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Chronique metal à la une sur Metal Sickness webzine
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18/20
Metal Sickness > Chroniques > Chronique : Gorod - A Perfect Absolution (Listenable Records - 2012)
Gorod
A Perfect Absolution
Type de CD : Album
Date de sortie : 12/03/2012
Chroniqueur : Slaytanic
Date de la chronique : 28/01/2012
Gorod-a-perfect-absolution
19.5/20

Voir la fiche du groupe Gorod

  • Chronique
  • Line-Up
  • Track-List
Texte

945, Iskorosten, ville au nord ouest de Kiev, capitale de l’état Rus’. Igor De Kiev vient de mourir, assassiné par les Drevlianes qui refusaient de payer un impôt supplémentaire. Le roi Igor laisse ainsi sa femme Olga et son fils, Sviatoslav, seuls à la tête de la principauté. Et pendant 19 ans, elle sera régente en attendant que son fils prenne le pouvoir de facto. Mais, la première des choses qu’elle décida, c’était tout bonnement de se venger, ce qui lui pris un an et montra une ruse et une stratégie insoupçonnée pour arriver à cette vengeance : elle fit brûler le village à l’aide des oiseaux réclamés en guise d’impôts sur lesquels elle fit attacher des mèches souffrées. Une fois le village brûlé, elle tua des villageois, en donna comme esclaves et augmenta alors l’impôt (ou le tribut). Pour connaître plus en détail ce récit, je vous invite à découvrir "Les Chroniques Des Temps Passés" écrites pour cette partie par Nestor de La Laure Des Grottes De Kiev.

Pourquoi cette intro digne d’un cours d’histoire de l’Europe de l’Est ? Parce qu’Olga est le sujet, la pierre angulaire du nouveau bijou concocté par les bordelais de Gorod. On la retrouve dès l’artwork en femme de guerre, au regard animé par la vengeance, avec toute une floppée d’oiseaux dans le fond mettant le feu au village. Comme quoi, on sait déjà qu’on a affaire à un album où rien ne sera laissé au hasard, que ce soit le côté historique, l’artwork et le cœur de la boutique Gorod : la musique !

Et on repart sur un aspect historique par le titre "Birds Of Sulphur", qui rappelle le moyen de vengeance tout comme les bruits d’oiseaux dans l’intro. Et, après un «Redemption always comes from the sky» tout droit sorti de la bouche d’un Julien qui aurait bouffé du Nergal (Behemoth) au petit déj, on plonge la tête la première dans un monde agressif, technique mais mélodiquement parfait ! Et ça ne s’arrêtera qu’à la toute fin d’un "Tribute Of Blood", morceau final de l’album, telle une guillotine qui te tombe sur la gorge alors que tu as le guttural qui t’allume les cordes vocales depuis quarante minutes ! Et chacun des protagonistes a son mot à dire dans cette affaire ! On connait tous les moments d'intensités qu’on a eu avec les anciens albums de Gorod, mais, autant être clair, les bordelais ont décidé de monter encore plus haut le niveau de leurs compositions.

Les guitares de Math et de Nicolas sont tout bonnement admirables : elles expédient des riffs qui peuvent s’avérer brutaux et bien gras ("Sailing Into The Earth"), plus prog ("Elements And Spirit", "Carved In The Wind"), un brin psyché avec des utilisations de wah-wah ("Varangian Paradise") mystérieux et malsains ("5000 At The Funeral") ou dégommant tout ce qui passe ("Birds Of Sulphur", "The Axe Of God", "Tribute Of Blood"), on a l’embarras du choix pour s’en prendre plein les esgourdes. Et le pire, c’est que c’est parfait ! D’ailleurs sur "The Axe Of God", une partie du solo fait franchement penser à un final d’Opeth ("Burden" à 5’12) à 2’18, tant est si bien que ça en devient bloquant, avant de réaffirmer que Gorod c’est pas qu'un nom de groupe, c'est surtout un gage de qualité et une signature : technique, frappant, destructeur et jouissif. Les guests (Michael Keene et Christian Muenzner) font une apparition chacun mais ne changent en rien le son ni la musicalité globale et c’est tant mieux !
L’appui d’un arrangement musical sur "Elements And Spirit" donne une certaine douceur telle que ça en devient surprenant, tout comme l’intro de "5000 At The Funeral", son violoncelle, son piano et cette guitare presque inquiétante qui démontre une envie particulière de faire un découpage complet et détaillé du récit sur lequel sont posées mes oreilles. Rien de surprenant en ce qui concerne les soli en tout cas, ça c’est une certitude, car on connait franchement la qualité de touché des gratteux de Gorod ("5000 At The Funeral", "The Axe Of God") mais on en reste jamais sans réaction… Parfois, quelques insultes peuvent sortir involontairement mais c’est par dépit de reconnaitre l’immense talent qu’on a devant… Rien de surprenant donc ! Surprenant, le mot est lâché mais pas en ce qui concerne la basse de Barby, parfaite elle aussi, car redoutablement mise en avant ("Elements And Spirit", "Carved In The Wind") et on sait au moins que ce gars n’utilise pas qu’une seule corde tant il fait étalage de ses gammes en la matière, notamment sur les passages prog jazz ("Varangian Paradise")… J’ai même envie de dire que là, pour le coup, Barby est un gratteux, à l’instar de Nico et Math et que sans l’un de ces trois-là, on aurait pas droit à ce bijou d’orfèvre.

Le chant de Julien est tout bonnement phénoménal, et j’ai pris un pied monstre à entendre tout le panel de voix qui peut sortir des cordes vocales qui ont du en prendre pour leur grade pendant les sessions d’enregistrement de "A Perfect Absolution" : Chant tantôt hurlé, tantôt parlé, tantôt chanté tel un orateur ou ultra guttural, le panel est large, extrêmement large. Et comme les lyrics sont parfaitement en adéquation, ça te dépose des mandales dans tous les sens. Que ça passe par du Behemoth ou du Pantera (pour les parties limites parlées), on sent que les influences sont là, au fond de sa gorge, mais l’empreinte vocale est propre, nette et bien ravageuse, et ça, il ne le doit qu’à lui ! Reste la batterie de Sam et là, que dire ? Que dire d’autres hormis que ça dézingue dans tous les sens, putain, la batterie est énorme! La caisse est matraquée comme jamais ("Sailing Into The Earth"), la double démontée comme le cul d'une bulgare dans un gonzo ("Birds Of Sulphur", "The Axe Of God", "Elements And Spirit") et tout ça semble tellement facile, y compris les passages plus modérés, plus jazzy à la Exivious (exemple qui n’est pas innocent) qui montre la classe de ce batteur. Les gars, une seule chose : Je vous hais ! Tout ce talent en cinq mecs, ça s’appelle de l’injustice !

Au final, inutile de dire que cet album est d’ores et déjà la grosse pépite de 2012, que je ne rangerai surement jamais, vu qu’il m’accompagnera partout ! "A Perfect Absolution" est surement l’album le plus abouti par rapport à toute la discographie de Gorod (et pourtant, qu’ils sont bons ces albums…), l’album de la maturité ? Surement ! Avec cet album et une signature chez Listenable, ils sont devenus encore plus grands ! Immenses ? Géniaux ? Vous êtes surs ? Ah bon, d’accord alors ! Mais, dans ce cas là, aucune excuse n’est valable pour rater une des prochaines dates de Gorod avec Obscura, Spawn Of Possession et Exivious !

Chérie, où est mon bouquin sur l’histoire de l’Europe de L’Est, période 852-1116 ?

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Commentaire de Sam le 31-01-2012

Serait-il possible de nous faire parvenir l'album, que nous puissions en juger par nous-même ?!

Par avance, merci :)

Commentaire de Slaytanic le 31-01-2012

Tu pourras te le procurer en mars ;)

Commentaire de Mr Zède le 01-02-2012

Gorod c'est pas du glam ? :)

Commentaire de Slaytanic le 13-03-2012

Rôôôh Zède, allons... ;)

Quelle est la somme de 4 et 8?
Line-up
  • Julien "Nutz" Deyres (Chant)
  • Mathieu Pascal (Guitare)
  • Nicolas Alberny (Guitare)
  • Ben "Barby" Claus (Basse)
  • Samuel Santiago (Batterie)

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Track list
  1. Birds Of Sulphur
  2. Sailing Into The Earth
  3. Elements And Spirit
  4. The Axe Of God
  5. 5000 At The Funeral
  6. Carved In The Wind
  7. Varangian Paradise
  8. Tribute Of Blood

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