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Il faut sauver le soldat Kdy !
J’étais bien peinard chez moi à mater "Auto Moto" puis "Téléfoot", allongé de manière féline sur mon canapé, avec mes mules au pied, une fine robe de chambre en soie mi-cuisse, un verre de cognac à la main et un mini cigarillo au bout de son porte-cigarette à la bouche. Peinard, ouais. Et classe avec ça.
Quand tout à coup, voilà que ça frappe (fort) à ma porte. Le temps de me lever et d'aller ouvrir…pffffuiiit personne ! Personne devant la porte ! Personne… sauf une petite enveloppe jaune pipi avec la photo ci-dessous à l'intérieur, et la mention suivante écrite en langue tarnaise :
"si tu fé pa la kro nique de notre nouvo cédé, on va tué ton conar de copin kro nikeur kon retien an hotage et kon a abiyé an pute. Sinier : Condkoï"
Ah les salauds ! Ils n'ont donc aucune pitié…
Aaaaaaah putain ! Les enfoirés de sauvages hommes-sangliers albigeois (pléonasme) ont encore frappé ! Les bougres de vilains sacripans de merde ! Ils retiennent le chroniqueur qui a le plus de classe de toute l'équipe de Metal Sickness ! Celui qui a le tableau de chasse le plus impressionnant de nous tous, notre aspirateur à meufs à nous : le tout joli Maître Kdy ! Putain, je suis colère, là .
L'aspirateur à meuf… (non, ce n'est pas un montage fait par un enfant de 4 ans)
C'est donc la mort dans l'âme que je me suis enfilé (au sens figuré, hein ?) le nouvel album des Condkoï, vilement intitulé : "Quinte Flush Royale". Ça sent le vice, déjà …
Depuis la dernière offrande live "Albi Live I Can Fly" de 2009 chez Dirty Witch et le dernier méfait studio "Still Ready" de 2006, on n'avait plus trop de nouvelles des albigeois (mis à part sur quelques dates ici et là ). Il faut dire aussi que son frontman principal Guillaume a 20000 projets sous le coude, dont Opium Du Peuple et Les Oreilles Rouges (dont on espère vous parler un de ces jours).
Bref, du côté Metal Sickness on était bien content, que ce groupe qu'on déteste ne fasse plus partie du paysage français.
Ceci étant, au fil des concerts – auxquels ils nous ont obligés à assister en nous payant grassement – on avait remarqué que Condkoï avait dans sa besace des nouveaux morceaux qui ne figuraient sur aucun disque (sauf sur le live) comme "53 %", "La Complainte Du Gros Dégueulasse", "Un Coup Pour Rien" ou "Comme Dans Un Film De Pierre Woodman".
Merde ! On aurait pu se douter que les bougres préparaient un nouvel album…
Quinte Flush Royale…
Les hostilités commencent avec "Mon Petit Jardin", un brûlot violent dans une veine hardcore / metal qui fait avoir une descente d'organe. Bim ! Ça fait mal ! On a l'impression que les gars de Condkoï ont été enfermés pendant 6 ans dans une cage dans le noir, et battus à coups de pompes tel des pitbulls, pour affermir leur agressivité tellement ça défouraille…
Disons-le tout net : Condkoï a opté pour une approche pour le moins frontale et est bien décidé à balancer du lourd ("Human Disaster", "53 %", "Un Coup Pour Rien", "Dark Life"…). On a parfois l'impression de se retrouver dans une musique façon uppercut qui allie le hardcore de Madball ("My Head Is Burned") avec des plans metal du Sepultura de la belle époque ("Un Coup Pour Rien"), le tout saupoudré d'une pointe de punk et d'une touche de Lofofora ("L'histoire D'un Mec")… mais avec la personnalité et la patte de Condkoï, of course (ça fait des lustres que le groupe a digéré ses nombreuses influences).
D'ailleurs, exit le djembé de Pedro ! Il a été officiellement foutu au feu (le djembé... pas Pedro !) pour ne laisser place qu'à l'essentiel, sans fioriture aucune. Fini de jouer les hippies et de se promener en tongs : en 2012, ça va méchamment chier des bulles.
Dix de der…
Mais qu'on ne s'y trompe pas : derrière toute cette déferlante sonore façon gang bang et bukkake plein la gueule, Condkoï va développer énormément d'éléments subtils (si, si vous avez bien lu…) dans ses constructions de morceaux, notamment en mettant l'accent sur des articulations bien senties (les breaks, les gimmicks et les soli sont à tomber parterre comme sur "Hypodermic" ou "Tu Pleures, Tu Ris") et de bons petits changements de rythmes ("O'Brother"…).
Il y a énormément de maturité dans les approches artistiques et ça s'entend ! C'est toujours du straight in your (shit)face, mais c'est mieux amené et canalisé qu'avant… Le privilège de l'âge ?
De même, le duo Guillaume / Pedro va se compléter à merveille (même si Pedro semble être plus en retrait sur le lead qu'à l'accoutumée) et nous dégoter pas mal de lignes de chant bien accrocheuses qui restent dans le cervelet ("My Head Is Burned", "Spider On The Wall", "Comme Dans Un Film De Pierre Woodman").
Du côté des textes, on sent qu'il y a aussi pas mal de travail avec des lyrics qui oscillent entre revendication primaire – mais légitime – avec "53 %" ou "Et Après Ça", dénonciation ("La Complainte Du Gros Dégueulasse"), tranche de vie ô combien réelle ("Tu Pleures, Tu Ris" qui prendrait peut-être la forme d'un dialogue entre un père – Guillaume – et sa fille pour la préparer à la réalité de la vie) et tranche de vie délirante comme le dernier morceau, "L'histoire D'un Mec", qui raconte l'aventure d'un gars qui va à la capture d'un requin en bateau pneumatique pour manger son aileron afin de pouvoir bander… Du lourd !
Les monstres se payeront même un reprise ultra violente (et ultra bien branlée) de "Should I Stay Or Should I Go" de The Clash qui risque de bien faire mal en live…
Pour pô gâcher comme dirait Guy Roux, la production de "Quinte Flush Royale" sera dans la même veine que son contenu : un coup de boule à travers la gueule. Vous l'aurez donc compris : la prod' made in Rabastens City (81) est nerveuse à souhait et prend l'auditeur à la gorge. Peu de répit pour les oreilles… mais ça, on va pas s'en plaindre !
Kilo de merde !
Au final, les affreux méchants de Condkoï ont encore une fois de plus réussi à enfoncer le clou de leur propre vice avec ce "Quinte Flush Royale" brut de décoffrage et parfaitement bien ficelé. Malgré le poids des années (et excès ?), la bande des albigeois garde toujours la flamme des premiers jours intacte et une qualité d'écriture bien acérée. Tout comme la bonne vinasse, Condkoï vieillit bien et se (re)place sans problème dans le peloton de tête du hardcore / punk bien de chez nous. Ils sont forts, putain…
Vôôoous là , les méchants de Condkoï ! Vôôoous les rooonds de cuir ! Vous êtes des vilains ! Votre nouvel album il est super bien, mais vous êtes tous moches ! Rendez-nous notre Maître Kdy sinon je diffuse à la terre entière que Guillaume est le seul gars de France à avoir encore des Pump © et à les porter… Oui, je dénonce ! Oui, je balance ! Aha ! On fait moins les malins là , hein ?
La mode des pieds made in Condkoï !
- Guillaume (Chant)
- Pedro (Chant)
- Thomas (Guitare)
- Djer (Basse)
- Fabien (Batterie)
- Mon Petit Jardin
- My Head Is Burned
- O'Brother
- Spider On The Wall
- Un Coup Pour Rien
- Et Après Ça
- Human Disaster
- Hypodermic
- Dois Je Rester Ou Partir
- Comme Dans Un Film De Pierre Woodman
- 53 %
- Dark Life
- Tu Pleures, Tu Ris
- La Complainte Du Gros Dégueulasse
- L'histoire D'un Mec












Commentaire de Maître Kdy le 20-02-2012
Merci les z'amis de m'avoir tiré de là ! Je n'aurais pas tenu plus longtemps.... Merci....