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Metal Sickness > Interviews > Interview du groupe de metal Leprous le 25/11/2011
Leprous
Leprous
Propos tenus par Leprous
Interview réalisée à Toulouse
Date : 25/11/2011
Chroniqueur : Marge

Voir la fiche du groupe Leprous

Introduction

Avant leur concert à Toulouse, les petits génies de Leprous au quasi complet nous ont reçu dans leur loge, pour une interview / discussion fort agréable qu’il a été bien difficile de mettre en ordre. Enjoy !

Texte

Alors, comment se passe la tournée jusqu’ici ?

Einar Solberg : Très bien. C’est vraiment cool d’avoir des concerts avec de nouveaux morceaux, et de les jouer devant de nouvelles personnes. C’est une très bonne manière de promouvoir l’album.

C’est chouette de ne pas être prévisible - Einar Solberg

C’est la seconde fois que vous jouez ici, au Phare, vous étiez à Lyon hier c’est ça ? C’était comment ?

Einar Solberg : C’était déjà super l’an dernier et c’était super cette fois encore. De manière générale on est toujours satisfait de jouer en France. Très bon public, et très bonne nourriture.

Parlons un peu de votre nouvel album. Avant tout, une question sur l’artwork…pourquoi ?? (rires)

Einar Solberg : Exactement pour ça ! (rires)

Vous dites sur votre site internet qu’il crie "rock prog", mais il crie aussi "on est bizarres, et on veut que vous vous demandiez pourquoi !"

Einar Solberg : C’est chouette de ne pas être prévisible. Quand on voit la pochette on peut s’attendre à quelque chose d’old school, de 70’s. Je ne vois pas l’intérêt de suivre les codes des genres.
Nous ne sommes pas un groupe de metal typique, d’aucune manière, tu peux déjà le voir à nos look (rires), pas non plus un groupe typique de prog…

Justement quelle serait votre définition de la musique progressive ? Parce que de nos jours, chaque fois qu’un groupe est un peu original, ou bizarre, on le qualifie de prog

Einar Solberg : Un groupe prog est pour moi un groupe qui ose briser les barrières. Un groupe qui progresse, littéralement. Le terme de metal progressif à été totalement épuisé. Le groupe de prog typique est basé sur le style Dream Theater, jouer beaucoup de soli un peu guindés sur des modèles signatures, des voix haut perchées, ce qui je pense n’a rien à voir avec la musique progressive. Je pense que la musique progressive est une musique qui…progresse. Qui va quelque part.

Lire des bonnes critiques est toujours agréable - Einar Solberg

Quand vous avez commencé l’enregistrement de "Bilateral", vous saviez exactement où vous vouliez aller ?

Tobias Ørnes Andersen : Je pense qu’on avait une image assez claire de ça oui.

Einar Solberg : J’allais dire totalement l’inverse (rires). Mais lui et moi sommes très différents. Il a besoin d’avoir les idées plus claires que moi

Dans quel ordre vous enregistrez ? Tu rajoutes tes lignes vocales à la fin ?

Einar Solberg : Oui. Souvent les choses sont déjà finies ou du moins très planifiées, donc on rajoute ça une fois que c’est fait, c’est une bonne manière d’économiser de l’argent en studio ! Mais l’album a mis tellement de temps à ce faire, c’est pour ça que je voulais dire qu’au final, il a sonné très différemment que l’idée de départ.

Quand "Tall Poppy Syndrome" est sorti, vous aviez déjà commencé la composition du suivant ?

Einar Solberg : Oui, on a commencé à écrire juste après sa sortie. Je pense que c’est bien de terminer quelque chose avant de se concentrer sur la suivante. Je ne suis pas très bon pour faire beaucoup de choses à la fois.

Quand un album sort, est ce qu’il devient instantanément quelque chose qui appartient au passé ? Vous continuez à l’écouter par exemple ?

Tout le monde : Non !

Einar Solberg : Je l’écoute beaucoup au moment de l’enregistrement. Mais c’est ensuite impossible de l’écouter de manière objective, ou en l’appréciant vraiment quand on y a passé tellement de temps. Donc la partie agréable est alors de lire les reviews.
Mais il devient très difficile à partir d’un certain moment de juger ce qu’on vient de faire, que se soit bien ou pas.

La façon dont je suis sur scène est vraiment complètement différente de la manière dont je suis dans ma vie - Einar Solberg

Tu dis que vous lisez les chroniques…est ce que ça vous touche, ou même vous influence d’une certaine manière ?

Einar Solberg : Non…pas si ce n'est pas bon ! (rires). On lit parfois des critiques qui ont un sens, mais ce sont parfois simplement des opinions personnelles. C’est toujours sympa à lire mais si quelqu’un dit « c’est trop prog à mon goût », ça ne mène nulle part.

Rein Blomquist : Lire des bonnes critiques est toujours agréable, surtout quand c’est constructif.

Mais vous n’avez pas eu de mauvaises critiques, si ?

Einar Solberg : Moi et le gars malade dans le bus (un des guitaristes Tor Oddmund Suhrke - Ndr Marge) on s’amuse à faire des tableaux de statistiques. Et il y a seulement 20 % de critiques pas terribles. Je m’attendais à avoir tellement plus de retours négatifs, je pensais vraiment que ça serait un album qui ne plairait pas à tout le monde.

Vous êtes tous très jeunes, et on peut être surpris car il y a un vrai décalage entre votre jeunesse et votre créativité…vous avez été élevé dans un environnement musical ou…comment vous expliquez ça ? (rires)

Einar Solberg : Certains d’entre nous…J’ai été élevé dans une famille qui a toujours fait de la musique.

Rein Blomquist : Je n’ai pas été dans une famille qui faisait de la musique, à part mon oncle. Mais ma famille a toujours écouté pas mal de musique.

Tobias Ørnes Andersen : Non plus. Mon père a joué un peu de violon. Mais c’est pareil, si tu aimes déjà écouter de la musique c’est déjà bien.

Einar Solberg : Pour répondre plus précisément sur notre jeunesse, je pense qu’il est plus facile de faire de la bonne musique, parce que tu es peut-être un peu plus…frais et essayes de faire aussi bien que tu peux quand des personnes plus âgées sont peut-être plus dans une routine. C’est vraiment là que je ne veux pas aller, devenir un groupe routinier. Toujours essayer de nouvelles choses dans lesquelles tu peux être meilleur.

Je pense que je ne me suis jamais senti aussi préparé avant des concerts - Einar Solberg

Vous pensez que le fait de vivre ne Norvège vous a aidé/vous aide ?

Einar Solberg : Oui, absolument, on a une bonne culture concernant les musiciens. Il y a beaucoup d’opportunités, grâce à des aides gouvernementales, que se soient pour des études musicales ou les concerts, donc oui, la Norvège est vraiment bien pour ça. Je pense que ça explique pourquoi nous sommes si nombreux, ce n’est pas parce que nous sommes plus talentueux !

Comment vous répétez, et pratiquer vos instruments ?

Einar Solberg : Nous sommes assez indépendants dans le groupe. Personnellement je répète très rarement concernant le chant et le clavier mais je donne moi-même des cours de chant, je répète donc en quelque sorte tous les jours les techniques etc. Tobias est beaucoup plus structuré ! Ca n’a jamais été mon cas.
Pour cette tournée, on a cependant répété pas mal, plus que d’habitude, trois fois par semaines pendant deux mois dans les conditions du concert, pour rendre les choses le plus réaliste possible, dans les conditions du live. Je pense que je ne me suis jamais senti aussi préparé avant des concerts.

Bon et bien on verra ça sur scène alors (rires). Ca sera la première fois que je vous vois, j’ai seulement vu des vidéos de concerts sur le net, où vous êtes d’ailleurs très présent, avec un blog, beaucoup de vidéos…

Einar Solberg : (rires) Oui, si tu nous voyais tous les jours on est toujours (il fait signe d’être concentré sur un écran d’ordinateur). Oui on essaye d’être le plus présent possible pour les fans, avec un vrai échange, je pense que c’est important se ressentir cette forte connexion

Quelles émotions ou sentiments vous voulez transmettre à votre public ? Je pense que votre musique a un aspect très émotionnel mais on peut difficilement isoler un sentiment particulier.

Einar Solberg : Oui, ça va vraiment dépendre de la chanson. On a un coté mélancolique je pense, mais aussi agressif. On ne veut pas en tout cas forcer nos émotions mais c’est vraiment bien si les gens qui nous écoutent sont touchés ou émus. Je ne pense pas qu’il y ait une émotion en particulier qui se dégage à l’écoute de notre musique, c’est plutôt à propos de la vie de tous les jours et ses crises.
Notre musique est plutôt sombre, mais nous ne sommes pas des personnes particulièrement tristes, on est des gens heureux (rires). Bien sûr, on a aussi nos moments down, on n’est pas contents 24/24h. Je ne dirai pas que notre musique nous reflète en tant que personne si tu vois ce que je veux dire, tu le verras sur scène, ca tient beaucoup du théâtre d’une certaine manière. La façon dont je suis sur scène est vraiment complètement différente de la manière dont je suis dans ma vie.

C’est vraiment là que je ne veux pas aller, devenir un groupe routinier - Einar Solberg

Tu dois d’ailleurs être complètement épuisé après un concert non ? C’est assez impressionnant de voir comment tu headbangues, je ne sais pas comment tu fais ça !

Einar Solberg : (rires) Tout est dans l’entrainement. On répète beaucoup ! Plus sérieusement, je fais pas mal d’exercices et de sport, je cours pas mal. Pas ces derniers jours parce qu’on a plein de choses à faire mais on se maintient en forme.

Avez-vous appris beaucoup d’Ihsahn ?

Einar Solberg : Et bien c’est aussi individuel. Personnellement oui bien sur, parce qu’on est très proches, il fait partie de ma famille et est marié à ma sœur, je ne faisais même pas de musique avant de le rencontrer. Nous avons beaucoup appris de lui en studio, durant les sessions d’enregistrement.
Quand nous avons commencé à jouer avec lui, nous sommes rapidement devenu un meilleur groupe live, on a dû se structurer davantage, ça nous a obligé à nous améliorer, à devenir plus professionnel. Ca nous a également ouvert plein d’opportunité.
Par exemple, on va jouer au Japon, et je ne pense pas que nous aurions pu si on n’avait pas joué avec lui. On va enchainer les concerts avec Leprous et avec Ihsahn, ce qui va être plutôt épuisant. Pour moi peut-être moins parce que je joue un son toutes les 10 minutes (rires)

Si vous deviez décrire votre nouvel album a quelqu’un qui ne vous connaît pas ? Je sais que c’est une question un peu bateau mais essayez !

Einar Solberg : Ok. L’album "Bilateral" est euh…(gros silence)

Ok (rires)

Einar Solberg : …Euh du rock catchy et progressif. Et metal. Complexe mais entrainant à mon avis, qui peut piéger les gens en leur faisant écouter du prog (rires). C’est toujours dur de répondre.

Et vos trois chansons préférées sur l’album ? À jouer peut-être ?

Einar Solberg : Hum, je dirai "Forced Entry", "Thorn, Waste Of Air" peut-être, et "Restless".

Rein Blomquist : Pour moi, basé sur le live, je dirai Waste of Air, la plus agressive qui fonctionne bien en concert.

Ok, je pense qu’on a fini, quelque chose à rajouter ?

Rein Blomquist : C’est super d’être de retour en France, et écoutez notre musique !

Einar Solberg : Donnez-nous une raison de revenir !

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