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Metal Sickness > Chroniques > Chronique : Marilyn Manson - Born Villain (Hell Etc - 2012)
Marilyn Manson
Born Villain
Type de CD : Album
Label : Hell Etc
Date de sortie : 30/04/2012
Chroniqueur : Arsène Hic
Date de la chronique : 09/05/2012
Marilyn manson born villain
15.5/20

Voir la fiche du groupe Marilyn Manson

  • Chronique
  • Line-Up
  • Track-List
Texte

[NB : Comme vous pourrez le constater, cette chronique s'appuie sur des récents extraits d'interviews, tente d'observer autant que faire se peut le phénomène Marilyn Manson au regard de sa longue carrière (pas toujours des plus heureuses sur le plan personnel et musical), et n'est au final que le point de vue contestable d'un fan de longue date – Arsène Hic]

Marilyn Manson est de retour dans les bacs avec ''Born Villain", son huitième album studio. C'est en soi un évènement. Au jour d'aujourd'hui, il n'est plus utile de présenter Marilyn Manson, enfin Brian Hugh Warner, ni de réexpliquer le pourquoi du comment de son nom de scène.
On sait déjà le tumulte qui agite la société américaine (ultra)puritaine lors de ses prestations live au cœur de la patrie de l'Oncle Sam. On connaît ses positions anticléricales et son analyse (lucide ?) du show-business, son goût pour la provocation et l'exhibitionnisme, ses dérives et ses révélations.
Mais, il semblerait que le Révérend, le God Of Fuck, le "Man That You Fear" perde de sa superbe au fil des albums qui sortent…

La vérité des chiffres

… car il y a des vérités qui parlent d'elles-mêmes, et qui fâchent. Alors que ''The Golden Age Of Grotesque" (2003) enregistrait 118.000 copies lors de la première semaine de vente (marché US, ndlr), "Eat Me, Drink Me" (2007) atteignait péniblement les 90.000 copies et "The High End Of Low" (2009), lui, chutait à 49.000 unités. Et les estimations de vente de ''Born Villain" ne sont pas au mieux, et semblent se situer aux alentours de 50.000 exemplaires vendus sur la première semaine (selon le site Hits Daily Double au 05 mai 2012, ndlr).

Ok, je vois poindre à l'horizon la remarque ''Hey ! Mais avec le développement d'internet, l'industrie musicale n'est pas en bonne santé, ce qui expliquerait cette chute des ventes !". Oui, certainement que l'influence de ce phénomène de société est en partie responsable de ce constat, mais les artistes ont appris à composer avec cette forme de media, donc son influence est à mon sens limitée. Les raisons sont apparemment (autres et) multiples, et une apparaît être comme essentielle.

Dans une récente interview accordée au site Billboard, Marilyn Manson revient sur les échecs commerciaux de ses deux derniers albums (qui ont entièrement contribué à la rupture d'avec Interscope Records, son label de toujours), confessant que sa faute était d'avoir voulu faire "ressentir au public ses propres émotions au lieu de lui faire ressentir quelque chose".
C'est bien beau de reconnaître ses fautes et c'est tout à l'honneur du sieur Manson, mais quid de ''Born Villain" dans tout ça ? Epilogue d'une carrière qui tombe en décrépitude ou nouvel élan ?

L'hydre Manson : coupe-lui une tête…

… et une nouvelle viendra prendre sa place. Voilà comment on pourrait interpréter ce ''Born Villain" dans la discographie de Marilyn Manson. Certes, il est loin le temps des ''Portrait Of An American Family'' (1994) et "Antechrist Superstar" (1996), quintessence du Manson le plus détestable (ou idolâtré), car la rudesse, la violence, le sentiment d'automutilation qui se dégageaient musicalement de ses albums-là font partie du passé. Pourtant, ce "Born Villain" est sombre et a quelque chose de malsain, de dérangeant, d'anxiogène, de Manson en définitive.

Bien évidemment, intituler un album ''Born Villain'' fait penser inévitablement aux premiers traumas que Marilyn Manson a rencontré dans sa jeunesse, à ces meurtrissures psychologiques et physiques qui l'ont conduit à devenir ce qu'il est (la cave de son Grand-père, l'éducation religieuse stricte, les sévices corporels infligés et ceux volontaires ; cf. la biographie officielle ''Mémoire De L'Enfer", 2000, ndlr).
Débutant ainsi par un ''Hey, Cruel World..." assez convaincant par sa noirceur et sa lourdeur (surtout sur sa fin qui rappelle les années 90), "Born Villain" prend d'entrée la forme d'une rage contenue qui cherche à exploser, et qui explose, d'un trop plein qui doit sortir, et qui sort, mais ce déballage passionné n'est pas fait à l'emporte-pièce.

La griffe mansonienne, entre glam rock, indus et goth metal, semble retrouver l'état qui fut le sien plusieurs années auparavant (''No Reflection", "Overneath The Path Of Misery" rappelant à ses entournures un ''Cake And Sodomy", ''The Gardener''), et le chant n'y est pas pour rien dans cette affaire.
On y retrouve le phrasé typique (lent, susurré, intelligible) et les complaintes d'un ''Mechanical Animals", mais on récupère aussi ces cris puissants et stridents d'antan (''Slo-Mo-Tion", ''Hey Cruel World…", "No Reflection"), comme s'il avait décidé de remettre à jour les éléments de ce qui a construit sa renommée. Le mélange est réussi et clairement savoureux.

Au-delà de ça, et de l'affection de Manson d'ajouter des éléments électroniques (le côté purement indus de sa musique), deux des forces de cet album résident dans l'omniprésence d'une basse volumineuse (le presque dubstep ''Children Of Cain", "Born Villain'', "You're So Vain", ''The Gardener''), et d'un jeu de guitare valorisant (en plus des riffs) des crissements saillants ou des solos destructeurs ("No Reflection", "The Flowers Of Evil", "Murders Are Getting Prettier Every Day", la reprise de Carly Simon "You're So Vain" avec Johnny Depp en featuring).
Twiggy Ramirez
va même jusqu'à intégrer à ses pick scrapes le frottement des doigts sur les cordes pour construire des sonorités propres, alors que ce-dit frottement est a priori plus un défaut qu'une qualité chez un guitariste ("Pistol Whipped").
Seule la batterie ne tire pas véritablement son épingle du jeu, bien que la production soit d'un équilibre parfait. Disons simplement que Jason Sutter (remplaçant de Ginger Fish) se contente juste d'inscrire sa prestation dans le minimum syndical de celle du compagnon de longue date (de 1995 à 2011), avec une frappe lourde, basique, sobrement efficace, mais sans véritable plus.

Exégèse d'une renaissance (?)

De son propre aveu, ''Born Villain" a été vécu et construit non pas comme une renaissance de ce qu'est Marilyn Manson, mais comme une transformation de ce qu'il est en tant qu'artiste et personne. ("I’m not trying to be reborn and I’m not trying to be resurrected […] I was trying to transform into something that I had not yet become. That’s what anybody in life should always want to do'' ; Loudwire).

Et bien qu'une première écoute superficielle puisse laisser l'auditeur sceptique, "Born Villain" est un album riche en sonorités, sinusoïdal, violent et placide, nouveau et ancien, qui vous prend presque par le bout du nez pour vous emmener là où il le veut. "Born Villain" emprunte l'esprit originel tout en restant cohérent au regard de la carrière de Marilyn Manson. On peut le dire, IL est de retour et IL est plutôt en forme.

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Veuillez additionner 9 et 9.
Line-up
  • Marilyn Manson (Chant)
  • Twiggy Ramirez (Guitare)
  • Fred Sablan (Basse)
  • Jason Sutter (Batterie)
  • Chris Vrenna (Claviers, Percussions)

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Track list
  1. Hey Cruel World…
  2. No Reflection
  3. Pistol Whipped
  4. Overneath The Path Of Misery
  5. Slo-Mo-Tion
  6. The Gardener
  7. The Flowers Of Evil
  8. Children Of Cain
  9. Disengaged
  10. Lay Down Your Goddamn Arms
  11. Murders Are Getting Prettier Every Day
  12. Born Villain
  13. Breaking The Same Old Ground
  14. You're So Vain

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