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Metal Sickness > Chroniques > Iron Maiden - The Final Frontier (EMI - 2010)
Iron Maiden
The Final Frontier
Type de CD : Album
Label : EMI
Date de sortie : 16/08/2010
Chroniqueur : Ben
Date de la chronique : 27/08/2010
Iron maiden the final frontier
19/20

Voir la fiche du groupe Iron Maiden

  • Chronique
  • Line-Up
  • Track-List
Texte
J’entends d’ici les grincheux "Encore un Maiden ! Ils existent encore ceux-là ?!" et d’autres rajouter "Maiden, c’est comme AC/DC ou Motörhead, quand t’en as écouté un, tu les a tous écoutés !". Et bien amis bougonneurs, sachez que du haut de son incroyable carrière, le groupe se contrefout de votre avis et que du haut de mon admiration pour ce combo je trouve votre avis aussi respectable que dénué du moindre intérêt !

"The Final Frontier" va, comme tous les albums de la Vierge de Fer être disséqué par de nombreux chroniqueurs, les uns enflammés, les autres acides, et va certainement une fois de plus diviser le monde du métal en deux camps assez tranchés entre les fans, qui trouveront dans ce disque le chaînon manquant entre dieu et les hommes (au moins), et ceux qui ont lâché l’affaire jurant un peu partout que "c’était mieux avant" (mais ils ne placent pas tous le "avant" au même endroit !)
Car Iron Maiden fascine, tant par sa longévité, que par sa capacité à faire évoluer sa musique lentement mais sûrement (certains diront même de manière imperceptible, voire subliminale !). Dans cette optique "The Final Frontier" marque une nette avancée, car les éléments novateurs sont plus nombreux qu’à l’accoutumée (à moins qu’il ne s’agisse d’un retour à des fondamentaux oubliés depuis trop longtemps).
"Mais bordel, tu vas arrêter de tourner autour du pot comme une pucelle indécise, il est bon ou pas, c’est tout ce que l’on veut savoir !"

Merci mes amis de me poser la question directement, et je vous répondrais de façon tout aussi claire, non sans vous avoir au préalable rappelé qu’il a été enregistré au Studio Compass à Nassau (comme "Piece Of Mind", "Powerslave" et "Somewhere In Time"), sous la houlette de Kevin Shirley et que…

"STOOOOOOOOOP ! Crache ta Valda et dis nous si oui ou merde on peut encore attendre quelque chose du dinosaure ?"

Bon OK, il vous faut du simple, on y va : Ce disque est magnifique et est, à mon sens, le meilleur depuis le retour de Dickinson et Adrian Smith ! (et par conséquent le meilleur depuis une bonne vingtaine d’années !) Ca va c’est clair ?
Bon, je sens que les sceptiques en veulent davantage pour être convaincus. Alors d’abord, histoire de leur donner du grain à moudre, j’admets bien volontiers que tout n’est pas parfait, notamment cette fâcheuse tendance au "toujours plus long", qui incite Harris & Co à tirer parfois trop fortement sur des cordes trop grosses. La répétition de certains plans et surtout de refrains à n’en plus finir sur quelques titres (dont le premier) peut agacer et rendre le cd quelque peu indigeste. Par ailleurs, il faut s’y faire, Iron Maiden ne compose plus (ou presque, "The Alchemist" allant dans ce sens) de chansons directes et incisives de type "The Trooper" ou "Aces High". Il faut s’y faire, c’est comme ça, et cela s’appelle l’évolution.
Pour le reste, je ne vois pas trop ce qu’on peut reprocher à cette galette ! Le son ? Puissant, moderne, chaud, Kevin Shirley a de nouveau mis les petits plats dans les grands, notamment pour un Nicko MacBrain, très bien servi dans le mix dès qu’on pousse un peu le volume. Les grattes s’entendent assez distinctement et leur travail devrait enfin faire taire ceux qui ne cessent de dire depuis dix ans que Janick ne sert à rien (si ce n’est à réaliser d’assez jolies chorégraphies sur scène !), et surtout les sonorités sont d’une variété étonnante qui rappelle incontestablement "Seventh Son… ". D’ailleurs, "The Final Frontier" sonne régulièrement prog’. Pas au sens Dream Theater (quoique certains arrangements rappellent bien que les deux formations partagent le même producteur), mais plutôt dans les constructions, la liberté d’étirer certains passages très longuement, un esprit finalement assez 70’s. En un mot comme en cent, Iron Maiden se fait plaisir et cela donne une débauche de guitares, un retour des nappes de claviers qui viennent alléger certains passages tandis que d’autres moments voient le groupe s’aventurer dans des figures rythmiques inédites.
Côté compo, sans procéder à une révolution (je rappelle que les membres du groupes ont tous dépassé la cinquantaine, ce n’est pas maintenant qu’ils vont se réinventer complètement), les anglais nous offre une leçon de songwritting, réussissant fréquemment à surprendre, et propose des lignes mélodiques au moins aussi fortes que celles qui avaient fait de "Brave New World" un retour en fanfare. Dix titres pour plus de 75 minutes (je vous laisse calculer la durée moyenne) d’une musique dense qui demandera certainement un temps d’adaptation pour en saisir toute la richesse d’autant que les longues pièces épiques se bousculent sur ce disque.
Dès l’intro du morceau "Satellite 15…The Final Frontier" on sent que cet opus sera différent des autres. Une longue plage rythmée par des percussions montant en un crescendo oppressant sur lequel les guitares se déchirent alors que la basse tourne derrière avec un son inédit chez Maiden. Diantre ! De l’innovation dès les premières notes, c’est tout aussi surprenant que risqué. La deuxième partie de cette chanson est de facture beaucoup plus classique et on retrouve les ingrédients habituels du quintet. De fait, on constate que ce titre ouvre une série de cinq morceaux au format "raisonnable", des chansons dont l’impact se veut plus immédiat que les cinq suivantes. On notera toutefois l’intérêt relatif du premier single "El Dorado" qui, même s’il gagne à être écouter plein pot (la prod vous rentre bien dans la tronche), ne convainc pas totalement. Par contre, dès "Mother Of Mercy" on retrouve un Dickinson magique, qui emporte l’auditeur dans une interprétation théâtrale prenante. C’est encore plus le cas sur la power ballade "Coming Home" qui bénéficie d’une kyrielle de soli de guitare, dont le premier reflète indiscutablement (et de manière assez nouvelle au sein du répertoire du groupe) l’influence d’Hendrix sur les gratteux (ce solo là pourrait bien être posé sur "Little Wing").
Mais le grand attrait de ce quinzième effort studio du combo, c’est indéniablement sa deuxième partie, très orientée prog, avec ses morceaux longs, à tiroirs, un chant rarement aussi prenant, des textes travaillés (qui fileront des migraines à Bret Michaels), et une alchimie dans l’entrecroisement des guitares qui donnera des frissons. Difficile de détacher un morceaux du lot car les cinq sont d’authentiques masterpieces comprenant chacune sont lot de passage d’anthologie. Notons ainsi la ligne de basse ultra prog accompagnant les soli sur "Isle Of Avalon", l’ambiance proche du "Amphibia" de Patrick Rondat sur une partie de "Starblind" (chanson MO-NU-MEN-TA-LE), l’intro acoustique, version Dickinson ouvre son grimoire et nous déclame les secrets des anciens à la lueur d’une bougie avant le déferlement métallique sur "The Talisman". Un chanteur dont l’interprétation peut faire penser à Fish sur ses albums solo, tant on peut pratiquement le " voir " en l’écoutant ! "When The Wild Wind Blows" referme le disque sur un souffle (à tous les sens du terme) épique prodigieux, ce titre étant appelé à devenir, encore plus que les autres, un véritable classique !
Le plus incroyable dans tout cela, c’est que l’impact reste très fort et qu’on peut penser que sur scène, ces chansons prendront encore plus de relief (comme des "Paschendale" ou des "Dance Of Death"). De même, ce disque libère toutes ses richesses progressivement, écoute après écoute. Chaque musicien délivre une prestation de tout premier ordre, à commencer par Nicko qui place des plans inhabituels tout en gardant se style à la fois puissant et entraînant. Steve Harris assume parfaitement son statut de bassiste hors pair au style si particulier, tout en réussissant à surprendre aussi ici et là. Bruce Dickinson est au sommet de sa forme (franchement, je ne l’ai jamais trouvé aussi bon que sur ce disque, car tout en conservant sa puissance, il gagne beaucoup en expressivité dans son chant). Quant aux guitares, elles sont étincelantes, multipliant les parties doublées (voire triplées), les harmonies etc.

Avec "The Final Frontier", Iron Maiden prouve qu’on peut avoir plus de trente années d’existence au compteur et continuer à proposer une musique de qualité, s’amuser et prendre des risques. Avec ce disque ambitieux et parfaitement maîtrisé, la bande à Harris (il signe seul ou en collaboration tous les titres) frappe fort et montre encore une fois pourquoi Iron Maiden est et restera LE PLUS GRAND GROUPE DE HEAVY METAL DE TOUS LES TEMPS !

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Quelle est la somme de 7 et 4?
Line-up
  • Bruce Dickinson (Chant)
  • Dave Murray (Guitare)
  • Adrian Smith (Guitare)
  • Janick Gers (Guitare)
  • Steve Harris (Basse)
  • Nicko MacBrain (Batterie)

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Track list
  1. Satellite 15...The Final Frontier
  2. El Dorado
  3. Mother Of Mercy
  4. Coming Home
  5. The Alchemist
  6. Isle Of Avalon
  7. Starblind
  8. The Talisman
  9. The Man Who Would Be King
  10. When The Wild Wind Blows

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