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Ce qui est pratique avec certains groupes, c’est qu’on a limite pas à mettre le skeud dans le lecteur pour savoir ce qu’on va se manger dans les feuilles : rien qu’au nom et à la pochette, on pourrait faire la chronique.
Children Of Doom = labellisé « doom » + référence à Reverend Bizarre ≠ innovation = à réserver aux fans.
Classique donc, mais aussi bien foutu, ce (court) premier album de Children of Doom vient après quelques démos dont une CASSETTE sortie sur un label PERUVIEN, Capricorn, en 2010.
Le siège social de Capricorn Records
COD revendique l’héritage croisé du punk et du doom à l’ancienne, et c’est exactement ce qu’il est : du Reverend Bizarre joué par des punks. Si les riffs sont ce qu’ils sont, tellement old school qu’on se demande comment on peut encore en sortir des comme ça en 2012, l’énergie et la conviction sont bien là, calées bien droites entre un pack de koenigsbier et une pile de revues pour bikers. En bon archéologues du metal, ces trois doomsters exhument des plans à la Sabbath, Trouble et Reverend, c’est heavy et groovy comme une farandole entre couilles et ça se laisse écouter à condition de faire abstraction des vingt dernières années. C’est qu’en vingt ans il s’en est passées des choses, et des groupes. On a eu le stoner, le sludge, le funeral doom, puis le drone… avides de sensations extrêmes, on aura évidemment tendance à se détourner de Children Of Doom qui ressasse le son d’une époque révolue, mais pour les plus vieux d’entre vous, "Doom, Be Doomed, Ör Fuck Off" sera comme une cure de jouvence, une ode à vos vertes années de teenager tout de denim sapé. Bluffant d’ailleurs comme la prod’ restitue toute l’ambiance d’un skeud de doom old school, capte à merveille le trip du groupe et sert complètement son authenticité.
Le temps d’un "1916", on saisie quelques riffs punk hardcore à l’ancienne qui viennent mettre un peu de picon dans la bière et montrer que sous sa monomanie apparente, Children Of Doom brasse avec maturité pas mal d’influences (hard 70s, doom, punk). Seul "…Mia’s Desert…" le dernier titre détonne franchement : saxophone en solo mélodieux et doucement jazzy à la Bohren und Der Club of Gore sur fond de guitare noise et de toms graves. Une audacieuse tentative de fendre le carcan doom que le groupe s’est imposé, il reste quand même du progrès à faire au sax, mais l’idée est là.
Avant tout adressé aux amateurs de metal lourd et vintage, "Doom, Be Doomed, Ör Fuck Off" est un disque honnête qui ne transcendera pas les metalheads de l’extrême mais capte un feeling avec beaucoup de pertinence.
- BBF (Chant, Guitare, Saxophone)
- Reinheitsgebot (Basse)
- Vincent Mc Doom (Batterie)
- Mr Nasty
- Technophobia
- 1916
- Bottle Ben In The Streets
- Doom, Be Doomed, Ör Fuck Off
- ...Mia's Desert...











