production au sens " musical " du terme, on n'a rien décidé pour l'instant. Je ne suis pas un ingé son professionnel et il y a des types qui font ça bien mieux que moi, c'est clair, mais il faut voir combien ça peut coûter. Car à partir du moment où tu fais le choix de tout réaliser dans un studio pro digne de ce nom, ça chiffre très très vite...
Comment tu vois cette réalisation par rapport aux débuts du groupe ? Une (r)évolution ? Une étape… ? Une continuation…? Un début…?
Lionel : Je dirais que ça reflète assez bien la progression du groupe depuis A Thousand Voices, aussi bien sur le plan technique que sur l'intensité et le caractère des morceaux. Après, j'espère bien que ce n'est qu'une étape !
Mathieu : Oui c'est une étape. Le son a évolué, les morceaux aussi, on se lâche plus dans l'ensemble. Il y a également plus de feeling dans le jeu global. Je suis assez content qu'on en arrive là.
Tu es totalement satisfait de "When Logic Fails" où tu changerais quelques petits trucs avec du reculs ? Lesquels ? Pourquoi ?
Lionel : Dans l'ensemble, je pense qu'on s'est suffisamment pris la tête sur les morceaux pour ne rien avoir à regretter, et à mon avis on a vraiment fait de notre mieux compte tenu des conditions et de notre expérience. Après, c'est pas pour ça que tout est nickel : typiquement, je suis pas hyper satisfait du mastering et je pense que si je devais le refaire aujourd'hui, ça sonnerait quand même mieux ! Mais c'est pas une mauvaise chose je trouve, ça veut dire qu'on a encore une marge de progression...
Mathieu : En ce qui me concerne je virerais la basse. Sert à rien cet instrument.
Avez-vous eu des contacts avec des labels ? Est-ce un projet pour vous ? Si oui, lesquels ?
Lionel : Pas encore, mais je pense qu'avec le EP ça va venir. On en a fait presser 500, du coup on devrait avoir de quoi faire pour démarcher... Après, je ne me leurre pas, je sais bien que de plus en plus de groupes débarquent avec des albums complets et réalisés de façon 100% pro, donc je ne m'attends pas à signer chez Nuclear Blast dans 3 mois ! Mais si on arrive à trouver quelque chose qui nous permette de faire évoluer le groupe de façon plus professionnelle et de nous soulager d'une partie du travail de promotion et de distribution, on est preneurs...
Mathieu : Déjà déléguer le management nous permettrait d'être plus concentrés sur la partie artistique. Après c'est clair qu'un label ce serait top mais je pense qu'il faut pas trop se précipiter et avoir un nom bien connu d'abord.
Quels sont les sujets de vos textes ?
Lionel : Comme je te disais tout à l'heure ça parle souvent des côtés néfastes voire destructeurs de l'esprit humain, des conséquences de notre façon de penser qui est parfois bien tirée par les cheveux ! Après, ça couvre pas mal de thèmes différents. Par exemple, " When Logic Fails " évoque l'obscurantisme, la manipulation des croyances religieuses et toutes les contradictions et absurdités qui en découlent, alors que " Confined " parle de s’enfermer dans ses rêves, de s’imaginer vivre des trucs énormes qui sont en fait complètement illusoires…
Vous avez fait le choix du chant anglais et vous vous en sortez plutôt bien. Est-ce que les textes de Lethal Mind auront vocation à être aussi en français dans le futur ?
Lionel : Merci ! Je ne pense pas qu'on ait vocation à faire des textes en français... imagine un morceau nommé " Un Mur De Silence " dans lequel Mathieu chanterait " Si claire était ma vue – j'avais servi une mauvaise caaaaaaaauuuuuse ! "
En ce qui concerne les compos, comment ça se passe ? Tout le monde compose et vous fonctionnez en démocratie pour la direction artistique des morceaux ou il y a un tyran parmi vous ?
Mathieu : Le tyran s'appelle Lionel, il compose des trucs de plus en plus compliqués et nous on doit suivre !
Non, dans l'ensemble Lionel compose, les guitaristes apportent leur touche perso sur les solos et en ce qui me concerne je cale un peu mon chant selon certaines idées mais avec mon feeling perso sur le dosage du grain, la hauteur, l'intensité... De temps à autres je donne une petite idée sur les textes ou j'en écris mais c'est pas mon activité principale.
Lionel : Merde je suis grillé maintenant ! Plus sérieusement, j’amène généralement les structures et les riffs et j’enregistre rapidement les grattes avec une batterie programmée vite fait histoire qu’on ait tous très vite une idée du rendu. A partir de là, Rachid arrange toutes ses parties de batterie, et je finalise mes lignes de basse en fonction de ce qu’il fait pour avoir la meilleure cohésion possible. Et pour ce qui est du chant, on fait ça à 2 comme Mathieu l’a expliqué.
Un mot sur l'artwork. Qui s'en est chargé ?
Lionel : C'est surtout Cédric. Il fait beaucoup de photo, et la plupart des visuels qu'on a utilisés proviennent d'une de ses sessions. La pochette est en grande partie de lui, et la mise en page du livret a été réalisée par lui, Judicaël et moi. Enfin, pour ce qui est des photos du groupe, c'est Liora Dadon (www.liora-dadon.com) qui les a prises.
Qu'attends tu de Lethal Mind à court et long terme ?
Rachid : aller le plus loin possible et conquérir de nouvelles frontières… et surtout s’amuser un max !
Mathieu : Gagner du pognon, m'acheter une maison aux USA, faire enregistrer mes disques par Rick Rubin, avoir des groupies partout sur le globe et que Nuclear Blast nous demande des chansons bonus pour le japon qui se retrouveront piratées sur Internet. Banal quoi.
Comment tu définirais un concert de Lethal Mind ? Est-ce que des dates sont prévues afin de promouvoir ce disque ?
Mathieu : Un concert de Lethal Mind c'est avant tout un moment où on se donne à 100%. On transmet toute notre énergie, on s'éclate et on vit cette expérience. C'est toujours beaucoup de bonheur et un peu de stress il faut le reconnaître. Merci au public.
Lionel : Pour moi c’est toujours quelque chose d’intense, et j’espère que c’est partagé ! Après, je ne te cache pas que c’est parfois un numéro d’équilibriste de jouer certains passages un peu techniques sur scène… mais bon, on travaille dur pour y arriver ! D’ailleurs on a déjà deux dates de prévues : une sur Paris le 25 mars au Klub, et une à Conflans le 4 avril, organisée par Esprit Rock. Ces types se sont beaucoup bougé le cul pour nous faire jouer régulièrement, et ils ont investi un paquet de thunes pour pouvoir proposer des conditions vraiment nickel aux groupes, c’est assez rare pour être souligné !
Que pensez-vous de la scène métal française ?
Lionel : Je pense qu'elle est de plus en plus pro, que la qualité a énormément progressé au cours de la dernière décennie et c'est tant mieux ! Après, ça dépend des styles... j'ai l'impression qu'en France, on est plutôt doués pour les genres assez extrêmes. Le nombre d'excellents groupes de death qu'on a dans notre pays, ça me fait toujours halluciner ! Cela dit, j'ai aussi l'impression que le public metal en France – ou du moins le public de passionnés prêts à se bouger – n'est pas très nombreux par rapport au nombre de groupes. Je ne sais pas si c'est pareil dans d'autres pays, mais c'est une difficulté non négligeable...
Penses-tu qu'avec ce disque, Lethal Mind puisse avoir vocation à pointer le bout de son nez au sein de la scène française ?
Lionel : Avec l’EP, je ne sais pas trop. Je le vois plus comme un moyen de découvrir Lethal Mind que comme un véritable aboutissement, nous avons d'autres projets de prévus ! Mais ce qui est sûr, c'est que j'espère sincèrement que Lethal Mind a une place à se faire au sein de la scène française. C'est une des choses qui me tiennent le plus à coeur. Après, c'est clair qu'il nous faudra beaucoup de persévérance pour y parvenir. Nous verrons bien ce qu'il en sera !
Est-ce qu'une autre réalisation (album, maxi, démo, compilation, split…) sortira bientôt ou du moins est en cours de réflexion ? A quoi peut-on s'attendre ?
Lionel : En effet ! Pour nous, l’EP n'est qu'une étape, et notre objectif est effectivement d'enregistrer un véritable album. Je serais bien incapable de te donner une date pour le moment, mais on n'enregistrera certainement pas avant 2010, vu qu'actuellement on cherche plutôt à tourner et à promouvoir l’EP. Côté contenu, on a commencé à y réfléchir, et on a pas mal d'idées mais encore très peu de certitudes. Tout ce que je sais, c'est qu'il devrait y avoir de nouveaux titres plus variés, plus riches en ambiances et moins denses que les morceaux de l’EP. Pour le reste... on est impatients d'en savoir plus nous-mêmes !
Ton meilleur souvenir au sein du groupe ? ...et le pire ? Oui, c'est ma question "people"…
Rachid : en ce qui me concerne, mon meilleur souvenir au sein du groupe c’est mon premier concert avec Lethal Mind au Raismes Fest ! Que du bonheur depuis !
Lionel : Ouaip, le Raismes Fest c’était vraiment ultime comme expérience !
S’il y a une question que je ne vous ai pas posée et à laquelle vous espériez fébrilement tant répondre…c’est à vous !
Mathieu : Oui, nous rééditerons sans problème notre première démo pour nos 40 ans de carrière.
Un message pour les (millions de) lecteurs de Metal Sickness ?
Mathieu : Merci à tous du soutien et continuez d'écouter de la bonne musique.
Lionel : Merci de nous avoir lus, et n’hésitez pas à venir nous voir si on passe près de chez vous ! Let The Metal Flow !









