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Metal Sickness > Interviews > Interview de Jeremy Cantin Gaucher de 7 Weeks le 19/10/2016
Weeks jeremy cantin gaucher
7 Weeks
Propos tenus par Jeremy Cantin Gaucher (batterie)
Interview réalisée à Paris (Hard Rock Café)
Date : 19/10/2016
Chroniqueur : Otis, mon scribe

Voir la fiche du groupe 7 Weeks

Introduction

2016 est une année charnière pour les Limougeauds de 7 Weeks. Elle marque les 10 ans d'existence du groupe, et la sortie de leur cinquième album "A Farewell To Down". Composée à quatre mains par Julien Bernard (chant/basse) et Jeremy Cantin Gaucher (batterie), cette nouvelle livraison surprend. Moins encrées dans le stoner pur et dur, les ambiances qui s'en dégagent nous portent vers des contrées encore inexplorées par 7 Weeks. Ce qui est notamment le fruit d'une collaboration avec Shanka, de No One Is Innocent. Metal Sickness a profité de la venue du groupe à Paris pour s'entretenir avec Jeremy, cogneur en chef de la formation.

Texte

Salut Jeremy ! Dans quel état d’esprit te trouves-tu à deux jours de la sortie de votre nouvel album ? 

Jeremy : J’ai un bon état d'esprit ! À part le fait que j’ai la tête dans le cul ce matin… Mais la sortie s’annonce bien. Les premiers retours sont bons !

Ce nouvel album a été composé à deux. On évoquera ça tout-à-l’heure, mais avant peux-tu revenir sur les changements de line-up auxquels vous avez fait face ?

J. : Manu, aux claviers depuis l’album "Dead Of Night", projet autour du ciné-concert du même nom, en 2011, a quitté le groupe en juillet 2015 pour se consacrer vraiment à sa famille. Les gratteux ont toujours fait des allers et retours. Julien (chanteur et bassiste) composait une majorité des grattes en studio, ça fonctionnait comme ça dès le départ. Du coup comme on s’est retrouvé à deux, on a décidé de resserrer le truc. Aujourd’hui on a deux nouveaux membres avec qui on va faire la tournée.

Peux-tu nous présenter ces deux nouveaux membres ?

J. : À la guitare on a Gérald, et PH s’occupe des claviers, guitare et chœurs. On les connaissait d’avant, par le réseau toulousain, via des connaissances communes que sont les Psykup. Voilà comment ça s’est fait.

7 Weeks

J’ignorais que Julien composait les guitares depuis les débuts du groupe…

La majorité, oui ! Les bases ont souvent été faites à deux. Sur "Carnivora" on amenait les bases et ça travaillait vraiment en groupe. Mais souvent l’impulsion de base venait de Julien et moi. Là à deux, pour revenir sur l’album, ça a été du maquettage, on a fait vachement de pré-prods nous même pour tester les morceaux. C’était intéressant car on ne l’a jamais fait autant. Ça nous a amené à faire évoluer les morceaux différemment. Puisque ça n’était pas du bœuf de groupe.

Donc cette fois-ci c’est Julien qui a enregistré les guitares…

Il a enregistré toutes les guitares et les basses, moi j’ai fait les batteries et les programmations. Et on a bossé sur les claviers avec François Maigret, alias Shanka, de No One Is Innocent.

J’allais y venir ! L’invité de marque sur cet album c’est Shanka de No One. Comment vous êtes vous rencontrés et comment avez vous été amenés à travailler ensemble ?

Ça fait un moment qu’on le connaît. En 2009, sur le premier album qui s’appelait "All Channels Off", c’est lui qui l’avait produit et enregistré. Il avait fait la même chose sur "7 Weeks plays Dead Of Night", l’album plus expérimental autour du ciné concert. On avait également fait les prises de "Carnivora", l’album précédent sorti en 2013, avec lui. On s’était aussi pas mal croisé sur la route, que ce soit avec No One ou Destruction Inc. Donc voilà comment s’est venu, on s’entend super bien, c’est un super mec et un excellent musicien ! 

J’ai trouvé que les claviers sur ce nouveau disque apportent une couleur très très différente à votre musique. Moins psyché, un peu plus electro, plus rétrofuturiste… Surtout sur "January", comme dans de vieux films de SF des années 80…

C’est complètement ça ! Sur l’album précédent on était sur du rhodes, des orgues, qui sont des instruments plus issus du blues, des trucs très vintages. Là il y en a aussi, mais ils sont plus discrets, notamment sur "January" où on est carrément dans un délire plus à la Nine Inch Nails, des sons plus synthétiques. Du coup en live les claviers sont vachement plus axés en synthétique, et sur ce titre là encore plus parce qu’il y a des batteries programmées, électroniques… On a ramené cette texture là qu’on avait déjà brièvement touchée du doigt sur les autres albums. C’est aussi dû au fait qu’on a  fait vachement de pré-prods et de maquettages.

Vous avez confié la production de l’album à Francis Caste, que l’on ne présente plus. C’était comment de bosser avec lui ?

C’était super de bosser avec Francis ! Parce qu’il est ultra pro, et exigeant. On s’est bien retrouvé là dedans. Il sait bien utiliser les points forts des personnes. Notamment dans les prises. On s’était eu au téléphone avant, j’avais écouté pas mal de ses productions. Et même s’il est vachement dans le registre metal, il s’est vraiment retrouvé dans notre musique qui est plus heavy rock. Du coup il s’est pas mal investi et ça a bien marché. On est super contents de la prod !

Tu me dis avoir écouté certaines de ses productions, lesquelles en particulier ? 

Hangman’s Chair, que je connaissais déjà d’avant. Et puis le Kickback qui est sorti il y a quelques temps. Et un Bukowski qu’il avait fait il y a 5-6 ans. On sentait déjà qu’au niveau de la prod ils avaient pris un coup, par rapport à ce qu’ils faisaient avant. Francis est vraiment un bon musicien, et puis un super technicien du son pour tout ce qui concerne les prises.

Jeremy Cantin Gaucher, batteur de 7 Weeks

 

Quelques mots sur le titre du disque, "A Farewell To Dawn", arrête moi si je me trompe, mais je sens comme une sorte de pessimisme qui s’en dégage…

C’est possible ! On nous l’a dit plusieurs fois d’ailleurs, sur l’ensemble de l’album, de la part de proches qui ont pu l’écouter. Le titre en lui-même est un instrumental. Ce n’est pas forcément du pessimisme, je dirai qu’on a exacerbé certaines couleurs qui ont toujours été présentes dans 7 Weeks. C’est vraiment assumé. Mais pas vraiment pessimiste, je vois plus ça comme quelque chose d’ambiant, comme ce qu’on a pu développer sur le "7 Weeks plays Dead Of Night". Artistiquement on est allé chercher là-dedans.

Je pensais en fait au choix de ce titre pour nommer l’album !

Ah par rapport à sa signification ? Eh bien écoute, un truc tout con… Je trouve déjà qu’il sonne bien ! (sourire) C’est un adieu à l’aube, si tu traduis littéralement. On peut effectivement penser au fait qu’il n’y ait plus de lendemain, mais en fait il y a surtout cette idée de renaissance… Philosophiquement ça peut partir loin ! Mais non je ne vois pas ça comme pessimiste. C’est plus un renouveau, un disque qu’on a fait à deux, on savait qu’on allait changer de line-up, on s’est vraiment enfermés. Et puis un autre truc tout bête : on n’a quasiment pas tourné, alors que ça faisait 8 ans qu’on tournait vachement. Ça a été un gros changement, d’un coup on s’est retrouvé à se concentrer uniquement sur la musique dans notre local. On va dire que c’était un voyage assez introspectif. 

Quelques morceaux ont particulièrement attiré mon attention. Par exemple, "Kamikaze", que j’ai trouvé assez explicite. D’une façon ou d’une autre, avez-vous été influencé par les récents évènements qui ont touché la France ?

Absolument pas ! C’est une coïncidence. Ça n’a rien à voir avec les attentats et l’ambiance générale. Ça parle d’un kamikaze japonais pendant la Seconde Guerre mondiale. Après ça parle aussi de se convaincre d’une idéologie et de partir dedans. Ça peut être en lien avec les évènements actuels, mais la création de ce morceau et des textes n’a rien à voir. Mais par coïncidence, on peut faire un parallèle.

De même, en écoutant les paroles de "January", "Are you a part of it? Yes. You think you walk for freedom.", je me suis demandé s’il s’agissait d’une mouvement qui a suivi l’attaque de Charlie Hebdo…

C’est complètement une réflexion par rapport à ce mouvement. Comment t’expliquer ça sans tomber dans le cliché… On se posait la question autour de cette masse de gens qui va pour la liberté, alors que ça reste très subjectif. Et en même temps, quand tu arrives à déplacer des foules de cette manière, c’est aussi participer à une idée unique. Alors que c’est beaucoup plus complexe que ça. Donc c’était peut-être un peu en opposition. Bien que personnellement je comprends très bien ce mouvement. Mais on est aussi dans le fait que l’on relaie tout, et que l’on juge tout dans l’émotion. 

Pour revenir sur l’aspect purement musical de l’album, "Broken Voices" et "A well kept secret", qui par moment m’ont rappelé certains morceaux de Queens Of The Stone Age (aka le meilleur groupe de la Terre et de l’Univers et ce n’est pas négociable). Ça a été une influence pour vous ?

Ouais ! Ça a été une très grosse influence. Quand en 2003 ils ont sorti "Songs For The Deaf", ça m’a personnellement marqué, et c’est vraiment un des groupes à m’avoir marqué de la sorte. Je suis toujours fan. Sur notre premier album, tu ressens vraiment cette influence. On les a plus digérées cette fois, mais tu as toujours deux-trois titres qui vont ressortir et sonner comme du QOTSA, notamment dans les patterns de batterie.

Je pensais à une ligne de chant de Julien, la voix de tête sur "A Well Kept Secret", qui me fait penser à "The Sky Is Falling", et un riff de guitare sur "Broken Voices", que je retrouve pas mal dans la période "Era Vulgaris"…

C’est marrant, parce que "Broken Voices" est un peu plus pensé comme Helmet, quelque chose de très rigoureux. Et on a fait comme ça dans la prod, rien ne déborde, tout est au poil de cul. Après sur "A Well Kept Secret", on a plus ce côté pop avec un gros son à la Queens Of The Stone Age. Des chansons de rock avec un gros son US heavy.

Depuis vos débuts, on vous a souvent accolé cette étiquette de groupe de stoner. Pourtant, il semble que vous vous en soyez de plus en plus éloigné, et ce nouveau disque tend  à le confirmer… Qu’en penses-tu ?

C’est complètement le cas ! À l’époque de notre première démo en 2006, on avait pas encore fait de concert, il nous fallait des chroniques, y’avait peu de groupes stoner en France. En plus, c’était en train de passer à la mode. Et puis, franchement, Queens Of The Stone Age et tous ces groupes là faisaient partie de nos vraies influences. Ça nous a permis de faire pas mal de comm’ là-dessus. On a aussi beaucoup tourné avec Mudweiser, ou The Elderberries qui pour moi ne sont pas du stoner pur, ça reste du rock un peu plus 70’s. On a été beaucoup affiliés à cette scène. Je dirais qu’on fait du "massive rock". On est un peu bâtards dans le style. On a fait un "Dead Of Night" qui est vachement plus ambiant, puis on est revenus sur quelque chose de plus heavy. On aimerait bien faire de l’acoustique parce que nos chansons peuvent se jouer en acoustique. Par contre, là actuellement, on n’est plus trop dans la scène stoner actuelle, qui est très 70’s. Avec Mars Red Sky, ou Hangman’s Chair qui sont affiliés à ça alors que pour moi ce n’est pas du stoner, c’est plus du doom, mais avec du chant clair. Après, il y a besoin d’étiquette. Nous même on a ce problème des fois. C’est plus compliqué à classer, parce que le panel est plus large. 

C’est à double tranchant en fait. Ce besoin d’avoir une étiquette pour être identifié à un genre, et cette nécessité de s’en détacher…

C’est ça ! Et puis on a ces influences stoner. J’adore Kyuss, Queens Of The Stone Age, là je te parle des plus gros, après t’as d’autres groupes comme Fatso Jetson, ces trucs là c’est mortel, Brant Bjork avec qui on a déjà joué. En France on est toujours affiliés à ça. Je pense qu’aux Etats-Unis ou en Angleterre ça serait différent, on serait classés comme un groupe de rock.

Tu évoquais la batterie sur ce nouvel album, quelles ont été tes plus grosses influences ?

Les grands classiques… John Bonham quand j’étais gamin. À 14 ans je découvrais Led Zeppelin et j’étais à fond, après j’ai compris. Je suis très fan de Dave Grohl, Abe Cunningham de Deftones qui est pourtant dans un autre registre. J’adore ce qu’a fait Phil Rudd dans AC/DC. Voilà quatre noms qui m’ont bien influencé.

En seulement quelques mois, le monde de la musique a perdu Lemmy, Bowie et Prince. Pour toi, qui est la dernière icône du rock, à plus forte raison de la musique ?

Il reste Iggy Pop. Sinon je pense à McCartney et toute la clique. Mais ils commencent à se faire vieux ! Même les Maiden, Metallica… Mais c’est bien je pense que ça va changer ! Mais Iggy Pop est vraiment un des derniers qu’on peut considérer comme autant icônique que Lemmy, Prince dans un autre registre, et Bowie. Et puis David Bowie est une grosse influence de 7 Weeks, on l’a beaucoup écouté.

Tes derniers disques coups de cœur ?

Eh bien il y a Hangman’s Chair. Je les ai vu cette année, j’ai acheté le skeud et il est vraiment super bien. Le dernier Mars Red Sky j’aime beaucoup, alors que je n’avais pas forcément accroché au précédent. À l’international, le truc qui m’a scotché la semaine dernière c’est Shining, le groupe norvégien avec le sax. Je trouve ça génial ! Une grosse baffe. Je trouve ça génial de surprendre dans des musiques qui peuvent être ultra formatées.

Quels projets entourent la sortie de ce nouvel album ?

On sort le clip de "January" cette semaine, et on a quelques dates qui arrivent. On joue à Paris le 9 décembre, à Petit Bain, avec Lydia Lunch. Et là on travaille sur la tournée 2017, en France, et on va essayer de retourner à l’étranger. C’est toujours très intéressant de se mettre en danger quand t’es pas chez toi !

 

Un grand merci à Jeremy pour sa disponibilité et à Roger de Replica

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