Voir la fiche du groupe Apostrophe
- Chronique
- Line-Up
- Track-List
Présenter Apostrophe, ce trio franco-américano-germain venu de Berlin, relève du casse-tête. Ils dédient leur musique aux fans de post-pop, de post-hip hop, de post-punk, de post-jazz, de post-folk et j'en passe. Pourquoi ne pas rajouter un post-ich (De), un post-it (USA) et un post-ere (Fr) à liste tant qu'on y est ? Le principe même de l'apostrophe n'est-il pas d'ôter le superflu, comme ce fut le cas deux fois pour cette phrase ?
Ils y parviennent pourtant d'un point de vue graphique. J'ai
rarement vu un artwork aussi minimaliste et dans le même temps aussi évocateur.
Aucune lettre, aucun mot ne viennent vous dire de quoi il s'agit, ni de qui il est
question, mais ce gros quadrilatère trapézoïdal noir sur un fond blanc dit tout.
D'ailleurs, avez-vous remarqué qu'un parfait équilibre du noir et du blanc vous
fait face sur la jaquette ?
Paradoxalement, cette sobriété n'est valable
que pour le visuel car, lorsque l'on se penche d'un peu plus près sur la musique
de ce trio un brin déjanté, on se retrouve face à une superposition d'influences.
Bien que la base sonore soit plutôt un post rock noisy assez rugueux, complété
par un timbre de voix éraillé pas toujours juste et un son volontairement peu
soigné (ce qui lui donne un certain charme d'écorchés vifs,
proche d'un son live), une foultitude d'adjuvants se greffe au gré des compositions.
Cela rend l'écoute de cet EP très diversifiée en sensations, car ce trio
est pour le moins déroutant. Il va là où on ne l'attend pas, mais toujours en
conjuguant la chose au post. Que cela
passe par une touche de punk hardcore (''Everything Is Ok''), par un instrumental tiraillé entre
tranquillité et explosion (''Music Box"), ou par un grand renfort de riffs
dissonants ("Praxis"), Apostrophe ne tape pas vraiment dans le
linéaire.
Malgré cela, le combo retombe toujours sur ses pattes, sans perdre
cet équilibre précaire qu'il a instauré entre les genres. Ceci explique donc
cette surenchère de post-quelque chose.
Ces énergumènes nous envoient valdinguer dans les cordes ("Bitch Slapped
By The Invisible Hand") pour, l'instant d'après, nous prendre par la main et
panser nos hématomes sur fond de blues mélancolique (''Hollywood Movie").
Les
8 titres qui occupent l'espace temporel de cet EP sont des entités à part
entière. Et pourtant, ils se complètent sans que cela ne choque, ce qui, comme
le laisse entendre la Gestal Theory, assure
que le tout reste supérieur à la somme des parties.
Cet EP d'Apostrophe risque de vous surprendre par une
approche artistique qui m'a personnellement apostrophé (je sais, elle est facile celle-là) et qui a failli me laisser coi. Il
est certes difficile de se laisser emporter par cette fougue dès le premier
coup, elle vous égare, mais il ne vous sera pas si aisé de vous en détacher par
la suite.
Bien qu'il ne s'agisse pas d'un disque qui transfigure les genres au point de devenir
un incontournable, il apportera sa dose d'efficacité, et en ça il mérite un
certain intérêt. Apostrophe ou l'histoire d'un américain, d'un allemand
et d'un français qui rentrent en studio pour faire du noise…
- Un allemand
- Un américain
- Un français
- Bitch Slapped By The Invisible Hand
- Born Vulnerable
- Enlightenment
- Everything Is Ok
- Music Box
- Praxis
- Hollywood Movies
- Serenity Now











