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Metal Sickness > Chroniques > Chronique : Phil Rudd - Head Job (Universal - 2014)
Phil Rudd
Head Job
Type de CD : Album
Date de sortie : 29/08/2014
Chroniqueur : Mr Zède
Date de la chronique : 12/09/2014
Phil rudd head job
15/20

Voir la fiche du groupe Phil Rudd

  • Chronique
  • Line-Up
  • Track-List
Texte

Let there be rock !

Phil Rudd, LE batteur d'AC/DC. Une institution. Un roc(k). Un groove particulier. Longtemps raillé pour son jeu "simpliste et minimaliste" (j'ai mis des guillemets, hein ?) à base de poum tchak poumpoum tchak, l'homme n'en a pas moins gagné ses galons de batteur référence dans le monde du rock au fil de ses longues années dans les rangs du groupe des frères Young, au point qu'il est souvent cité comme une influence majeure des joueurs de tambours comme Tommy Lee (Mötley Crüe) et bien d'autres, un peu comme son pote Ringo Starr en son temps…
On le surnomme même le métronome humain tellement il est carré et que sa redoutable frappe lourde et lazy (bien au fond du temps) est constante. Pas mal pour un self made man aux racines ouvrières et au jeu "simpliste", non ?

A bunch of bad asses !

A l'heure d'aujourd'hui, où l'avenir d'AC/DC demeure encore un mystère pour tous les fans du monde entier, suite à la maladie du gratteux et fondateur du groupe Malcolm Young,  et que le futur album des australiens est attendu comme le messie pour la fin de l'année, voilà que ce bon vieux Phil Rudd a profité de l'été pour sortir sans crier gare de son silence légendaire et de sa tanière Néo-Zélandaise de Tauranga pour nous annoncer la sortie d'un album solo intitulé "Head Job"…

Oui, Phil Rudd vient de sortir un album solo !

Autant dire que cette nouvelle, à peine quelques semaines après la fin des sessions d'enregistrement dans les studios de Vancouver pour le futur (et dernier ?) disque d'AC/DC a fait grand bruit dans le macrocosme des fans, vu que c'est la première fois en quarante ans de carrière (!) qu'un membre actif du groupe sort un projet solo (hormis le fait que Cliff Williams ait participé à "Fatal Attraction" d'Adam Bomb en 1985, qu'Angus fut invité à grattouiller sur un disque de Ray Arnott en 1979 et que Brian pousse parfois la chansonnette à droite à gauche...).

Est-ce que l'état de santé de Malcolm a ouvert une brèche dans la dictature des frères Young ("quand le chat n'est pas là les souris dansent") ? Est-ce que cet album solo annonce indirectement la fin d'AC/DC ? Pourquoi ce disque ?
Bref, plein de questions qui ne trouveront jamais de réelles réponses tant Phil Rudd est taiseux et AC/DC une forteresse imprenable en termes de non-communication…

Let there be light

Entouré de deux potes musiciens totalement inconnus au bataillon (Allan Badger de Think à la basse et au chant puis Geoffrey Martin à la guitare), le bougre a même mis en ligne en avant-première un titre de "Head Job" sur YouTub, intitulé "Repo Man" et s'est créé dans la foulée une page Facebook et un site web. Putain, Phil Rudd a Internet… ! C'est comme si on nous disait que Jean-François Coppé devenait honnête ou que manger du caca de chat tous les jours était bon pour la santé. Tu vois le truc, quoi ?

Et même si le single "Repo Man" ne cassait pas trois pattes à un chat et n'avait pas de quoi fouetter un canard (ah ! ah ! je suis drôle…) avec son style très proche d'AC/DC et de Motörhead, force est de constater qu'on sentait que le père Rudd avait bien pris son pied en montant son p'tit groupe avec des copains pour faire du rock (un peu comme Steve Harris d'Iron Maiden quand il s'encanaille avec le Steve Harris British Lion).
En plus, ça fait bien longtemps que cette idée d'album solo trottait dans la tête de Phil puisqu'il en avait déjà parlé dans une interview il y a environ vingt ans (!) accordée au fanzine Let There Be Light crée au début des 90's par André Cadiout et Phil Lageat.
[Petit aparté ON] Ce dernier vient d'ailleurs de terminer un bouquin intitulé "AC/DC Tour de France 1976-2014" avec Baptiste Brelet que je vous recommande chaudement (toutes les infos sont ici) en plus d'être un membre éminent des costauds d'Highway To AC/DC (allez donc faire un tour dans le forum) et d'être le rédac' chef de Rock Hard ! [Petit aparté OFF]

Let there be sound

Bon allez, trêve de galéjades et d'infos people et venons-en à "Head Job". Tout d'abord il faut savoir que cet album solo est avant tout un disque en forme de plaisir sans prise de tête pour Phil Rudd (ça aurait même pu s'appeler "Handjob", tiens…).
En effet, l'homme n'est pas là pour surprendre l'auditeur en partant dans des délires de metal-extrême-porno-grind-progressif ou pour présenter un univers aux antipodes de celui bien balisé du rock des 70's. Bien au contraire : le batteur reste cantonné au style musical auquel il a été fidèle depuis toujours (le rock d'AC/DC en tête mais pas que…) avec sa propre patte à base de poum tchak poumpoum tchak. Inutile donc de chercher dans cet album un revirement artistique total autre que celui qu'on connaît à Phil Rudd
A partir de là,  on peut se demander à quoi sert cet effort puisqu'il n'a pas vocation à faire avancer le schmilblick et ce qu'il vaudrait s'il venait d'un obscur groupe totalement inconnu. Passerait-il totalement inaperçu ? Se ferait-il incendier à cause de son manque d'originalité ? C'est bien possible, oui...
Ceci étant, le solide background et la notoriété de Phil Rudd font qu'on ne peut pas faire abstraction de la carrière du batteur à l'écoute d"Head Job".
De fait, dès les premières minutes, on recherche dans chaque titre un petit truc qui le rattache à AC/DC (comment aurait sonné ce morceau avec Brian Johnson ou Bon Scott au chant et les frères Young aux grattes ?) ou bien même à Rose Tattoo dans la mesure où Phil Rudd a fait ses gammes chez Coloured Balls et Buster Brown, groupes sur lesquels se sont formés les Tatts

Bon Ok... le rock ça use, mais il a toujours la patate, Phil Rudd ! (c) News Corp Australia

Et même s'il est difficile de faire abstraction de tout ça et qu'on se demande si des morceaux comme "When I Get My Hands On You" ou "Sun Goes Down" n'auraient pas été proposés par Phil pour AC/DC puis refusés par les Young (comme ça avait été le cas pour la chanson "I'm A Rebel" écrite en 1976 par Alexander Young l'un des grands frères d'Angus et Malcolm, tombée ensuite dans l'escarcelle d'Accept en 1979), il faut bien avouer que cet album solo se laisse aisément écouter et qu'on se retrouve vite à taper du pied et à hocher de la tête, pris que l'on est par ce rock si efficace ("Head Job", "Bad Move", "Repo Man"…).
Mais du côté de la production, il faut avouer que c'est assez mitigé (faiblarde ?) dans la mesure où le disque a été enregistré à deux endroits différents : dans le propre studio de Phil (le Mountain Recording) et chez Hayden Taylor au York Street Studios.
De fait, le son de "Head Job" semble parfois un peu bancal car même avec un mastering plutôt bon, on a l'impression d'être le cul entre deux chaises. On sent que ce disque n'a pas été enregistré d'une traite mais plutôt dans la longueur. Rien de rédhibitoire cependant (on a même une ambiance à la ZZ Top sur le son, notamment sur "Lost In America"), mais avec une prod' un peu plus a(c)érée, l'effort aurait pu être meilleur. Ah ! Si le tandem Vanda & Young avait pu fourrer son nez là-dedans...

Let there be drums

Tout comme son jeu de batterie, Phil Rudd ne fait pas fioriture au travers du bouzin. C'est du direct dans ta gueule et ça va droit au but à la façon de l'OM (écoutez donc "Sun Goes Down" ou "40 Days"). Cette spontanéité reste d'ailleurs le point fort du disque, mais personnellement ça me laisse un petit goût d'inachevé, car vu la notoriété du gars je pense qu'il aurait été de bon aloi d'inviter quelques guests histoire de boucler la boucle.
En effet, ça aurait eu de la gueule si Phil avait demandé à l'ex AC/DC Mark Evans de jouer de la basse sur un morceau (et puis ça aurait été classe après l'affaire de son "éviction mystérieuse" lors du Rock n' Roll Hall Of Fame en 2003) ou s'il avait fait appel à ses anciens potes Angry Anderson (chant) et l'excellent Geordie Leach (basse), seuls rescapés du line up d'origine de Rose Tattoo et avec qui il avait commencé à jouer dans Buster Brown (matez donc cette vidéo de 1973 et admirez au passage la choucroute sur la tête de Phil)…

LE rock !

Mais bon, on ne se refait pas et Phil Rudd reste lui-même : sans chichi ni flonflon et bad ass à mort; "Head Job " est un album de pur rock et non pas un disque jet-set-hypster où tout le monde vient y montrer son cul. Non, Rudd est fidèle à lui-même et à ses potes de jam Geoffrey et "Badge" : le trio fait parler la poudre tout au long de ses onze titres, à défaut de réellement l'inventer ("Bad Move" ou le lancinant "Crazy" qui rappelle un peu Buster Brown d'ailleurs...).

Cependant contre toute attente, on s'aperçoit vite au détour de quelques morceaux - pas toujours exceptionnels - que Phil Rudd ne se cantonne pas à faire du AC/DC du pauvre. Bien au contraire, il propose un rock certes assez basique, voire parfois même passe-partout, mais développe aussi des tessitures mélodiques bien ficelées ("Lost In America", "The Other Side"). Et là, il faut bien avouer que le batteur nous surprend un peu car ces titres révèlent une facette de sa personnalité qu'on ne lui connaissait pas forcément ("No Right").
Petite cerise sur la tartiflette, le bonhomme se chargera aussi de quelques chœurs ! Et si Phil Rudd avait pu faire des vocalises au sein d'AC/DC en 1975 et 1976 avec Malcolm avant que Cliff Williams ne débarque pour le remplacer au chant, c'est plutôt assez cool de le voir dans ce rôle-là. Le poids de l'âge (et surtout des excès) lui a fait perdre pas mal de ratiches, mais ça ne semble trop pas le gêner pour chanter… Bien joué, Philou !

Let there be guitar

Et les autres musiciens, alors ? Qu'est -ce qu'il valent ? Et bien force est de constater qu'Allan Badger et Geoffrey Martin s'en tirent plutôt bien. Le premier possède un grain de voix rauque entre celui de ce bon vieux Lemmy (période "On Parole") et celui d'Angry Andersson ("Bad Move"). Au niveau de la guitare, Geoffrey Martin a un jeu de gratte plutôt solide (bien que peu novateur) qui se complète à merveille avec les poum tchak poumpoum tchak de Rudd. Certes, le six-cordiste n'en fait pas des caisses, mais il arrive à placer ici et là des plans bien sympatoches comme le solo de "The Other Side" qui sonne plutôt bien.
Bref, ces trois-là sont vraiment sur la même longueur d'onde et malgré le fossé abyssal entre l'expérience du batteur et celle des deux autres, la sauce prend plutôt bien et il en ressort un rock plutôt varié et attractif... La recette du "plus c'est simple, mieux c'est" est donc de mise et fait mouche !

The real deal...

En définitive, "Head Job" est un album 100 % rock n' roll qui suinte la testostérone, l'huile de coude avec de la couille poilue tout autour. C'est clair qu'il ne se pose pas d'emblée comme un effort solo qui restera dans les annales, mais le disque possède l'essence sacrée du rock n' roll. En effet, Phil Rudd n'invente rien et il le sait : il a tout compris au genre, il se fait plaisir au travers d'un rock groovy et costaud qui fait taper du pied. Rien de plus, rien de moins. What else ?
Fidèle à ses racines et à ses primes amourettes du rock 70's, (Dieu) le père Rudd démontre d'ailleurs qu'il EST le rock. L'homme n'en a jamais rien eu à branler de ce que pensent les gens et continue son petit bonhomme de chemin sans se soucier du qu'en dira-t-on…
En fait, Phil Rudd fait (encore une fois) ce qu'il veut et il nous emmerde tous. Et c'est tant mieux car c'est comme ça qu'on l'aime, notre Philou !

Let there be rOOoooock !

Amen.

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Quelle est la somme de 8 et 2?
Line-up
  • Allan Badger (Chant, Basse)
  • Geoffrey Martin (Guitare)
  • Phil Rudd (Batterie, Chant)

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Track list
  1. Head Job
  2. Sun Goes Down
  3. Lonely Child
  4. Lost In America
  5. Crazy
  6. Bad Move
  7. No Right
  8. The Other Side
  9. Forty Days
  10. Repo Man
  11. When I Get My Hands On You

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