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Vous savez quoi ? Blind Gaurdian fête ses 25 ans cette année. Comme ce sont des mecs cools et qu'ils aiment leur public, ils nous ont pondu une anthologie de folie, reprenant leurs chansons les plus emblématiques réenregistrées et réarrangées pour l'occasion. Hansi Kürsch a bien voulu poser son micro quelques instants le temps de répondre a nos questions.
Bonjour et merci de répondre à mes questions. "Memories Of A Time To Come" sort bientôt. Après 25 ans de carrière et plus de 10 albums, j'imagine qu'il vous a été difficile de choisir quelles chansons mettre dans cette anthologie. Comment les avez-vous choisies ?
Ça a en effet été plus difficile qu'on le pensait. Au bout d'un moment, on s'est retrouvés avec quatre raisons de choisir une chanson. Première raison : la chanson est très importante pour une majorité de nos fans, comme "Valhalla", deuxième raison : la chanson définit parfaitement le groupe, comme "Mirror Mirror", troisième raison : la chanson a été très importante pour notre progression, comme "Somewhere Far Beyond" ou "Follow The Blind" et enfin, chaque album devait être représenté, ce qui était une bonne raison d'avoir "Majesty" ici. Dans le cas idéal, les chansons choisies couvraient toutes ces raisons, c'est le cas de "The Bard's Song".

Le remixage de pistes piochées dans neuf albums différents est bien plus exigeant que le mixage d'un album studio classique - Hansi Kürsch
Comment avez vous décidé de quelles chansons remixer, réenregistrer ou laisser en version originale ?
Il nous fallait un concept, une idée raisonnable pour réenregistrer une chanson. On avait l'idée de faire une version plus vivante de "And Then There Was Silence", ce qu'on a fait sur la version définitive. Bien sûr, la plupart du temps d'enregistrement a été réservé pour celle là. Quand on a fait "Valhalla", on avait un remake classique en tête, avec les mêmes protagonistes, dont Kai Hansen, qui a réussi à trouver du temps pour nous aider, encore.
Combien de temps tout cela vous a-t-il pris ?
En tout et pour tout, on a bien dû y passer plus de trois mois. On n'a pas fait ça d'un seul coup, mais on y passait le temps libre qu'on avait entre deux tournées et la promo de "At The Edge Of Time". Je dirais que les réenregistrements nous ont pris un peu plus de la moitié du temps. Le remixage de pistes piochées dans neuf albums différents est bien plus exigeant que le mixage d'un album studio classique, puisque les signaux enregistrés diffèrent grandement et ne sont pas forcément de même qualité. Du coup, Charlie y a passé plus de quatre semaines, entre le mixage et les préparations.
Où avez vous fait ça ?
Nous l'avons fait dans notre propre studio, Twilight Hall, à Grefrath, pas très loin de Krefeld (leur ville d'origine, ndlr).
Vous avez prévu une tournée pour cet album ?
Nous n'avons pas prévu de tournée classique, mais on a pas mal de festivals prévus et on les considère un peu comme notre "Memories Of A Time To Come" Tour Tribute.
Aura-t-on la chance de vous voir en France bientôt ?
J'adorerais jouer dans un des festivals français mais jusqu'à maintenant rien n'a été confirmé. Si c'est pas possible, on viendra avec notre prochain album studio, encore. Promis.

J'adorerais jouer dans un des festivals français mais jusqu'à maintenant rien n'a été confirmé... - Hansi Kürsch
25 ans c'est plutôt long, j'imagine que tu as vécu beaucoup de choses, que tu as beaucoup d'histoires à raconter. Si tu devais en choisir un seul, quel serait ton meilleur souvenir avec Blind Guardian ?
Je
sais pas si je peux appeler ça mon meilleur souvenir, mais c'est une
bonne histoire, malgré tout. Quand on devait faire notre première
tournée en Amérique du Sud, en 1998, notre groupe fut divisé en
deux parties. L'une devait voyager avec VARIG (une compagnie
brésilienne) et l'autre avec Sabena/VASP (une coopération
belgo-brésilienne). André
et moi devions voler avec Sabena et VASP. Selon le planning, nous
devions être le premier groupe à partir et logiquement arriver les
premiers. Nous avons quitté l'Allemagne pour un court vol vers
Bruxelles, d'où nous étions supposés décoller peu après. En
fait, l'histoire commence maintenant. Le premier vol de Düsseldorf à
Bruxelles fut le seul à décoller et atterrir à l'heure – pour
quelque peu spoiler l'histoire. Les choses sérieuses commencèrent à
Bruxelles, avec une attente de 10 heures. Bien sûr, on a survécu,
ne considérant pas cet incident comme un mauvais présage, et
pourtant. Juste après le décollage c'était parti pour les
montagnes russes et je savais que cette tournée allait être
amusante.
Il y avait un groupe de jeunes brésiliens rentrant au pays
après quelques jours ennuyeux en Europe, qui décidèrent finalement
qu'il était temps de commencer à faire la fête, dans l'avion, près
des sièges où nous étions. Voilà qui peut être particulièrement
énervant sur un vol avec déjà sa dose de remous. Je suis resté
aussi calme que possible, me souvenant combien il m'était arrivé
d'être pénible sur certains vols. Nous étions supposés aller
directement à Sao Paulo mais nous avons effectué une "brève"
escale au Salvador.
En tout et pour tout, le voyage aura duré jusque
là bien plus de trente heures, nous faisant donc manquer une journée
complète de repos au Brésil et nous obligeant à monter sur scène
juste après notre arrivée et une séance de dédicaces, prévue
l'après-midi.
Une
fois arrivés, j'étais sûr que notre cauchemar allait s'achever
mais quand on est maudit, on est maudit, et j'étais maudit à ce
moment là : mes bagages s'étaient perdus, quelque part. La
compagnie aérienne n'en avait bien sûr rien à faire. Je n'avais
littéralement que les affaires que je portais, même pas une brosse
à dents.
Bien entendu, j'espérais récupérer mes affaires le
lendemain ce qui, bien sûr, n'arriva pas. Je dus m'arrêter à
l'aéroport à notre retour à Sao Paulo et chercher mes bagages, qui
jamais n'arrivèrent. Personne à l'aéroport ne s'en souciait
réellement. Nous étions en mission, alors j'ai essayé d'oublier à
quel point j'étais énervé et suis allé en séance de dédicaces.
Durant cette séance, il s'est littéralement mis à pleuvoir des
vêtements de partout. Plus précisément, on me les jetait. Des gens
avaient entendu parler de mon problème et me fournissaient les
affaires les plus ridicules que vous puissiez imaginer. Les goûts et
tailles de chacun sont différents, je me suis donc retrouvé avec
une collection haute en couleurs de vêtements. J'étais vêtu comme
un mélange de clown, de métalleux et de hippie.
C'était génial de
voir à quel point les gens se souciaient de moi. Pour tous les
concerts, j'étais obligé de porter les vêtements que j'avais
pendant le vol, puisque c'étaient les seuls convenables que j'avais.
Bon, je ferais mieux de raccourcir l'histoire maintenant.

Evitez les trains russes autant que possible ! - Hansi Kürsch
Le cauchemar ne s'arrêta bien sûr pas tout au long du voyage : on a eu droit à trois atterrissages d'urgence, pas plus de trois heures de sommeil par nuit à cause des problèmes causés par les compagnies aériennes. Par dessus tout, juste après le premier concert, j'ai attrapé une infection des plus brutales que j'aie eu de toute ma vie. Personne de devait m'approcher à moins d'un mètre parce que je ne supportais pas la douleur quand on me touchait (essaie d'expliquer ça à des fans brésiliens excités !). Comme si ça ne suffisait pas, j'ai eu droit a une intoxication alimentaire peu de temps après, et ainsi de suite. Ce fut littéralement un cauchemar sans fin. Pourquoi je raconte ça ? J'avais décidé, pour toute la tournée, de ne pas toucher une goutte d'alcool. Ce que j'ai fait. Idée stupide, je suis devenu bien plus sage depuis. Je t'ai parlé de mon birthday cake tour de deux semaines d'affilée ? Une autre bonne histoire, je te la raconterais dans 25 ans.
Et le pire souvenir ?
Ah,
j'aurais dû lire cette question en premier... Notre tour
promoter et moi nous
sommes retrouvés dans la merde lors d'un voyage en train entre
Moscou et Nishny-Novgorod une fois. Se retrouver dans la merde, bien
sûr, n'arrive presque jamais avec Blind Guardian.
Mon tour manager
a eu l'impression de s'être fait arnaquer, après qu'on ait fini
tout le vin du bar-restaurant. Ils n'avaient rien de bon, je dois
l'admettre. Donc, il a refusé de payer et m'a demandé de courir,
après une discussion déjà houleuse. Ce que j'ai fait. Idée
brillante dans un train...
La police militaire était après nous en
quelques secondes, bien entendu. Ces mecs avaient l'arme en main et
faisaient passer un sale moment surtout à Henry,
notre tour promoter.
J'avais l'air soit trop innocent, soit trop saoul ou peut être les
deux à la fois, on ne le saura jamais. Après un moment ils se
calmèrent et commencèrent à rire avant de nous laisser partir. On n'a pas compris pourquoi, sur le coup, mais après on a appris que
quelqu'un avait payé la note pour nous. Étrange, l'humour russe.
J'ai énormément apprécié ces instants, malgré la peur qui m'a
saisi à un moment.
Quand nous sommes rentrés à Moscou, nous avons
dû prendre le même train, encore, et devinez quoi ? Avec le
même équipage aussi. Le personnel du restaurant a refusé de nous
servir jusqu'à ce qu'on commence vraiment à les supplier. Ca fait
un peu pouilleux comme comportement, pour un rocker. Le vin était
toujours dégueulasse, mais on l'a bu et payé. Monde cruel.
On a un gimmick, ici à MetalSickness qu'on appelle la question "Fight Club". Si tu devais combattre une célébrité, morte ou vivante, ce serait qui et pourquoi ?
Là, maintenant, ce serait Stephen King, juste pour qu'il comprenne que la série "The Dark Tower" est géniale et à quel point je le remercie de continuer à bosser dessus.
Y a-t-il une question que je ne t'ai pas posée et à laquelle tu as envie de répondre ?
Ca fait du bien aussi de ne pas avoir de questions. J'ai assez de mon fils qui me demande à peu près tout.
Un dernier mot pour nos lecteurs ?
Profitez de la vie, de la bonne musique, d'un bon vin rouge et évitez les trains russes autant que possible !
Merci.









